Le Vertige de la Spirale [suivie de] Effondrement

Publié le 5 Novembre 2009

Le vertige de la spirale

Pauvre petit poème
où ma jeunesse se vantait de son isolement …


Aller
Succomber le vertige de la spirale
La terre portera nue
ses plantes asphyxiées
Mille respirations inhumaines
pour reprendre ces lignes illusoires

Nature déboussolée
décorne les rues de ma ville
L’option-mirage de la dernière nuit urbaine
entre cris du cauchemar et rire du rêve

Le doigt dessine ses rides
Doublait son âge
Obsession du temps
Somnambulisme pluriel
De mille nuits d’insomnies
Pour soulever une lèvre lippue

Bigles
lubriques déshabillés
Voracités des triples-nés

Le doigt fouillait la profondeur du sein
Pour l’allaitement de ses larmes
S’enlisait sa boueuse sénescence
Angoisse du phtisique

Du mépris de la grammaire
J’en ferai ma règle
Jeux de mots jeux de vagues

L’enfant nait
Appréhendé de ses larmes
Son pierre-mot

Je me supplie de tout écrire
Pour amuser le jour
En la semblance d’un alphabet
Dessins de pleins et de déliés

Fatigué
L’homme n’a plus la force
Ni l’effort
Il s’en remet aux énigmes du chant.-

Thélyson Orélien
othelyson@yahoo.fr

 


<< Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche. Ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir... >> 
        
                   Aimé Césaire

                                                                                      
A mon amie Céline L, depuis l'hexagone, .

Effondrement


Telle une tour qui s'effondre
dans un autre ordre hybride
l'on ne retrouve plus de porte
porte malheur nature morte
Baie munie de fermeture
et trou de sortie ne suffit
au dos de petites caricatures
au dos d'érosion des symboles
graphiques
monte en chœur
ce qui n'est pas si sûr
la chose la plus disgraciée
Rien de difforme rien monstrueux
écœurant même dégoûtant
Affreux
se mêlent à des accents religieux
On a envie de verser un peu d'eau
comme on a envie de lamenter

De chanter
une chansonnette mélancolique
de dire non au non beau
cœur épanoui par quelques folles
fantaisies
Il est plus beau de danser
Mi-saint mi-normal
Bourgeonnent des pensées morales
Séquestré ou Kidnappé
il faut voler et disparaître
Ces êtres-là qui nous font sourire
Etres intérieurs qui font autant
souffrir
ils le feront Aujourd'hui
Demain
Deux mains dans mes poches
soudées comme hier

Les bourreaux ont enchaîné l'espoir
ils ont ficelé ligoté menotté
mille fois blessé quelque part le monde
Abusant de leur pouvoir
à travers une rue moribonde
pour faire de l'épate
à une surprise partie
que personne ne rate
Aux pièges des malfras
nous sommes pris
Ces alliés du mal sont partout
semant perte et douleur triste
Extrême véhémence n'a pas d'âge
Elle nage comme de gros nuages
comme un paquebot qui a peur de couler 
It's cool
La Terre Mère roule.



<< Le révolté, au sens étymologique, fait volte-face. Il marchait sous le fouet du maître. Le voilà qui fait face. Il oppose ce qui est préférable à ce qui ne l'est pas. Toute valeur n'entraîne pas la révolte, mais tout mouvement de révolte invoque tacitement une   valeur. >>                                                                               
                                                                                                                              Albert Camus

                                                                                                                                            
Texte et Dessin : Thélyson ORÉLIEN

                             

Extrait de : La Terre Mère

Paru dans, LE PERSIL

Revue Littéraire Avant-gardiste de la Suisse Romande

Université de Lausanne – Eté 2008  

Rédigé par Thelyson ORELIEN

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