Publié le 20 Septembre 2009

Le parcours de Roussan Camille, connu comme poète Haïtien est particulier a plus d'un titre : Jacmelien d'origine modeste, jeune homme il monte a la capitale ou il devient journaliste, poète, homme politique. Il meurt a 49 ans, trop tôt ! Il représenta son pays a l'étranger aussi bien comme diplomate (France, Cuba..) que comme émissaire du gouvernement haïtien pour et dans des manifestations internationales de grandes envergures : Cet homme de l'écriture devient de fait un témoin privilégie de moments charnières de l'histoire mondiale moderne : on le retrouve a l'ambassade d'Haïti a Paris en 1938. Il quitte la France en 1940 avec l'arrivée des troupes allemandes. Ses multiples voyages a Cuba lui permet de rencontrer non seulement Batista mais aussi d'assister a l'arrivée de Fidel Castro a la Havane. Son œuvre littéraire s'appuie sur le mouvement indigéniste,en rupture rappelons le avec le bovarysme de l'époque. Mais elle ne s'enferme pas, non plus, dans cette mouvance. Elle s'inspire, plutôt, de la richesse de notre culture pour rejoindre une parole régionale qui s'inscrit dans un champ littéraire universel. Son geste de poète l'amène a rencontrer de grandes figures de la littérature mondiale : (Nicolas Guillén, André Breton, Langston Hugues….) et le place aux cotés des chantres de la négritude dans "l'Anthologie de la poésie nègre". Ses recueils de poèmes les plus connus sont : "Assault a la nuit" et "Multiple présence". En esquissant le portrait de cet homme multiple, ce film documentaire réalisé par Mario L Delatour permet non seulement d'évoquer un mouvement important du patrimoine littéraire haïtien a travers les écrits du poète et du journaliste, mais aussi de visiter une période valorisante de l'histoire nationale, replacée dans son contexte mondial, de découvrir les efforts entrepris, alors, par ce petit pays pour prendre sa place dans le concert des nations.

Texte et narration de Sito Cavé.
FESTIVALS / PRIX / AWARDS / TELEVISIONS
Ecrans d'Haïti - "Le regard des Haïtiens du pays", PARIS (France, octobre 2004) > sélection
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Producteur, Réalisateur, Scénariste

Mario Delatour
Il a étudié le cinéma à UCLA aux Etats-Unis. Il travaille depuis comme directeur de production pour des compagnies de production de films ainsi que des chaînes de télévisions américaines, japonaises et européennes.
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Distibution

Présentation du Collectif 2004 Images

Le Collectif 2004 Images, créé en octobre 2003 á l'occasion du bicentenaire de la République d'Haiti est une association de cinéastes, photographes, artistes, musiciens, écrivains, comédiens, universitaires, créé à l'occasion du bicentenaire de l'indépendance d'Haïti. Sa vocation est avant tout de permettre une visibilité au travail des artistes haïtiens d'Haïti et de la diaspora. Les différents projets présentés par le Collectif 2004 Images ont un même but : valoriser le patrimoine culturel haitien, avec un accent particulier porté sur les productions contemporaines.

ECLAIRER, STIMULER, TRANSMETTRE ET S'ENGAGER pour une autre vision d'Haïti, de sa culture et de son histoire tel est le souhait du Collectif 2004 Images. A travers des actions concrètes : Organisations d'expositions, Organisation de rencontres, tables rondes Organisation de projections de films Edition et distribution de films Il s'agit de faire connaître et de partager une culture riche et pourtant méconnue. Amener les créateurs qui en sont les acteurs, vers le devant de la scène. Contribuer peu à peu à restaurer une image positive d'un pays et d'un peuple au destin singulier. Le Collectif 2004 Images est une association de loi 1901 née en octobre 2003.

Source :
Les Cinéastes Haïtiens.

