Qui bloque notre pays?

Publié le 28 Août 2011

 

10132_269686480229_777130229_9157765_7246651_n-copie-1.jpgLa question qui prélude à toutes les autres et qui n’est pas si facile à répondre est qui dirige le pays dans lequel nous vivons tous ? Haïti semble aujourd’hui plus qu’avant le 14 Mai en situation d’anarchie totale ou tout le monde s’improvise chef, ou chaque citoyen pense avec force et sans recul posséder plus d’autorité que son prochain, être d’un métier ou d’une classe différente de l’autre, pour remettre sans cesse en avant la question est-ce que finalement un lion ne serait-il pas supérieur a un éléphant ? Nous n’obtiendrons jamais réponse. Einstein dit qu’un problème sans solution est un problème mal posé.


La situation d’Haïti est encore plus complexe parce que nous ne savons pas qui pose mal le problème, et qui devrait le poser. Nous sommes tous coupables. Durant ces derniers mois, le président a tenté d’atteindre la racine de la faille, l’éducation obligatoire et gratuite pour tous, inspiré d’un article de la constitution de 1987 dépassée mais gardée par lui-même en éliminant l’amendement constitutionnel déclaré par le parlement en 2011. Qui bloque le pays ou plutôt qui cherche à le faire avancer ?

Dans la population les opinions sont mitigées, le dixième de la masse populaire ayant installé l’homme rose à la présidence sont assurés qu’il s’agit du parlement puisque le président désigne des premiers ministres et qu’on les rejette parce qu’ils ont oublié que l’amendement constitutionnel des parlementaires avait été rejeté par l’exécutif et que ce dernier avait promis qu’il allait se battre contre tous les rats de la politique qui sont sur la scène depuis vingt-cinq ans. Nous assistons à une guerre fratricide. 

Pire, le pays ne se sent même pas bloqué, les haïtiens se sentent dans une continuité qui dure à n’en plus finir et que leurs récents votes a deux tours ont été oubliés. Le spectacle est ennuyeux, on ne pourrait même plus parler de théâtre puisque les mêmes acteurs continuent ce même jeu à somme nulle comme l’a titré un valeureux éditorialiste. Si nos leaders ne nous éclairent pas comme l’aurait espéré Platon, qui nous sortira de l’intense black-out dans lequel berce la capitale et le reste du pays sujet aux viols et aux kidnappings sous les tentes. L’exécutif ne fait rien, quand nous disons exécutif nous ne parlons sûrement pas de la présidence puisqu’elle n’a aucun pouvoir, le gouvernement démissionnaire qui gère les affaires courantes est intouchable puisqu’ils ne devraient pas être à leur place. Le problème c’est nous semble t il encore qui avons mal voté. 

Il y a une solution ! C’est que nous plaçons des gens compétents au dessus de nous. Mais cela tout le monde le sait mais nous refusons de le faire parce qu’émotionnellement chacun de nous ne décide pas de se considérer dans une logique patriotique égal au cireur de chaussures pas économiquement mais au moins environnementalement. Quand une majorité de la population est absente du processus politique ce sont les anciens qui demeurent ou les nouveaux corrupteurs qui s’immiscent. Ce pays ne se développera pas dans aucune autre voie que la politique pure parce que c’est la que complotent la mafia et qu’il faudra la faire disparaître. 

La ratification du gouvernement ne changera rien à la cause de la présidence puisqu’elle a déjà son propre avion garé dans notre aéroport désastreux et qu’elle voyage pour refaire l’image d’Haïti à l’étranger prenant l’international pour des dupes et des complices au marketing. Aujourd’hui le rôle de la présidence est de prendre en charge le gouvernement actuel mais elle préfère s’abstenir puisqu’elle avait fait des promesses trop clairement irréalisables comme l’éducation obligatoire et gratuite au début du mois de septembre. Mais aujourd’hui les parents se plaignent du coût élevé de l’éducation, les prêtres et pasteurs se plaignent de la destruction de leurs églises et de l’immoralité de leurs fidèles, les parlementaires se plaignent des campagnes antiparlementaire en s’abstenant de voter pour ou contre le changement, une population absente a son propre développement, qu’est-ce qui reste après tout, le repli doctrinaire, les même actes passées, S.O.S leadership ! J’ai décidé d’être un jeune politicien.

Nous ne savons pas encore qui dira non au bluff, de celui qui a annoncé avoir eu dix-huit sénateurs dans son camp et une majorité de députés pour les prochains débats, à ceux qui ont décidé de retourner d’Afrique du sud pour traiter d’éducation, aux perdants électoraux qui n’ont jamais démontré leur capacité de meneur de jeu. Aucune majorité au sein du parlement, aucune majorité parmi l’exécutif, aucune majorité au sein de la population qui s’exprimera peut-être dans les urnes en fin d’année, d’élections qui se dérouleront, osons le croire avec un conseil électoral en fuite, dont trois membres devraient être de façon permanente nommés par l’exécutif.

Certains disent qu’un homme ne peut pas changer une nation. Mais pour débloquer ce pays il ne faudrait qu’un homme impartial capable d’unir les deux camps jouant les enfants indisciplinés, un homme compétent nommé par la majorité politique c'est-à-dire celle du peuple, et qui n’a pas les mains liées pour donner répit aux actes passées et garantir les deux camps qu’il ne s’agit uniquement que de leurs actes présents. La stratégie n’est pas un mot négatif, il s’agit simplement de braver sa peur interne pour aller négocier avec les mains cachées derrière les pierres. Il y a-t-il une carence de nègres ici ? 

Fabian Charles

 

Rédigé par Parole en Archipel

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