Poètes Intranquilles

Publié le 1 Mai 2012

Lu avec enthousiasme Appel d'air, d'Annie Le Brun, dans la réédition Verdier poche, vingt-quatre ans après la première, dont on aime l'emportement lyrique : "Oui, j'écris comme on force une porte (…) Oui, j'écris par effraction, avec le seul souci que ma vie ne ressemble pas à ces vies qui se ressemblent et s'assemblent si bien, pour empêcher que quoi que ce soit vienne retarder leur enlisement progressif."


Ceci noté là, à côté de cet entretien chez Pivot, jadis :

ANNIE LE BRUN

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'insurrection lyrique (poésie, utopie, radicalité de vie) dans l'Appel d'air d'Annie Le Brun trouve écho dans le revue Intranqu’îllités, dont James Noël signe l'éditorial, et qui sera présentée dans sa version papier au prochain festival Étonnants voyageurs (Saint-Malo, 26-28 mai 2012) :

"Pour répondre à nos envies, nos pulsions « intranquilles », nous préférons substituer au mot revue, le mot rêve. En réalité, l’art ne semble respirer et rayonner que dans l’étrangeté des rêves, de ceux qui, paradoxalement, ne font pas de quartier au sommeil. Nous ne dirons jamais assez notre organique et impérieux besoin d’utopies. Dans le commerce intime qu’entretient le créateur avec l’utopie, il est une ligne de faille qui produit quelque chose comme un tremblement de l’esprit, entre l’angoisse qui précède la création et le jaillissement jubilatoire de l’œuvre. D’aucuns parlent de miracles. Ce moment mystérieux trouve tout artiste dans la jalouse condition d’un démuni grandiose.

Où vont tous ces mots, tous ces mondes qui nous traversent dans nos déraillements divers, sans que nous nous donnions le temps, ni la peine de les accoucher? Où se cachent ces pépites, ces éclairs de rêverie qui métamorphosent et diffusent nos idées noires en feux d’artifices et pulvérisent notre bon sens, pour foutre le camp aussi sec, aussitôt qu'ils nous sont apparus ? Une idée qui passe en éclair surprend toujours par sa force de frappe et nous éclaire avec brio sur notre incapacité à nous en dessaisir. Comment faire, comment procéder pour charrier avec nous les bijoux sonores de langue, sans risquer notre peau de mineur qui rêve de remonter en surface,  paré de mille signes  et de  preuves d’identifiables merveilles. Il faudrait  posséder  la foi et la légèreté insoutenable d’un rêveur à gages."

Source : Papalagui

Rédigé par Parole en Archipel par Thélyson Orélien

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