En mémoire de Schélomi Lacoste:" Pour ne pas rompre la chaine d'or "

Publié le 12 Janvier 2011

Grand-père, sa bible et moi

 

Par Schélomi LACOSTE
 

Nous publions ce texte paru dans l’anthologie “ Ancre des dattes ” en mémoire de Schélomi Lacoste, Poète et Nouvelliste de la nouvelle génération des écrivains haïtiens. Ancien rédacteur en chef du journal LE LAMBI du Collège Immaculée Conception des Gonaïves. Lauréat de la Faculté des Sciences Humaines (FASCH) de l’Université d’Etat d’Haïti, du même coup Etudiant au Centre de Téchniques de Planification et d'Economie Appliquée (CTPEA). Succombé du seisme qui a écrasé la Capitale haïtienne, le soir du 12 Janvier 2010.    

  
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Je venais d’avoir neuf ans, cet été là. Ma passion,
à cette époque, était sans limite pour le jeu de billes. Le soleil jouait à étendre ses tentacules sur toute la ville; mais ma ville à moi, c’était le quartier. Je pourrais avoir l’audace d’affirmer que notre maison était la capitale, mais ce serait affirmer que j’étais le fils du Président; tel n’était pas tout à fait le cas. Notre maison, à vrai dire une construction des années soixante, fut bâtie par mon grand-père, ou plutôt il l’avait fait bâtir.

 

Grand-père était fils d’un cultivateur aisé et fortuné de la vallée, un grand don selon les termes de ma maman. Ce grand-père possédait plus de têtes de bétail et de carreaux de terre que quiconque dans la région. A sa mort, ses enfants, ceux du dehors et du dedans, avaient partagé l’héritage tant convoité. Mon Grand-père, quant à lui, avait travaillé et mis en valeur la part qui lui revenait. Il aimait sa terre plus que tout au monde, pourtant, un beau jour, il décida d’aller s’installer en ville. Il fit alors construire la maison, d’abord le rez-de-chaussée, puis il y ajouta un étage. Il y passa des années, sans pour autant se détacher de ses terres. Régulièrement, il rendait visite à ses fermiers et coordonnait, de là où il était et du mieux qu’il pouvait, ses activités agricoles. Grand-mère, elle, prenait soin de la maison, tout en gérant adroitement les récoltes.

 

A la mort de Grand-mère, Grand-père faillit, lui aussi, trépasser. Ils vivaient ensemble depuis plus d’un demi-siècle! C’était comme si on lui avait enlevé sa moitié. Il fit face à la douleur et tourna la page. Il devint moins assidu à l’exploitation de ses terres et se contenta de les louer. Par suite, je vins au monde, le dernier enfant de la benjamine de mon Grand-père. A côté de son attachement à la terre, mon Grand-père avait une autre passion: sa bible. Cette grosse vieille bible, il la chérissait. Elle était un peu sa maitresse, il l’a ensuite épousée à la mort de Grand-mère. Il était un catholique acharné; il ne ratait aucune une messe du dimanche. Il était l’ami des prêtes et des laïcs. Il avait même accroché à un mur de sa chambre une vieille photo du pape. Il s’en est fallu de peu pour que ma mère ne devienne nonne, ce qui aurait hypothéqué mon existence. Mon Grand-père lisait régulièrement sa bible, à haute voix, comme s’il lui adressait la parole. Sa bible était sa confidente et sa religion. Moi, de mon côté, j’avais ma religion: mes billes.