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Publié le 18 Septembre 2009

En 1804, Haïti fut la première colonie noire à gagner son indépendance. En 2004, de son bourg d'exil et d'adoption, au pied des Corbières, le poète écrivain René Depestre s'interroge sur le destin tragique de son île natale, sur son oeuvre et sur sa propre traversée du siècle… Il a côtoyé bien des acteurs de la vie politique et littéraire : Breton, Eluard, Neruda, Aragon, Che Guevara, Fidel Castro, Mao, Hô Chi Min... Sa parole de conteur est forte, magique, solaire... Au soir de sa vie, il reste un témoin fervent, toujours mobilisé et d'une rare lucidité.

L'écriture de René Depestre, vibrante et généreuse, est inséparable de l'action. Alors qu'il est encore étudiant en Haïti, il fonde le journal La Ruche, ouvertement antigouvernemental et anticolonialiste. Toute sa vie est un engagement dans la littérature et la politique. Elle est ce "souci d'inonder toutes les rives". Son travail littéraire traduit son engagement permanent et exprime une force affirmative, pleine de fougue et de sensualité.

René Depestre évoque dans le film qui lui est consacré les paysages et souvenirs de son île natale et des pays qui l'ont accueilli en exil. Il revient sur les personnages politiques et littéraires qu'il a croisés au gré de ses errances et au côté desquels il a lutté pour la liberté,
Aimé Césaire, Pablo Neruda, Che Guevara, Eluard, Aragon…
Patrick Cazals filme à cœur ouvert l'écrivain poète, témoin lucide et mobilisé de ce siècle.


Réalisation : Patrick Cazals
Scénario : Patrick Cazals
Image : Jacques Malnou
Son : Estève Ustache, Philippe Lignières
Montage : Marie-Agnès Blum
France / 2004 / 63'/ Vidéo Béta / Tourné à Haïti

Un film à voir et  revoir dans les salles de Cinéma de l'Institut Français d'Haiti et à l'Alliance Française des Gonaïves.

* Voir la Biographie de René Depestre:
link
*

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Publié le 8 Septembre 2009

''Pour la majorité des gens d’ici, l’au-delà est le seul pays qu’ils espèrent visiter un jour." Ce pays d’infortune où chacun attend d’une autre vie qu’elle vous dédommage de celle-ci est Haïti. Après trente-trois ans d’exil au Canada, Dany Laferrière est revenu à Port-au-Prince, sa ville natale. A l’âge de 23 ans, il avait dû fuir la dictature de l’époque. Comme son père l’avait fait avant lui. Celui-ci vient de s’éteindre à New York sans avoir renoué avec sa terre, sa femme, sa famille, ses amis. Dany Laferrière refuse de pousser l’exil jusqu’à l’ultime entêtement de la mort. Il revient, il est revenu. L’Enigme du retour est le récit de la difficile réappropriation de son pays et de sa mémoire.

 

C’est difficile parce que rien n’a changé et tout a changé, surtout lui. Il y a si longtemps qu’il n’est plus dans le paysage. "Cela fait trois décennies que je fais gras à Montréal pendant qu’on continue à faire maigre à Port-au-Prince." Il est passé du rigoureux hiver canadien à la chaleur tropicale. Toutes ces odeurs, toutes ces couleurs, toutes ces saveurs, elles le déconcertent ou elles le rassurent? Le corps ne retrouve pas tout naturellement sa place. Il doit réapprendre. Nul besoin de se remettre au créole, qu’il n’a pas oublié, mais au tumulte de la rue, au vacarme, à l’incessant bavardage. "On a toujours quelque chose à raconter dans un pays où la parole est justement la seule chose qu’on peut partager avec l’autre."

 

Virtuose de l’humour et de la distanciation, Dany Laferrière (de Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer, 1985, Le Serpent à plumes, à Vers le Sud, 2006, Grasset) ne tombe jamais dans le pathos ou le sentimentalisme. Il n’étale pas son émotion à retrouver sa mère et sa sœur. Il s’est installé à l’hôtel pour ne pas donner l’illusion à sa mère que leur vie commune a repris et continuera comme autrefois. Sur le calendrier Esso elle n’ajoute plus le matin la croix qu’elle a inscrite chaque jour des trente-trois années pendant lesquelles il avait disparu. Depuis longtemps elle a remplacé son mari par Jésus. Elle chante des chansons d’autrefois. Sa jeunesse remonte au cœur de Dany.

