Japhet Glaude nous parle un peu de Jacques Stéphen Alexis

Publié le 30 Mai 2011

« Il n’y a pas un distinguo entre Alexis communiste et Alexis révolutionnaire »

 

 

 

Japhet Glaude *, écrivain© Japhet Glaude

 


Repère: Poète, Japhet Glaude est né le 16 septembre 1971 à "Aux Sources", un village situé au bord de la mer, non loin des Gonaïves. Il est professeur de philosophie et de littérature. Il collabore aux revues littéraires "L'horizon magazine", "L'espoir" et JEUNE HAITI, dont il est le rédacteur en chef.



Entretiens avec Japhet Glaude

Quatre réponses recueillis par Samuel  F. Dauphin


Samuel F. Dauphin

Japhet Glaude, vous êtes écrivain-poète mais également enseignant de littérature haïtienne, littérature française et de philosophie dans certains établissements scolaires de la ville…Aujourd’hui la ville des Gonaïves rend un hommage à l’écrivain antillais, Jacques Stéphen Alexis. Pourriez-vous nous parler brièvement du parcours de ce dernier ?  

 

Japhet Glaude

Alexis, en tant qu’écrivain et homme d’action politique, a eu une vie brève, mais combien pleine. Il a pris une part active à la révolution de 1946 qui provoque le départ d’Elit Lescot. Par la suite, à Paris, il a achevé ses études médicales ; simultanément, il s’est consacré à la publication des œuvres littéraires. Après son retour  à la terre natale, il s’occupa de la politique et fonda le PEP (Parti de l’Entente Populaire) d’inspiration Marxiste – Léniniste. En 1961, dans des circonstances obscures, il est porté disparu après avoir été arrêté et lynché dans le Nord-ouest d’Haïti par les tontons macoutes.

 

Samuel F. Dauphin

L’auteur de « Compère Générale Soleil » est né ici, aux Gonaïves. Aujourd‘hui, quelle est la place deJacques S. Alexis  pour les Haïtiens et plus précisément pour vous, les Gonaïviens ?  

 

Japhet Glaude

Jacques S. Alexis, dans le domaine littéraire et social, reste et demeure l’enfant terrible de la modernité que nous recherchons. En effet, nous avons appris de lui à connaître les contradictions internes de notre société et la claire conscience à propos du préjugé de couleurs qui était un signe évident du clivage social en Haïti. Par son analyse de la société, il nous a laissé  « Compère Général Soleil » (1955), les « Arbres Musiciens » (1957), « l’Espace d’un Cillement » (1959), qui apportent du sang neuf à la lutte haïtienne.

 

Samuel F. Dauphin

Le 20 décembre 1945 André Breton est arrivé en Haïti, un an après l’arrivée d’Aimé Césaire. Breton, apôtre du surréalisme français, a donné une conférence dans les locaux de Rex Théâtre. Pour les jeunes intellectuels de l’île. Face au pouvoir arbitraire du président Elit Lescot…Qu’est-ce qu’à apporter  la fréquentation d’André Breton à ces jeunes intellectuelles d’alors ?

 

Japhet Glaude

Avant l’arrivée de Breton en Haïti, La Ruche, (journal des jeunes révolutionnaires)  était déjà  constituée. Toutefois, André Breton, lors de sa conférence tenue au Rex-Théâtre a mis l’accent  sur le surréalisme comme une arme de l’esprit contre l’ignorance, la misère économique et l’aliénation. Les jeunes intellectuels  en ont profite  énormément  pour réclamer le départ de Lescot, qui s’est révélé un fantoche au pouvoir.

 

Samuel F. Dauphin

Alexis était un révolutionnaire mais également un communiste. Pourriez-vous nous en parler ?

 

Japhet Glaude

Il n’y a pas un distinguo entre Alexis communiste et Alexis révolutionnaire. Pour avoir été communiste, il a su adopter la théorie de Karl Max à son pays et en ce sens  il a eu l’immense  talent de passer à la loupe les maux de la société haïtienne pour en venir à une révolutionnaire dans son double aspect : le culturel et le social.

 



Ces propos ont été recueillis par Samuel F. Dauphin ce 22 avril 2011 à l’occasion de la 50ème anniversaire de la mort de Jacques Stephen Alexis.

 

Rédigé par Parole en Archipel

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