Haïti | La vie est rose et blanc, le temps est dictature

Publié le 19 Octobre 2012

http://corinefertiti.blog.lemonde.fr/files/2011/03/02-gp-peinture-vers-cfcc-le-04-mars-2011.1299322325.JPG© Dessin : Corine Eugene dit Rochesson

 


Le temps est dictature    
 
Pour les murs d'une ville mouvementée...     
 
qui sait, se taire, s'enterre... formule à l’envers des mots - paroles pour éplucher les douleurs d’antan - nation anéantie à une peau de chagrin, dans la nuit des temps modernes, admirateur incoercible du flamboyant, je fais fi de mots sombres, des langues de bois, des catastrophes naturelles, des politiques proportions apocalyptiques

 

j’efface des ratures

j'estompe une gourme de mémoire

j’emprunte des gants d’un matador superbe

pour aborder une histoire de sang

 

excommunication de formules buissonnières de l'écolier sans ardoise ni cahier d’écriture, d'une mégalomanie qui perce déjà dans la carapace du dur-à-cuire que l'on déclare anathème, juillet 93 frappera à la porte d’entrée de Turgeau, au mitan des cris retenus de l’homme en kaki dans ma rue du Centre, nous l'avons (re)vu couler dans le renouvellement d'un sang singulier qui clame justice

 

justice...

et si seulement ce mot existait ?

 

les balles à tête chercheuse continuent à célébrer la mort au rythme endiablé d’une musique préfabriquée, la mémoire est assez courte pour se souvenir, et puisque l’histoire n’est plus ancienne, je vous la revends gratuitement sur place public, pour exorciser les vents violents du naufrage national, et je fais feu de la chaleur de vos yeux

 

j'avais aiguisé ma langue avec réalité, quand tous les chiens se taisaient, j'avais repris ma position d’île, plus naturelle que l’écume, et je restais sourd aux restreints, dans leurs indécentes invitations au silence, sur les mers indomptées du grand large

 

nous écrivons un rêve mort-né
avec des stylos à larmes
le temps est dictature
l'enfer est son allié
le rêve a un nom : regret
la douleur est anonyme
elle est dans ma peau
     
ici là
nulle part
nul ailleurs
     
par tous les saints
nous maudissons le temps
qui tombe massue sur nos souffles
nous nous tuons à souffler
pour donner vie à une étincelle
l'Amour
le Temps
     
cannibale
le rêve non rôti
est avalé par le Maudit Temps
nous noierons l'espoir
dans la bouteille
boire la folie
jusqu'à la lie
sur le lit de la mort
     
O ! temps...
donnez-nous du foutu temps
pour ensevelir nos rêves.-
     
Thélyson Orélien
blogueur, chroniqueur et poète

 


La vie est rose et blanc...    

   
La vie est rose et blanc
L’arme d’un travesti président de la république
Faux acrostiches sur ton torse
Révolution copernicienne du ventre d’une femme enceinte qui n’a plus faim
Amour, la vie n’est pas vraiment rose, suis-je daltonien ?
 
Prends-moi entre tes seins et fais-moi réfléchir
Hélices d’hélicoptères tes seins provoquant mon éjaculation précoce
Les couleurs ont changé de ciel
Et moi
Qui suis-je ?
Quel résultat puis-je tirer de cette expérience ?
6 7 1 Q 9
Poème mathématique
Equation bisexuelle d’une femme et de son enfant
La fin des tabous
 
Il y a-t-il eu un changement de couleur dans la lumière ?
Ou c’est Dieu qui a retourné sa veste ?
Ou c’est moi qui ne crois plus
Mais qui devrait croire ?
A quoi ?
A l’avenir d’un peuple
Présidé par une bande de dessins animés
 
Tu dis n’importe quoi
N’importe comment
Et si je te dis qu’il n’y a plus de langage
Que l’amour n’a pas été réinventé
L’espace est relatif
Pas même le temps
Et quand viendra la deuxième érection ?
Les armes pointées directement sur le peuple
Nous manifestons librement et pacifiquement

Peace Love and Revolution
 
Fabian Charles
Europe, Prix Nobel de la Paix 2012

 


Mémoire d'outre-monde

J’ai entendu dire que ce monde

N’est pas ce qu’il était auparavant

Que les enfants n'auraient point d’azur

Que la terre n’irait pas loin

Et d’ombre à d’eau

Le silence est un acronyme

De regard jumelé de mauvaises expressions


Depuis des siècles

Les hommes ont toujours migré sur le temps

De la Guinée au nouveau-monde

Du Zimbabwe à l’Alaska

Nous avions sculpté des vagues

Pour les musées des villes modernes


Le mal et le bien existent par nos mots

Qu’en est-il de la vérité

Est-elle devenue une entité

D’intérêt porté disparu


Le rouge et le noir

Saignent

Le noir et le noir

Sont éloignés

Par complexes de ressemblance

Et par évidence d’un vivre forcé

Nous avons mal

De toutes les couleurs


N’était-ce pas ce tronc d’âme

Pour dompter les champs

Pour manger la chaîne

Pour amortir les fouets

Que seraient les grandes architectures

Des destinations touristiques?


N’était-ce pas leurs sueurs

Pour rouiller leurs os

Leurs danses

Dans les siestes de l'autre

Leurs chaires au bon repas

Que seraient les grandes avenues d'aujourd'hui?


Ils étaient sans dimanche

Sans jour de fête

Sans congé maternel

Ils étaient nus dans le froid

Brûler par le soleil


Ils étaient des mangeurs de grêle

Des dompteurs d'acier

Et des faiseurs de liberté

Leurs veines ont cousu

Les chemins de fer

Leurs cris ont fait

La bonne musique

Et leurs pas ne chaussent pas

Les traversés historiques

 

Anderson Dovilas

Rédigé par Parole en Archipel par Thélyson Orélien

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