 

Mais comment reconnaître tous ceux qui se disent ses copains d’enfance, que l’annonce dans la presse nationale de son retour a alertés? Il rend visite à des amis de son père. Enfin, ceux qui ont tenu le coup. "Les trois quarts des gens que j’ai connus sont déjà morts. Le demi-siècle est une frontière difficile à franchir dans un pareil pays. Ils vont si vite vers la mort qu’on ne devrait pas parler d’espérance de vie mais plutôt d’espérance de mort." La misère, les maladies, et cette terrible faim qui tord les ventres. "Si on n’est pas maigre à vingt ans en Haïti, c’est qu’on est du côté du pouvoir." Du pouvoir politique ou du pouvoir du crime, à moins que ce ne soit les mêmes. Le kidnapping est un business, l’assassinat un métier. A tout moment la mort peut arriver à toute vitesse derrière des lunettes noires sur une Kawasaki jaune. Deux médecins viennent d’en être les victimes devant leur hôpital. La main qui, soudain, se tend vers vous tient-elle un revolver ou un fruit?

 

Car Haïti, c’est aussi l’accueil, la générosité, le partage, le sourire, la courtoisie, une manière d’être qui est le privilège – oui, le privilège – des pauvres des pays pauvres. Comme, alors, sa vie d’écrivain à succès paraît lointaine à Dany Laferrière! Il est chez lui et il est ailleurs. Il est revenu et il est encore en exil. Il est de nouveau un Haïtien en Haïti et il sent bien qu’il est toujours un étranger. La schizophrénie frappe la plupart des immigrés de longue date lorsque, en quelque sorte, ils émigrent dans leur propre pays. L’exil est un double royaume.

 

L’Enigme du retour n’est cependant pas que le roman psychologique de l’exilé. C’est aussi un foisonnant recueil de croquis, d’instantanés, de choses vues, entendues et respirées, de notes prises sur le vif mêlées aux échos du passé. C’est formidablement vivant. Le verbe poétique de Dany Laferrière enchante le livre et, en dépit de la mort qui y a fait alliance avec le soleil, l’on se prend à rêver de Haïti.

L’Enigme du retour, de Dany Laferrière, Grasset, 302 p., 18 euros.


Par Bernard Pivot
Source : Le Journal du Dimanche

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Publié le 2 Septembre 2009

Haiti: Chemin de fer aux Gonaïves (photo: Antanlontan-Antilles)

Un an après
le risque est énorme
Un an après on craint le pire. Et il y a raison de craindre, d'appuyer sur la sonnette d'alarme.
En un an, on a réhabilité quelques murs d'établissements. On a posé au niveau de la grande rue les belles dallettes, les super esthétiques dallettes que nous traversons avec toute la crainte d'en briser une.

Un an après
Elle est encore à genoux, et elle connait une situation d'hydrophobie généralisée. La moindre nuage gris-noir et ça enlève le sommeil des yeux. La moindre gouttelette de pluie et les flashback emplissent nos têtes

Un an après
Un an après
Un an après

Je suis encore derrière ce stylo, pour écrire, je suis encore derrière ce micro, pour dire ce qui aurait du être déjà fait.

Un an après
Je suis encore là à parler de la dégradation des conditions de vie depuis le passage des ouragans Hanna et Ike aux Gonaïves, ma fière cité, ma chère ville.

Un an après
C'est peut-être beaucoup. Mais je ne vois pas venir le changement. Attendons encore dix ans...