J’aurais préféré passer une journée de jeûne plutôt que dégager une de ces petites sphères colorées. Je les considérais comme mes enfants. Chacune de mes billes me tenait à cœur. Le rêve pour tout petit garçon accro à cette drogue était d’en posséder plus que tous les autres copains. Je jouais donc pour gonfler ma fortune et me faire sacrer roi des billes, le titre le plus prestigieux du quartier. Pendant les vacances d’été, c’était une véritable guerre entre nous, une course folle qui ne s’arrêtait qu’à la rentrée des classes. C’est qu’en acquérant ce titre, on jouissait de beaucoup de faveurs de la part de tous ses rivaux; mais le plus intéressant c’est que le roi seul pouvait fréquenter la reine, la plus jolie fille du quartier. Ainsi, tous les gamins s’entredéchiraient pour ce fameux trône, sans pitié pour les concurrents. Ce fut là ma première ambition qui au fil du temps, s’était transformée en obsession: devenir roi des billes. Je m’entrainais, nuit et jour, à devenir plus adroit dans ce jeu. Dans les parties qu’on organisait, chaque après-midi, tous les enfants étaient au rendez-vous, filles et garçons indistinctement. Alors, tous les après-midi, je sortais de la maison avec mon petit gallon rempli de billes, et je rentrerais trois heures plus tard. Si je revenais avec un sourire aux lèvres en agitant mon gallon, c’est que j’avais fait un carton; si je rentrais avec une gueule de chien battu en maudissant tout sur mon passage, c’est que je m’étais fais plumer.

 

Dans ma fulgurante passion pour les billes, je n’avais pas remarqué que mes sorties coïncidaient avec les séances de lecture biblique de mon Grand-père. Il avait son rite quotidien, j’avais le mien. Lui et sa bible. Moi et mes billes. Nous étions quittes. Puis, un après-midi, comme à l’accoutumée, je m’apprêtais à me rendre sur le champ de bataille habituel; j’avais fini de me préparer et j’étais empreint d’un bon pressentiment de succès, car la veille, j’avais grossi mon gallon d’une bonne victoire. J’allais donc passer la barrière lorsqu’on m’appela de l’intérieur. Quand j’arrivai, on me dit que mon Grand-père m’attendait sur le balcon. Pour ne pas être en retard à mon rendez-vous, je m’empressai d’y aller en escaladant par quatre les marches de l’escalier. J’atterris sur le balcon. Je trouvai mon Grand-père sur la dodine. En face de lui, une chaise vide. Il me fit signe d’approcher et de m’assoir. Et, prenant sa bible ouverte sur ses genoux, il me la mit entre les mains. J’ai tout de suite pensé que Grand-père voulait me faire cadeau de sa vieille bible, mais d’un ton lointain il me parla:

 

- Mon enfant…

- Oui… Grand-papa, répondis-je.

- A partir de cet après-midi, c’est toi qui feras la lecture pour ton Grand-père, car ma vue commence  à baisser sérieusement. Il te faudra lire un peu fort et de manière lente puisque je suis un peu dur d’oreille. Je t’indiquerai les versets à lire. Lorsque tu seras fatigué, nous ferons une pause puis nous continuerons. Bien! Attends-moi un instant.

 

J’étais comme électrocuté, aucun son, aussi effronté qu’il aurait pu être, n’osait sortir de ma gorge. Une foule de sentiments se bousculait en moi. Quoi! J’allais perdre l’occasion de me faire sacrer roi des billes à cause de l’affaiblissement de la vue de Pépé? Ce n’était vraiment pas juste. Je n’avais rien fait pour mériter un tel châtiment, il aurait mieux fallu

me tirer une balle en plein cœur et me laisser agoniser, j’aurais ainsi moins souffert. Le plus dur et le plus agaçant, c’était mon impuissance face à ses cheveux blancs qui m’asservissaient. Sur un ordre de ma mère ou de mon père qui me contrariait en quelque sorte, je pouvais un peu rechigner, mais j’obéissais la plupart des fois. S’il arrivait à Grand-père de nous demander un service, à moi ou à ses autres petits enfants, il nous était strictement interdit de nous rebeller. Oser désobéir à Grand-papa! Nul n’en avait le courage. C’était sous peine d’être fouetté et de subir maintes punitions. Maman avait déjà tracé l’exemple sur ma grande sœur. Elle s’était fait donner une des raclées qui vous font réfléchir à deux fois avant de commettre une gaffe.

