Poèmes écrits sur des tableaux de Farah Willem

Publié le 16 Janvier 2011

 

Denis Emorine:

         4 poèmes extraits de « Vaciller la vie » (Editions du Cygne, 2010 )

 

Denis.JPGDenis Emorine  est né en 1956 près de Paris. Ses thèmes de prédilection sont la recherche de l’identité, le thème du double et la fuite du temps. Il est fasciné par l’Europe de l’Est. Poète, essayiste, nouvelliste et dramaturge, il est traduit en une douzaine de langues ; Son théâtre a été joué en France, au Canada (Québec) et en Russie. Plusieurs de ses livres ont été édités aux Etats-Unis. Il collabore régulièrement à la revue de littérature "Les Cahiers du Sens". Il dirige deux collections de poésie aux Editions du Cygne. En 2004, Emorine a reçu  le premier prix de poésie (français) au Concours International Féile Filiochta. L’Académie du Var lui a décerné le « prix de poésie 2009 ».

 

On peut lui rendre visite sur son site : link 


 

Double mémorable

 

Tu te contemples à travers toi-même

dans le miroir des lèvres  closes.

Le temps s’appuie sur tes hanches

offertes

à la pression des doigts.

 

Tu te souviens de la valse triste 

qui s’insinuait entre

le zéro et l’infini de ton corps.

Tu murmures encore entre les

cloisons du temps

étiré

jusqu'à la mort.

 


 

Jean Cocteau

 

Balayeur de sa destinée

Il est parti soudain

inspiré par un vent contraire.

 

 

On l’a blâmé trop souvent

de ne pas

se conformer  aux balbutiements

des mains humaines.

 

Jean…

Ce prénom ressemble au bruit de la cognée

qui s’abat sur le bois rebelle.

 

Jean…

Ton oeuvre résonne en nous.

lorsque les voix des dieux

ne trouvent plus d’écho.

 


 

Loa

  

Elle surgit des profondeurs de la terre

au moment où l’on s’y attend

le moins ;

Il vaut mieux ne pas succomber

à son étreinte.

Le sable est sa couleur

Ses pas gardent l’empreinte de

La terre qu’elle a brûlée

en y déroulant ses pas..

Ses yeux interrogent parfois

l’infini des amours défuntes.

 


 

 

Julia

 

 

La fierté s’insinue sur cette tête penchée.

Il n’y a plus d’oraison 

au fil du temps.

Plus de lèvres caressées du bout

des doigts tremblants

 

Le silence est un répit dessiné

sur les lèvres gercées.

 


 

Denis Emorine

Poète, essayiste, nouvelliste et dramaturge

Rédigé par Parole en Archipel

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