**********  **********
 Thélyson Orélien

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Publié le 1 Septembre 2009


 

Par Bonel Auguste


La poésie créole de Georges Castera se définit d'abord comme une poésie de l'image ; c'est une poésie d'évocation, de suggestion, et d'étonnement. Elle adopte la conception de l'image surréaliste élaborée par le poète Pierre Réverdy dans le numéro 13 de la revue Nord-Sud (1918). « L'image est une création pure de l'esprit. Elle ne peut naître d'une comparaison, mais du rapprochement de deux réalités plus ou moins éloignées. Plus les rapports des deux réalités rapprochées seront lointains et justes, plus l'image sera forte - plus elle aura de puissance émotive et de réalité poétique [...] » . La poésie créole de Georges Castera se veut du travail sur la langue. Le poète ne prend pas les images toutes faites du créole. Il les fabrique, les crée en utilisant des techniques modernes, mais aussi en tenant compte de la spécificité, de la nature de la langue créole. Il est le premier à avoir introduit des images surréalistes dans la poésie créole haïtienne. Dans son livre fondamental « Konbèlann » publié en 1976 par les éditions Nouvelle Optique, on trouve des images aussi émotives qu'inouïes, telles que :

 

m-pran oun moso nouay
pou-m pròpté zorèy-mouin
oun zouazo travèsé tèt-mouin

atéouélé fèy kasé
sé sou janm dé boua
grinn poua pral lan maché.

flanm difé sé ranyon
[...]
douvan jou
douvan jou ou-minm ki
pandyé dévan-m tankou
oun dra blan.
si m-an ranyon pa anndan.
ay ! si voua-ou té kab chaviré
lan san-m kat rou an lè.
tanbou ap fè lésé frapé ak lan nouit.
sé kòm si yo fèmin oun pòt
sou douèt loray
pou fè-l rélé

po je w tankou on ti fèy wont
ki etenn batri l douvan pye m
yo pa pran solèy
ak zèl papiyon
aa ! gin dé lè m-révé
lan nouit tonbé lan rajé-a
tankou oun choual boua

Je pourrais en prendre d'autres dans d'autres livres de Castera, comme cet extrait d'un poème de Rèl de grande beauté.

lòm kòmanse renmen
kòmanse depi nan zepòl zwezo
al teri sou do tòl
ak bo sèlman, pou nou
koupe lonbrit latè

Ce sont ces métaphores, ces comparaisons qui ont ouvert d'autres voies à la poésie créole, et l'ont emmenée à l'exploration du langage. En mélangeant des champs sémantiques que la raison ne permet pas de mettre en relation, Georges Castera ne vise jamais la gratuité de l'image. Au contraire, ces associations insolites doivent révéler la complexité des réalités sociales, politiques, économiques, historiques... Sa poésie veut avoir vue sur la mer, sur la rue, se mêler à la foule, dire l'intensité du désir dans la vibration des corps amoureux, elle veut dire le sang sur le pavé, les corps crevés dans la nuit, elle fait face à la mort, et affronte le malheur. Comme l'a écrit le poète dans Konbèlann : « Ou mande m cheri kisa pwezi vle di, enben yon bann ti fraz pou chavire malè ».

 
Il intègre dans sa poésie les acquis de la modernité et fouille la matrice de la langue créole. En termes de recherche formelle et d'exploration du langage, il a beaucoup expérimenté pour écarter la poésie créole de l'oralité à laquelle elle s'était attachée avec des poètes comme Morisseau-Leroy.


Beaucoup de poèmes en créole de Castera évoquent l'écrit, font référence aux mots, à l'encre, aux papiers... comme si le poème devenait le miroir de l'écriture ou une réflexion sur lui-même.

M leve m wè
tout bout paye k ekri tèt anba
M'ap fè liy on ti fraz
men li poko tonbe
Nou tankou de tach lank
sou on fèy paye
Bèl mèvèy on fot òtògraf
ka fè
anba vant tout pwèm
anba vant tout fanm ki fanm
M pa gen maladi ekri pou ekri
pou kreyon leve
sou tout kòm tankou pwa grate


Moun pa vin sou latè
pou l ekri kolele
pou l ekri bounda sere
moun pa vin sou latè
pou fè lesefrape papye ak lank
pou anbelisman radotay
Soufrans mo yo
Se soufrans pa m
Radyès mo yo se radiyès pa m

Certains de ces vers utlisent des termes ayant rapport à l'écriture pour faire des images, d'autres pourtant évoquent la démarche poétique de Castera qui a toujours cru aux puissances des mots à libérer l'homme et le langage.


