Fatalisme à l'occidentale

Publié le 3 Avril 2012

 

34773_1537881528210_1270040785_31495835_4400913_n.jpgEn anglais la semaine dernière alors que nous étions dans le noir, on m'a posé une question rigolote: Céline pourquoi n'écoutes-tu ni ne lis-tu ni ne regardes-tu pas les médias? La question est venue lorsque j'ai clairement affirmé que je n'aimais pas les informations. Et avec étonnement, comme si j'énonçais là une aberration, on ma demandé pourquoi ! Bah oui, tiens, pourquoi ? Comme s'il était possible d'aimer ça ? Comme s'il était possible d'éprouver une opinion face à ça ? Et pour couronner le tout on me demande si je ne m'intéresse pas à ce qu'il se passe dans le monde ! Ah bah tiens donc !


Là n'est pas la question chers amis. Je vous parle là des médias, et non pas de ce qu'il se passe dans le monde. Le média n'est pas exactement ce qu'il se passe dans le monde. Il ne fait que de nous diriger vers tel ou tel évènement en fonction de ses humeurs, du calendrier lunaire ou je ne sais quoi. Et puis gentils petits  bonshommes nous l'écoutons et nous pensons et réfléchissons à ce qu'il nous raconte à l'instant t. S'il veut, il peut très facilement nous faire passer de la Turquie à Fukushima au PS en quelques jours. Comme ça ! Et même si on a peur encore du nucléaire, rien à faire, parce que les élections se préparent ! Voilà ce que sont les médias. Un joli chien de berger. Qui parle, fait de la lumière et écrit bien. Un chien de berger plutôt balaise à vrai dire car c'est le seul, me semble-t-il, qui sache en faire autant. Alors je n'aime pas les médias car je n'aime pas être stupidement dirigée. Je n'aime pas me rendre compte que vous écoutez tous, parlez tous ou réfléchissez tous sur la même chose, vous pensez à ce que ce fameux chien de berger vous a glissé à l'oreille. Je n'aime pas ça, ce mouvement de masse m'inquiète comme quand je vois la foule se diriger sans réfléchir dans une direction où je sais qu'un enfant est tombé par terre et que personne ne sera là pour le ramasser.

 

Je suis intéressée par ce qu'il se passe dans le monde car cela touche ma sensibilité personnelle et universelle. Par ce qu'il se passe autour de moi, je peux en conclure où en est mon monde dans son évolution et adapter la façon dont je le vois et le pense. Par contre je ne suis pas intéressée par les micro-trottoirs où les interview stupides qui engrange la population dans le cercle vicieux de l'auto-cogito-information : que penses-tu voisin des évènements ? Et le voisin du voisin qu'en penses-tu ? Donc, qu'en pense le voisin-premier ? Et hop ! Tout le monde pense à la même chose en même temps, suivant le même mouvement. Pratique et pas cher. Voyez un peu comment les sondages en tout genre se multiplient : utilisez notre site internet  pour nous dire si vous êtes pour ou contre la hausse de la TVA ! Et à la fin de l'émission on apprend (ou pas) que 86 % des auditeurs sont contre la hausse. Que doit-on en conclure ? Qu'on pense comme la majorité ? Que la majorité est contre nous ? Et l'information, ce qu'il se passe dans le monde, elle est  exactement ?? Il n'y a aucun monde là dedans, sinon votre voisin de palier et dieu seul sait combien il est stupide ! Tout ça, soyez honnêtes je vous en prie et avouez moi que vous savez : ce n'est que de la garderie !

 

Je sens venir là peu à peu ce que j'appellerai votre fatalisme à l'occidentale. Bah oui heu bah euh nous le savons bien tout ça, nous nous en méfions, mais bah euh on ne peut pas faire autrement. Faut bien s'informer, faut bien prendre ce que l'on nous donne !

 

Peut-être... Mais peut-être pas. Peut-être qu'on n'est pas obligé de manger toute la viande ou tout lethon qu'il y a dans notre supermarché ? Peut-être qu'on peut éteindre la télévision et s'informer une bonne fois pour toute sur ce qui nous intéresse (et non pas sur ce qu'on veut bien nous dire) ? Peut-être qu’on n’est pas obligé de suivre une société qu'on abhorre ? Peut-être qu'on est pas obligé de dire merde quand on trouve ça moche ? Peut-être qu'on a le droit de ne pas être fataliste et de penser qu'on est né dans le monde qu'on a choisi ? Mesdames, messieurs, ne me dites pas que vos mains et vos yeux agissent sans vous ?

 

La société, vous êtes dedans et vous êtes la société. C'est ce que je vous disais dans un de mes anciens articles Ce qu'une robe de chambre dit au matin. Ne pensez plus, s'il vous plait, la société comme une bête redoutable douée de sa propre conscience qu'il vaut mieux suivre sinon elle vous bouffe. Vous êtes ce qu'elle est, elle est ce que vous êtes. Ne soyez pas marginal non plus, soyez fidèles à vous même et heureux.


[Merci de ne pas trop réagir à cet article un peu impétueux. Oh et puis sinon tant pis ! Ça me fera de la pub]


J'en écris un autre plus cool dans la foulée.


PS : j'ai remarqué quelque chose qui m'a un peu mise en boule. Vous savez peut-être qu'avant décrire sous Céline-Dehors, j'avais écrit dans d'autres blogues qui sont toujours accessibles. Je regarde parfois leurs statistiques. Et bien figurez-vous qu'ils reçoivent encore des visites et parfois même en grand nombre ! Ce ne sont pas les articles les plus importants qui reçoivent le plus de visites mais ceux qui traitent succinctement de sujets d'actualité (entendez-moi dire ici : sujet dont tout le monde parle et parle toujours) Le nombre de visites pour ces articles et quasi-parfaitement périodique, de période 12 mois. Autrement dit, tous les 12 mois, la masse vient les lire, gentiment dirigés par nos fameux médias. Exactement tous les 12 mois. Comme quoi... ?

 

— Céline Laboureau

 

Rédigé par Parole en Archipel de Thélyson Orélien

Repost 0