Voyage ...

Publié le 20 Octobre 2009

Par Mariangela Bonera                                                           

On entrevoit quelques sourires rances
On y respire une senteur putride
Des êtres privés de leur appartenance
Mais habités par une rage fratricide


Des âmes déchantent dans leur cage dorée
Les poches lourdes mais le cœur avide
Ils percutent avec rage leurs membres éreintés
Et savent inventer l’esthétique du vide.

  
   
Avance intrépide la barge funéraire
   Cercueil solide de nos pauvres
   chimères. 

La nef de la vie, métaphore traditionnelle,
Le Christ crucifié n’en est pas le timonier
Des curés blasphèment sur une paix perpétuelle :
Ils célèbrent leur Messe à Saint-Germain-des-Prés.


Des vieilles filles mordillent des fleurs,
Celles qu’elles n’ont jamais reçues,
La moins belle se penche et se meurt :
Elle avait une couronne jetable dans ses atours.
 

   Et roulent les tambours pour ces êtres sans forme
   Et roulent les tambours, bénis au chloroforme.
 

Dans les vertiges roses des amours platoniques
Dans les vertes tiges des roses, ces boutons pudiques
Dans les vies des amoureux consumés par l’attente
Dans la mort plus que vive d’un suicide débutant


          De la poussière.

 

Dans les embryons des mondes qui fleurissent en sourdine
Dans les armes bleues - nos peurs aciérées-
Dans la découverte amère de nos origines :
Rien que des chromosomes et de nerfs un bouquet.


      Et de la poussière.


Et le néfaste navire poursuit son trajet
(Roulent les tambours, ils roulent sans arrêt)
Et la maudite nacelle poursuit son ravage
(Roulent les tambours, crépite le feuillage)
de la Faucheuse on devine désormais les appas
Roulent les tambours, ils marquent les pas
D’un compte à rebours qui nous mène au trépas.

 



Dix souvenirs s’entretuent sur le pont
      -ô la Mémoire fléchie de ces êtres sans nom -
Neuf s’y plaisent dans leur souffrance majestueuse
      - et intoxiquent l’air de leurs scories sulfureuses -
Huit autres sont las de voir moisir leurs jours
      - et vaporisent des conservateurs sur leurs belles amours -
Sept péchés pour dire que l’Humanité est triste
     -  mais pourquoi l’indifférence n’est pas dans cette liste ? –
Six personnages sont en quête d’auteur
     - et toutes les obscénités attendent leur voyeur –
Cinq contresens pour pédagogiser le monde
Quatre jeux de cartes pour deviner le passé
Trois soupirs de détresse avant de s’affaisser
Deux mains se serrent, deux regards vers la mer
Et une envie de se noyer dans ses flots…


Mariangela Bonera, Ecrivaine 

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Mariangela Bonera
est née en 1987 à  Aoste, dans le Nord de l'Italie ou elle a frequenté le lycée Classique. Acctuellement, elle fait des Etudes en Droit à  Turin. Et a été plusieurs fois récompensée au sein du Prix Interregional Jeunes Auteurs PIJA.

Rédigé par Mariangela Bonera

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