Le rythme a une importance capitale dans la poésie créole de Castera. Contrairement à Morisseau-Leroy qui a utilisé constamment des anaphores pour y arriver, Castera lui, multiplie les procédés, comme l'anadiplose : répétition d'un élément à la fin d'un membre d'une structure et au début du membre suivant.

Listwa antre antre bosal
tou sal
li deklete on kalòj,
on kalòj pou l mouye


Il emploie aussi l'antanaclase, qui est la reprise d'un mot pris dans deux sens différents :

Lapli tonbe pou mwen
menm jan m tonbe pou li


(dans le premier vers tomber a le sens de pleuvoir, dans le deuxième, c'est tomber amoureux)
     

ou bien

Tankou lanmè ki gen vant pase
se pase m m t'ap pase

et la paronomase, qui est l'utilisation de paronymes à intervalles rapprochés :

Tout lari an san
ak sann
M renmen wè lanmè
kannale
kann kale
tanbou mache di
sa m kapotel
wa kapote l


et le chiasme : l'inversion des termes qui s'opposent

Lavi dezipe lanmò
lanmò dezipe lavi

Le métagramme : répétition du même son en y ajoutant des lettres.

Solèy parèt tou fre
tou frekan
sou kan


Il emploie l'allitération : répétition d'une sonorité consonantique,

De syèk san zavni, san senk
anba sanzave

On tanbou biskèt tonbe
nan bouda l


ou l'assonance : répétition de sons vocaliques.

Tanbou ti bout la bout
tanbou tanbou fout

On trouve aussi des onomatopées expressives évoquant souvent la musique populaire haïtienne.

Tout voum se do !
Tout voum se
Dododi dododa


Et plus loin dans le poème, il dit :

Depi m piti zoup !
depi m piti toup !
zoup ! voup ! toup !


ou dans ce poème intitulé « Tanbou kreyòl » publié dans Rèl :

Tanbou mache di
sa m pa ka pote
ma kapote l
sa m pa ka
ma ka
trakatap katap ka
trakatap katap ka
GOUDOU GOUDOU GOUDOU
Plop plop plop
Plop plop plop

L'imitation des sons sourd, aigu, et sec du tambour est si intense que l'on a l'impression que le poème devient tambour lui-même. Il peut être un instrument de combat, mais aussi un instrument rythmant la sensualité du couple, comme dans cet extrait :

Aswè a lalin s'on po tanbou
m'ta bat, m'ta bat,
m'ta bat.

M' ta pete on petro
M' ta pete mizik kò w
Lan tout kò m

Il a créé aussi des néologismes comme : Atewele, eksilya, degoutansite.
Pour fixer la poésie créole dans l'écrit, il y introduit des formes comme le poème calligramme, ou graphique, créant une double émotion esthétique.

Monté sou dòk
DAP !
PIYAN

alé a la liy
pouin
bar

Le point et la barre horizontale évoquent une tête et un corps allongé que l'on peut traîner. Ainsi on voit que le Dòk au début, c'est papa Doc.

Un autre poème :

baton ?
nooooor !
booooor ! [précédé d'une main prenant la forme d'une arme à feu]

! Kakus !
On trouve des poèmes très elliptiques dans les oeuvres de Castera, surtout dans Awòdpòte, et Rèl.

Rad a flè sou blayi !
zetwal !
Tètvire !
Atè nou ye !

Castera a écrit aussi des poèmes que l'on peut appeler poème-description qui le rapproche un peu de Francis Ponge qui, dans le Parti des choses, le titre de l'un de ses recueils de poèmes, accorde la primauté à la matière, à l'objet. Le poème devient objeu comme ce poème de Castera titré « deskripsyon ».

fistibal pa gin fouk santi.
sé dé branch boua
ki kouazé pyé-yo byen sinp
ak dé mòsò (é)lastik
épi oun ti ròch k-anvi fè lésé frapé.

