Je vous aime à traverser la nuit

Publié le 9 Avril 2011

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Je vous aime comme le tralala des imprimés
Sans préposition de faible cause 
Sur l’apparence des énigmes

Je vous aime tel que je suis
Enfant gâté des manuscrits
A publication intime
Et quand le vent s’anime
Entre cheveux et toute autre chose
Qui s’affirme au près de moi
Je réinvente la fraicheur
Du vouvoiement de l’horizon
Pour parler de vous et de moi
De moi en un vous
Si la certitude à un coté de chaire

Je vous aime sans kilomètre à prendre
Sans pluriel de sexe
A risquer un mariage

Je vous aime de pied mature
De voyage à laver en midi d’été
Je vous aime phrase délicieuse
Sans paraphe d’Adieu
Comme un enfant portant la signature
D’un père à gagner


Anderson Dovilas, 

Poème écrit dans l’Avion…

Vol New York-Orlando, 8/03/11

 


Anderson Dovilas est né à Port-au-Prince le 2 juillet 1985, un an avant la chute de la dictature des Duvalier qui persécutait sa famille. Quand il est élève au Lycée Antênor Firmin, il rencontre la poésie comme punition à ses turbulences pendant les heures de cours. Depuis lors, il trouve son plaisir dans le devenir des mots. Il est membre de l'Atelier Création Marcel Gilbert de la Bibliothèque Justin Lhérisson de Carrefour où la poésie dépasse les barrières institutionnelles. Anderson Dovilas est sans doute l'un des plus grands poètes de sa génération avec des métaphores infinies.

Anderson Dovilas illustre avec bonheur le renouveau de la littérature haïtienne. Il possède la force et la tendresse de son âge. Le courage et la volonté sont ses armes, auxquelles s'ajoute le charme pimenté d'un goût de vivre qui lui attire toutes les sympathies.

C'est un poète qui distille ses émotions au fil des métaphores, mais il est aussi homme d'action, engagé politiquement. Intégré dans le milieu associatif, il est celui qui va de l'avant et ne renonce jamais, surmontant ses nostalgies et ses déchirements.

Anderson Dovilas appartient à cette génération qui relève les défis majeurs d'un siècle où la nature devient démente non moins que les hommes. En réponse au désarroi où se trouve plongé son pays, il crée en 2010 Sosyete Powèt Kreyolofòn (la Société des Poètes Créolophones) qui est à elle seule toute une philosophie. Elle a pour but de donner au public haïtien, dès le plus jeune âge, l'amour de l'écriture et de la lecture, à partir de la langue maternelle, pérennisant l'histoire et les croyances qui cimentent un peuple, et faisant rayonner le créole dans le cadre de diverses activités culturelles.

Les mots d'Anderson Dovilas sont sculptés dans le marbre de l'idéal, et modelés par les mouvances du cœur :

              Il fait le temps de reprendre
              Ton nom sous mes draps
              Parce qu'il fait un temps de brise à modeler
              Sur les toits d'une chanson en terre cuite

                                          (extrait de Mon Pays, rien de luxe)

– Denise Bernhardt

 

 

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Rédigé par Parole en Archipel

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