 

Ainsi, je détestais la bible de Grand-père et avec elle son propriétaire et le reste du genre humain. Ce fut un supplice, tous les après-midi, trois longues heures de torture avec la bible de Grand-père. La nuit, je rêvais que j’avais cette bible à ma merci, je déchirais les pages les unes après les autres. Mes copains vinrent s’informer de la raison de mes absences. J’avais honte de leur dire que j’étais prisonnier de mon Grand-père et de sa bible, je leur mentis à contrecœur. Chaque après-midi, je me trainais sur le balcon, la maudite chaise m’attendait d’un air moqueur, je lisais à voix haute chapitres et versets. Je ne feignais pas d’accepter mon sort, au contraire, toutes les fois où l’occasion se présentait, j’affichais vigoureusement ma mauvaise volonté. Que de bâillements avais-je simulés, jusqu’à risquer de me décoller la mâchoire! Que d’assouplissements avais-je feint! Que de mots mal prononcés, de versets rabâchés! Grand-père restait de marbre. Je ne savais pas s’il s’en rendait compte ou pas. J’aurais mieux aimé qu’il réagisse en me grondant, en me réprimandant plutôt que de subir son insouciance. Il dodinait les yeux fermés, écoutant mes mots. Il ne se redressait que pour m’indiquer d’autres lectures et reprenait ensuite sa position initiale. Par la suite, je me décourageai, comprenant que mes efforts pour m’échapper de cette servitude étaient vains. Je me résignai donc à passer le reste de mes après-midi de vacances en face de Grand-père sans aucun espoir de liberté.

 

Dès que cette résolution fut prise, quelque chose changea. Je commence à porter intérêt à ces séances de lecture sans même me le remarquer. Le fait de ne plus considérer ces trois heures comme peine expiatoire me permit d’y prendre gout à mon insu. Ces séances de lecture devenaient de moins en moins ennuyeuses. Je m’arrêtais même des fois pour adresser une ou deux questions à Grand-papa sur ce que je lisais. Il faisait de son mieux pour satisfaire mes attentes. Je commençais donc à tomber amoureux de la bible de Grand-père sans même le remarquer. Mes lectures devinrent de plus en plus passionnantes, je m’efforçais de bien prononcer les mots, de leur donner vie à travers ma voix. Lorsqu’une phrase échappait à ma compréhension, je demandais le sens à Grand-papa qui était plus que ravi de me répondre. Ces heures devinrent ainsi trop courtes à mon gout. Je prolongeais alors ces moments en arrachant à mon Grand-père des confidences inédites. Il se lia entre nous une espèce de complicité: Grand-père, sa bible et moi. Un peu comme le Père le Fils et le Saint-Esprit. J’aurais aimé que ces vacances perdurassent éternellement; malheureusement la rentrée avançait à grand pas. Il ne restait donc qu’une semaine avant de reprendre le chemin de l’école. Cela m’attristait un peu mais une autre tristesse fit surface: Grand-père tomba malade. Il ne pouvait plus se rendre à l’étage pour notre rendez-vous quotidien, ce fut moi qui me rendait dans sa chambre. Si ce cas s’était présenté tout au début de nos séances, j’aurais à coup sûr béni le ciel de m’avoir libéré du joug de Pépé. Mais l’inverse se produisit: Pépé fut tombé malade. Je me rendais dans sa chambre et lui faisait ses lectures. Après avoir terminé, il me retenait un peu pour me parler de choses qu’il estimait sérieuses comme mon avenir.

 

La rentrée arriva, j’étais excité à l’idée de revoir mes condisciples pour nous raconter nos vacances d’été. Je me rendis donc à l’école, mais, chose curieuse, avant de partir, j’allai embrasser Grand-papa. Il me souhaita une bonne journée. En effet, la journée fut belle. Je m’empressai donc de revenir pour partager le compte-rendu avec mon Grand-père. Lorsque j’entrai dans la maison, un mystérieux silence planait, je n’allais pas tarder à savoir la cause: Grand-père était mort.

 

Apres l’enterrement, j’héritai de la bible.

Aujourd’hui, en écrivant ce récit, entre un récipient de billes jamais rempli et une bible avec la reliure polie par tant de mains, je ne comprends toujours pas quel royaume d’ici d’ailleurs m’aurait convenu. Sans Grand-père et sans couronne en attendant mon tour de vieillesse, moment où je choisirai mon préféré parmi mes petits-enfants pour ne pas rompre la chaine d’or.

