Le crépuscule des idoles

Publié le 1 Septembre 2012

http://www.artactif.com/bdd/oeuvre/g_27268.jpg

© Anca NICOLAU - Crépuscule/Dusk. De la rencontre du réel et de l'imaginaire.

 

 

« À l’aube des grands crépuscules

   La nuit est mienne ».

 

Est-ce le crépuscule en Syrie ? Là où le ciel devient rouge et qu’on ne tue pas seulement à l’arme blanche. De l’autre côté du globe, pour les peuples pacifiés qui veulent donner l’exemple, le ciel est rose et blanc. La vie est rose. On entend chanter Edith Piaf. Le lecteur de ce texte est beau. Une fleur se dépose sur ses lèvres. Qui sera le prochain prix Nobel de la paix ?

 

Nous inaugurons, Parole en Archipel, une levée de voile en littérature. Thélyson Orélien a une plume séduisante. « La nuit est mienne/ Quand tout bouge/ Quand tout dort », « Le flot/ De tes lèvres/ Coule dans les miennes ». Nous prônons l’union des corps, la réunion des lèvres, des nouvelles voix. Ici, il n’y a pas de Babel car nous atteindrons notre but. « La vie est belle/ Laide/ Douce Aigre/ Les langues décident ».

  

À l’aube du sommeil paradoxale. Nous ne sommes pas surréalistes ni néo-surréalistes, si cela c’est une ambition nous ne l’avons pas. Relisez nos textes une première fois, captez l’imaginaire, et relisez les une deuxième fois, c’est de l’ultraréalisme. Paroles en iles-mondes pour déclasser toutes aires géographiques. « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir...» Ce n’est pas du Césaire non plus. Certains critiques pour déterminer un nouveau mouvement et ne pouvant pas le cerner, le compare à un ancien. Nous disons comme Apollinaire : « À la fin on est las de ce monde ancien ». Nous acceptons toutes critiques. Car ce n’est que par la critique que l’homme s’améliore. C’est une césarienne de la littérature.

 

« Pourquoi si mous ? Ô mes frères, je vous le demande, moi : n’êtes-vous donc pas — mes frères ? » Nietzche l’a si bien dit. Quand on fait face à une civilisation de montres molles Daliniennes. Il faut des voix qui s’élèvent plus haut que le vent, plus haut même que le spiralisme. « Et si votre dureté ne veut pas étinceler, et trancher, et inciser : comment pourriez-vous un jour créer avec moi ? ». Le marteau parle, oui, mais grâce nous ne sommes plus entre le marteau et l’enclume communiste. Nous sommes en pleine démocratie.

 

« Je dirais. Je parlerais. J’aurais pu écrire la sobriété. » « Ce foisonnement qui m’invoque aux chaleurs de l’âme. L’étendard ira à l’homme qui a fait ses preuves./ Allez ! Crierai-je comme un enfant sans père. Rarement je le pense en l’imaginant, en ayant vécu la muse me salue en saison nuptiale. » «On ira/ On le connaîtra/ On le croira peut-être/ À l’avant-garde/ L’immense folie de la victoire/ C’est l’espoir » «On en a parlé/ On est foutu/ On crie la perle/ On fend l’espace/ Je les inhale toutes ces douleurs./ Tous ces ressentiments/ Je refuse les maux de tête dans le poème/ Par toute mon amour pour la clarté » «  Je la veux ma parole qui fait rire/ Récuser le non-sens » « Et je refuse ce paternalisme conformisme/ Rassurant et rétrograde qui infantilise/ Vouloir à tout prix apprendre la bonne manière/ De se conformer à son système/ Sorte d’adoubement/ D’allégeance requise avant l’acceptation. » Oui, Thélyson.

 

Le lecteur doit comprendre que la nouveauté n’est pas un trésor occidental, américano-européen. Que le Nord entre dans le Sud et que le Sud entre dans le Nord. En pleine dérive des continents, on veut me faire du maternalisme, si je suis un être fragile, oh madame, que je frémisse de mon réveil. Je fais allusion au dernier article publié sur le blog avant celui-ci. Si on ne décèle pas dans l’anonymat dans lequel nous sommes, qui sont les coupables de notre crise universelle en ritournelle. Si nous ne trouvons pas de solution à notre crise identitaire collective. A la séparation Nord, Sud, richesses, pauvreté, tiers-monde, quart-monde. Si nous continuons en pleine démocratie à passer comme la ville de Césaire inerte, à côté de son cri. Cela veut dire que nous préférons la mort à la liberté.

 

La poésie de Thélyson fait partie de cette poésie qui ne se tait pas. De cette poésie qui est si libre imaginairement qu’elle peut par ses métaphores remonter l’inconscient dans le conscient, éviter les névroses individuelles et collectives. J’imagine que quand on ne veut pas comprendre on ne comprend pas. Ouvrons nos antennes. Activons-les. Stimulons-les. Et captons le surréalisme, captons la négritude, captons la poésie classique et fusionnons-les. Oui, madame, vous avez tout à fait raison. « tantôt réel/ tantôt fiction/ réelle fiction/ fiction réelle/ voire les deux à la fois lorsqu’elles se confondent/ tu ne peux d’autre part retenir que l’un des mirages de la terminologie bergsonienne d’inventorier le temps pour créer la faculté/ de re-mémoriser l’oubli ».

 

Ce que nous pouvons capter de la poésie de Thélyson Orélien, des hommes en bleu de la poésie d’Anderson Dovilas, c’est qu’elle est rupture. Dans le dernier livre, Anonymat, paru chez L’Harmattan, il y a rupture. De l’aube au crépuscule *, il y a rupture. La parole se fait enfin chaire(ère). La poésie d’Arnaud Delcorte est de ceux-là. Quand certains écrivent pour attendre un prix Nobel qui ne vient jamais nous écrivons la victoire sur l’avenir, espérons-le. « Elles font paraître nos vies un peu dénudées parfois, et alors mon romantisme invétéré me suggère une image de moi-même en train d’avancer péniblement dans la nuit; souffrant au plus profond de mon être, stoïquement, luttant pour me frayer un chemin jusqu’au bout de ma course. » « Je me sens une fois de plus stabilisé à ma moelle épinière, qui est toujours le pivot de mon être. » Et oui, qui veut le prix Nobel de la Paix, prépare la guerre.

 

 

Fabian Charles, Olympus Mons             

01-09-2012

________________________________________________

* ''D'aubes et de crépuscules'' Poésie et prose poétique,

par Thélyson Orélien, en attente de publication de deux éminents éditeurs.-  

Rédigé par Parole en Archipel par Thélyson Orélien

Repost 0