La modernité de la poésie créole de Castera s'exprime aussi dans la typographie. Depuis le coup de dé de Mallarmé, on sait que la typographie est génératrice de sens. Il faut remarquer que Konbèlann est illustré des dessins du peintre Bernard Wah qui présentent le livre comme un objet d'art, conception très à la mode aujourd'hui.

Castera a abordé des thèmes divers dans sa poésie créole, comme chen, lari, lanmè, wòch, lonbray, mab, eklips, pwèl fanm, etc., montrant qu'il n'y a pas de sujets proprement poétiques. Dans « Pwèl fanm », il se peut que c'est la première fois qu'un poète haïtien aille aussi loin dans l'expression de l'érotisme où le corps féminin n'est pas seulement vu, mais vécu dans l'intimité la plus secrète. Il a abordé aussi des thèmes philosophiques dans des poèmes comme « Fatalite » : « fatalité, m-di ou lan mèd ! » , ou dans des vers comme :

Solèy pa gen manamn
l pa gen papa


ou encore :

Pastè radada ki chita
l'ap chache nanm  
nan vyann

Ces vers sont l'expression du matérialisme auquel Castera s'est toujours attaché. Il n'est pas resté indifférent non plus devant le malheur humain ; il a écrit un poème sensible et puissant sur la tragédie d'Hiroshima et qui porte le nom du lieu « Iwochima ». C'est peut-être la première fois, dans la poésie créole haïtienne, qu'un poète a évoqué un drame universel.


Si Morisseau-Leroy est le premier écrivain haïtien à assumer la langue créole, à écrire et à penser ses poèmes en créole, Castera est le premier à lui ouvrir les voies de la modernité poétique. Il y a introduit des images surréalistes, en a fait un objet de jeu, de sensualité, de rêves, il l'a libérée des tabous, des a-priori, il l'a exploitée dans diverses formes montrant de multiples possibilités de création.


Tous les poètes de la nouvelle génération doivent quelque chose à Georges Castera. Qu'il s'agisse de Lyonel Trouillot, Pierre Richard Narcisse, Evelyne Trouillot, Gary Augustin ou des plus jeunes comme Euphèle Milcé, Bonel Auguste, André Fouad. Aujourd'hui on constate un nombre grandissant de livres de poèmes en créole d'assez bonne qualité. Dans quelques années, tout nous laisse croire que la moisson sera abondante.


 
Bonel Auguste                                                                     

  Texte paru dans le Nouvelliste link

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Publié le 12 Août 2009


En hommage à  Jacques Roumain. Ce grand écrivain haïtien à portée universelle. 
Poète, romancier, journaliste, ethnologue et s’est révélé avec Emile Roumer, Carl Brouard et Philippe Thoby-Marcelin
de l'Ecole Indigéniste comme l’un des acteurs majeurs de la lutte menée par l’ensemble des écrivains haïtiens pour la défense et le rayonnement de la culture et de l’identité haïtiennes.

             
                *****




Une enquête sur le destin de la poésie est assez nécessaire. La poésie fait partie de ce système idéologique dont les multiples reflets, qu’il s’agisse de psychologie, d’art, de morale, de philosophie ou de toute autre manifestation de l’esprit, présentent une réalité historique concrète.

 

La poésie n’est pas une spéculation idéaliste, un enchantement magique vu qu’elle reflète ce qu’en langage commun on appelle une époque, c’est-à-dire la complexité dialectique des relations sociales, les contradictions et les antagonismes de la structure politico-économique d’une société, à un moment déterminé de l’histoire. Une telle condition en fait un témoignage et un élément d’analyse de cette société.

 

Un titre ambitieux pour cet essai eût été celui-ci : «  De Mallarmé à Mayakovsky. » Le cas du grand poète français et du génial poète révolutionnaire russe illustre, selon moi, ce que j’essaie de démontrer, et lui donne un singulier relief.

 

Mallarmé apparaît à une époque où la fortune progressiste du capitalisme a déjà atteint son point mort. La société bourgeoise entre dans sa phase déclinante et à la destruction des forces productives elle ajoute la négation des valeurs culturelles.