 

 

Schélomi LACOSTE, 

      


 PSYCHOPATE

 

Par Schélomi LACOSTE
                                    

Nous publions ce texte paru dans l’anthologie “ Ancre des dattes ” en mémoire de Schélomi Lacoste, Poète et Nouvelliste de la nouvelle génération des écrivains haïtiens. Ancien rédacteur en chef du journal LE LAMBI du Collège Immaculée Conception des Gonaïves. Lauréat de la Faculté des Sciences Humaines (FASCH) de l’Université d’Etat d’Haïti, du même coup Etudiant au Centre de Téchniques de Planification et d'Economie Appliquée (CTPEA). Succombé du seisme qui a écrasé la Capitale haïtienne, le soir du 12 Janvier 2010.

  

"Monsieur Riffin, il vous reste vingt-quatre heures à vivre. L'exécution est prévue pour seize heures, demain.Je vous apporte un stylo et du papier pour écrire vos dernières volontés. Le prêtre passera dans trois heures, si vous avez besoin de quelque chose, n'hésitez pas à m'appeler" 
 

Le gardien referma la porte de la cellule et s'éloigna. Il y laissait un homme recroquevillé dans un coin. Il s'y était blotti pour éviter les rayons gênants du soleil. Riffin rampa et ramassa la plume ainsi que le papier que le gardien avait jeté par terre. Il écrivit en lettres capitales:  " A MA FILLE", s'arrêta puis recommença: " Hélène, tu avais raison, je suis un monstre. Je le suis, mais je n'ai pas honte. Car, après tout, il en faut des monstres dans ce monde. Lorcequ'on m'a apporté ce papier pour écrire mes dernières volontés, je me suis souvenu que j'avais mis au monde une fille, même si c'était involontaire. Car, en violant ta mère, je ne me doutais pas que mon forfait laisserait autant de traces. Je ne vais pas tenter de me justifier à tes yeux. Je veux juste te faire part des derniers sentiments qui m'habitent. La vie est courte, je m'en rends compte aujourd'hui. Tu n'as aucune idée de celle que j'ai menée; j'ai eu de l'argent à en devenir fou. J'ai fait de l'amour presque chaque jour. J'ai tué des gens comme on tue des mouches. J'ai vécu. Ah ! ça oui ! Ce n'est pas que j'ai peur de mourir, mais je réalise que ma la vie est une belle merde, une merde que j'aurais aimé vivre plus longtemps. A quarante-cinq ans je suis trop jeune pour mourir; mais le juge a trouvé que j'étais trop vieux pour la prison à vie, il a préféré le peloton d'exécution. Ai-je raté quelque chose durant mon existance ? Je ne crois pas. J'ai vu tout ce qui était visible, entendu tout ce qui était audible et sondé tout ce qui était sondable. Quant à la chose que les imbéciles appellent l'amour, je peux te dire ceci : c'est un mythe qu'ont créé les hommes pour rendre leur vie moins ennuyeuse. ça n'existe pas. Toute relation entre un homme et une femme repose sur un intérêt quelconque. Crois-moi, j'en ai connu des femmes dans ma vie, les unes plus belles que les autres, les unes plus putes que les autres, aucune ne m'a jamais totalement satisfait. Aucun homme ne te suffira pleinement. Pourquoi ne me suis-je pas marié ? Peut-être parce que j'aurais trop fait souffrir celle qui aurait été assez dingue pour être ma femme. Ou peut-être que je suis l'un des rares hommes à avoir compris que les époux sont deux " cons joints ".

 

Je n'ai eu qu'une seule femme : mon fligue. La vie est un jungle, soit on mange, soit on est mangé. Je crois que j'ai bouffé trop de vies, et elles en veulent à mon karma. Tu crois que j'irai en enfer ? C'est impossible puisque j'y ai déjà vécu. Nous les hommes, nous créons nos paradis et nos enfers. Le diable, s'il existe , crois-moi, c'est le pouvoir. J'ai créé mon paradis, j'en ai profité autant que je pouvais ; si je dois aller faire un tour en enfer, ce ne sera pas si dur que ça.J'irai, je visiterai. Quelques blagues avec Lucifer et le tour sera joué !

