Message à la nouvelle administration

Publié le 27 Avril 2011

183318 10150401016365230 777130229 17528200 3281546 nNotre bicolore ne tombera pas. Cette affirmation peut sembler désuète et téméraire quand après deux siècles d’indépendance nous avons vu vers quoi cet acte passionnel nous a amené. La division clamée haut et fort et le renvoi au beau milieu de son mandat d’un régime démocratiquement élu, sont entre autres les conséquences néfastes de politiques consistant à obtenir le pouvoir pour le pouvoir. Ce qu’il faut aujourd’hui éviter est plus que jamais l’ingérence internationale, au nom de l’humanitaire. Il nous faut donc reprendre notre chère souveraineté en travaillant à rendre cette nation plus forte, moins vulnérable.


Monsieur Michel Martelly est élu après la stabilité stagnante et non productive d’un mandat de Préval mais au moins, avec la garantie pour ce dernier d’avoir entamé le processus démocratique en passant l’écharpe présidentielle à un autre président installé par la voie des urnes, cela nous rappel 2001, les années qui suivent devront être d’une autre mélodie. Nous ne nous attarderons pas sur la manière de la prise de pouvoir, mais nous avons observé une pale performance des vingt années de régime de gauche, que la Communauté internationale à force de promesses non tenues et de blocus plus ou moins avoués a laissé s’ enferrer dans un mandat stérile.

La commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti nous rappelle plusieurs étapes historiques dont le plan Marshall utilisé pour relever l’Europe après la seconde guerre mondial et contrer tous les fléaux de gauche. Ce n’est pas d’aujourd’hui que la droite est au pouvoir. Nous avons connu des périodes depuis bien des années qu’on pourrait qualifier d’extrême anarchisme même car par coup d’états et captures de nos hommes d’états, acculés à l’exil, Haïti a perdu quelques os de sa colonne vertébrale. Nous sommes dans une valse à deux temps et votre nouveau régime, Monsieur le président élu, devra savoir comment mettre le premier pas pour ne pas trébucher avant de déposer le deuxième.

La première étape de la nouvelle administration devra être la réconciliation, pas celle que tout le monde attend dans une sorte de dégustation médiatique entre les forces non actives de la nation mais entre les divers secteurs qui peuvent effectivement permettre une reconstruction équilibré entre les besoins de la nation et leurs propres intérêts. Le danger que colporte ce nouveau système de direction dit de droite est qu’il peut passer facilement aux yeux du peuple comme puissance « bling bling » favorisant les besoins d’une minorité, élite économique d’un pays qui patauge dans la misère.

Le nouveau système que vous souhaitez incarner en invitant les divers partis de la nation haïtienne à participer au nouveau gouvernement doit faire rupture avec les anciennes mains basses de l’exclusion qui n’a pas su dépasser la querelle politique afin de penser Etat de droit. La moralité est plus que jamais essentielle au relèvement d’une population ne sachant plus distinguer le bien et le mal, ne sachant pas d’où elle vient ni où elle se dirige. L’éducation civique qu’elle passe par les églises, les écoles ou qu’elle prenne expansion dans la rue est aujourd’hui plus que jamais, une nécessité.

Toutes les structures de l’ordre disparaissent si profondément qu’il a été permis à L’OEA de corriger les résultats d’une de nos plus hautes institutions, disons de corriger notre avenir après que le peuple se soit manifesté de façon assez violente, il est vrai. La réconciliation internationale représenté par la CIRH cache un mauvais germe, celui d’une sainte dépendance, car le passage de la gestion étrangère à celle de cadres haïtiens devra se faire au plus vite, mais il faudra une toute autre politique : concentrer leur activité sur des projets générateurs de revenus pour l’Etat plutôt qu’aux bénéfices d’organismes privés.

Certains régimes de gauche ont réussi dans la remise sur pied économique de leur pays, au Brésil par exemple : le président Lula a accepté un certain compromis avec les multinationales d’originaires étrangères et/ou locales, inventé la bolsa familia qui a répondu aux besoins d’une population satisfaite en fin de mandat. Mais pour cela il faut organiser un certain budget, le slogan inchangé de l’idéologie de cette nouvelle équipe dit « Haïti est trop riche pour être pauvre » devra prouver sa véracité, puisqu’elle est utopique dans l’urgence entre les secteurs primaires et secondaires. 

Dans le tourisme cependant, avec un minimum de détermination et d’intelligence des secteurs privés, l’hôtellerie sera dynamisée et la vente de la culture locale, gage de notre identité, et qui n’est pas sujette à la soumission, est la meilleure façon d’affirmer notre authenticité. 

Ainsi les hommes d’affaires haïtiens et étrangers cohabiteront dans la paix, dépasseront les discours résiduels de la campagne électorale, souvenons nous de notre passé glorieux, avançons vers le futur en ayant en tête que nous ne voulons pas d’un développement disloqué mais d’une vraie union qui entoure notre seul drapeau, qui se différencie du néocolonialisme et implantera des bases solides et définitives, malgré les médisances nous avons été depuis deux siècles indomptables remuant l’idée d’être capable de devenir l’exemple d’un pays indépendant développé avec ses propres hommes. Nous sommes à quelque pas de la première puissance mondiale, notre malaise a été que nous n’avons pas su cohabiter avec elle et pour ce faire, il faut une bonne ambiance et comme l’a dit Churchill dans son discours à Fulton « ce que j’ai pu voir chez nos amis... m’a convaincu qu’il n’y a rien qu’ils admirent autant que la force et rien qu’ils respectent moins que la faiblesse » 

 

Fabian Charles, poète

Rédigé par Parole en Archipel

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