Mention spéciale pour le roman « Cora Geffrard » de Michel Soukar

Publié le 20 Décembre 2011

 

http://culture509.files.wordpress.com/2011/12/soukar.jpgHaïti: L'écrivain Michel Soukar va-t-il clore l'année 2011 - qui a vu décerner quelques prix littéraires à des auteurs haïtiens comme Lyonel Trouillot (Prix du Roman Métis), Joël Des Rosiers (Prix du Québec), Marvin Victor (Prix de la Société des gens de lettres) sans recevoir aucun prix ? 

L'Association des écrivains de langue française (Adelf) vient de lui attribuer la mention spéciale pour son roman historique, « Cora Geffrard », paru chez Mémoire d'Encrier. Il accueille cette distinction littéraire comme « un encouragement à poursuivre dans la veine des romans historiques, d'explorer l'histoire du pays, de fouiller la psychologie de ses personnages shakespeariens, absurdes ». 
« Ce qui m'intéresse, explique-t-il, est d'utiliser le roman pour reconstituer des périodes précises d'histoire du pays, de faire découvrir ou redécouvrir des personnages connus ou méconnus. Bref, un puzzle historique. » Cet historien, chroniqueur d'émissions radiophoniques sur l'histoire et conférencier, a d'autres oeuvres s'inscrivant dans la même veine telles que « L'âge du tigre » - un roman sur la période historique dominée par Nord Alexis, Anténor Firmin et le firminisme. « Il y en a un qui doit paraître le 1er trimestre de 2012 et l'autre à la fin de la même année. Ils portent tous sur des tranches d'histoire d'Haïti aux XIXe et XXe siècles et les personnages de l'histoire », annonce-t-il. 

Michel Soukar révèle dans le large lectorat son manque d'intérêt pour les ouvrages d'histoire, des « textes arides » auxquels s'intéressent surtout « des mordus ». Suite à cette constatation, ce passionné de l'histoire dit recourir au roman « pour reconstituer des périodes précises d'histoire, pour faire découvrir ou redécouvrir des personnages connus ou méconnus ». 

Inspiré d'une tranche d'histoire haïtienne de la moitie du XIXe siècle, « Cora Geffrard » raconte l'aventure de la fille chérie du président Fabre Nicolas Geffrard, assassinée dans des conditions non élucidées. Mais l'auteur se propose de lever le voile de cette zone d'ombre : qui sont les assassins de la princesse du président ? Michel Soukar se réfère à ses connaissances en histoire pour s'ériger en peintre d'une fresque historique. L'auteur donne à voir et à lire avec émotion une époque tumultueuse, des pratiques politiciennes faites de trahison, de jalousie, de luttes fratricides... Le tout se lit « dans une écriture fluide, puissante et lumineuse ».

Le récit tient le lecteur en haleine, le rend prisonnier de ses suspenses qui l'accrochent à chaque page de ce roman où se marient avec fascination réalité (historique) et fiction. Celle-ci apparaît tant au niveau des dialogues qu'à celui de la chronologie. 

Michel Soukar est le deuxième auteur haïtien à se voir récompensé par l'Adelf, après l'écrivain et poète Emmelie Prophète pour son récit, « Le Testament des solitudes », publié chez le même éditeur. La cérémonie de remise du 24e prix littéraire des Caraïbes (remporté par Emmanuel Goujon, pour « Imperméable », éditions Vents d'ailleurs) aura lieu en mai 2012.

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Michel Soukar, Cora Geffrard, éd. Mémoire d'Encrier, 2ème édition, Montréal, Québec, 554 pp.
 
Chenald Augustin

 

 

Rédigé par Parole en Archipel de Thélyson Orélien

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