 

Bref, c'est pour te dire ma fille que tout ce charabia, les hommes l'ont imaginé, et à force de les reépéter, ils ont fini par y croire. Dieu existe, mais c'est un gamin qui joue fourmilière. J'ai tué parce que je voulais tuer, personne ne m'a forcé au meutre. Tu ne peux pas savoir ce que je ressenti en commetant mon premier crime ; j'étais fier, j'avais la sensation d'être utile à l'humanité, d'avoir posé un acte que seuls les vrais hommes sont capables de faire : j'avais le pouvoir d'ôter des vies. Tous ceux que j'ai tués méritaient la mort. Je n'ai pas tué pour de l'argent, car l'argent ne me satisfait qu'en partie. J'ai tué pour l'émotion; il en faut des couilles pour appuyer sur gachette. Je n'ai aucun remords. Seuls les assasins en ont. J'ai pris goût à chaque minute de ma vie, chaque seconde m'a été un plaisir. Pourtant je n'ai qu'un seul regret, c'est que tu ne m'aies jamais compris. Tu n'as jamais voulu voir en moi le génie que j'étais, l'artiste de la mort. Il fallait débarrasser ce monde de certains êtres qui le polluaient, je m'étais donné cette mission, j'ai fait tout monpossible pour la remplir, tu ne peux pas m'en blâmer. J'ai donné un sens à ma vie, un but, une direction. Si tu t'étais mise en opposition à ma mission, je t'aurais tuée. Sans regrets. Pour le commun des mortels, mon exécution serait une punition, mais ils ne pourront jamais me punir plus que je me suis puni moi-même.

 

Ma mort sera ma liberté, car l'homme naît et vit en esclavage. Je m'en vais le coeur léger, espérant que, même si tu me hais, tu garderas une image propre de l'homme qui n'a été ton père que sur un bout de papier. Ne viens sur ma tombe que lorsque tu auras compris ma vie et réussi la tienne. Ma vie a été parfaite, à contresens, mais parfaite. Je suis une légende, ne meurt jamais..."

André Riffin plia le papier et le baisa. Il entendit des pas qui se rapprochaient de sa cellule. Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrit; le gardien réapparait avec un curé d'une trentaine d'années.

 

- Monsieur Riffin, enchaîna le gardien, voici le Père Pillard, il est disposé à vous confesser et à vous administrer le viatique.
 

- Il peut s'approcher, répondit Riffin.

 

- Bien, je vais rester le temps de votre entrevue. Je garde l'oeil ouvert, Riffin, ne tentez pas un mauvais coup.

 

- T'en fais pas , Silas, je ne vais pas dévorer ton moine, s'il veut causer, il peut.

 

Le prêtre s'assit en face du condamné et commenca :

 

- In nomines Padre et Filli et... (c'est du latin)

 

- Ecoutez, mon Père, je n'ai rien contre vos balivernes mais je n'ai pas l'éternité devant moi ; alors si vous pourriez abréger vos trucs, ça ma ferait grand plaisir.
 

- D'accord, mes questions seront courtes. Croyez-vous au pardon ?

 

- Bien sûr ! Du moment que ce n'est pas moi qui pardonne.

 

- Je vois. Lisez-vous la bible ?

 

- La bible est un roman d'une rare qualité littéraire, losrque je m'ennuie j'y jette un coup d'oeil.

 

- Qu'est-ce que vous avez contre Dieu ?

 

- Je n'ai rien contre Dieu, Seulement j'aurais préféré que le Christ soit une femme.

 

- Et pourquoi cela ?

 

- Quoi ! une fille au milieu de douze mecs. Ils l'auraient déchiquetée !

 

Le curé se leva sans dire mot et demanda au gardien de le raccompagner. Riffin, lui, se tordait de rire, c'était le dernier gag de sa vie. Il avait remis au gardien le papier destiné à sa fille. Il était vingt heures, c'était l'heure de dormir. Riffin, seul danss sa cellule, se déshabilla; il commença à se masturber, pour une toute dernière fois... Le lendemain matin, le gardien ouvrit la porte de la cellule pour appoter son déjeuner au prisonnier, il y découvrit Riffin, pendu au plafond, tout nu, un lacet de chaussures au cou.

 

 

Schélomi LACOSTE

Rédigé par Parole en Archipel

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