« Je m’enfuis et cherche mon refuge aux carrefours où l’on tourne le dos à la vie… »

 

chante Mallarmé. Et lui facilite la fuite, la construction solitaire d'une poétique étrange, l'exquise alchimie du langage et une sorte de fanatisme de sons purs.


Mais cette réinvention de la langage n'est pas une pure recherche esthétique: on y trouve aussi une tentative délibérée de nier le commun en se refusant à le comprendre. 


La langage n'est pas étrangère à la lutte des classes. Par exemple, le développement des forces sociales peut être facilement suivi depuis le XVIIe siècle jusqu'à la Révolution française à travers l'étude, dans la poétique, des périphrases stéréotypées qui avaient pour but de fuir le vulgaire, le plébéien, le populaire et par l'exclusion ou l'inclusion de certains mots qui montraient clairement le mouvement des classes dirigeantes. Observée sous cet angle, la poésie de Mallarmé est l'une de plus réactionnaires qui se connaisse

 
Paul Valéry a exposé avec netteté l'attitude du poète qui s'isole du peuple et y trouve le motif d'un orgueil démesuré:« Il ne déplait pas à la minorité, dit-il, d’être la minorité.» Et l’une de ses trouvailles les plus heureuses se manifeste dans ces réflexions sur Mallarmé, le moins primitif des poètes, qui,
« par l’accouplement insolite, étrangement sonore et comme stupéfiant des mots, par la splendeur musicale des vers et leur singulière plénitude donne l’impression de ce qu’il y a de plus puissant dans la poésie originale : la formule magique. »


Si toutes les ressources de l'intelligence, l'alliance de la syntaxe avec la pensée la plus raffinée et la recherche désespérée de la pure expression poétique doivent conduire à la  « synthèse de l'enchantement » primitif, c'est avouer une défaite.


Autour d'un tel étendard s'entrelacent le phénomène exposé, l'intuitionisme et l'impulsion vitale d'un Bergson: l'expression négative de la raison par la société bourgeoise en composition. C'est comme si l'exploration des formes les plus élaborées de l'art musical nous transportait par une sorte de paléontologie à rebours, d'une fugue de Bach au thème archaïque du tambour primitif.

Il y a cependant un point qui distingue essentiellement la position de Mallarmé de celle des poètes et écrivains qui sont aujourd'hui les architectes de la pensée iréelle: Mallarmé en son temps, était exclu et ridiculisé par ce que l'on peut appeler la bonne société littéraire, c'est-à-dire l'académie, la critique bourgeoise, les piliers intellectuels du capitalisme, tandis que, aujourd'hui, ceux-ci accueillent les bras ouverts, les protagonistes de l'irrationnel et les derviches du spiritualisme.

C'est que, dans l'interrègne, le monde est arrivé à une croisée des chemins historiques. Les forces du capitalisme et du socialisme s'affrontent dans une lutte décisive.

A la veille d'une transformation historique fondamentale, la vieille société qui s'effondre trouve dans les constructions idéalistes la soumission aux idoles métaphysiques, le retour aux forces obscures de la mystique, les armes idéologiques de la contre-révolution.

Il faut examiner avec l'attention scientifique de l'entomologiste, les individus qui inventent des prétextes moraux pour entrer, par la porte de la cuisine, dans le camp des ennemis du peuple. C'est alors qu'on découvre le lamentable insecte petit bourgeois paralysé par l'angoisse abjecte, qui se réfugie dans la chrysalide de la poésie pure ou de la liberté de l'esprit, parce que le mouvement inexorable de l'histoire menace les intérêts de classe de ses patrons qui ont portéla production mentale au niveau d'un article de magasin.

Il faut en finir, avant tout, avec le mythe de la liberté du poète. Loin d'être, comme le prétend Valéry, un homme très ancien, le poète est surtout un contemporain, la conscience réfléchie de son époque.

Si sa pensée n'est pas action, le poète n'est pas libre. Il ne l'est pas s'il ne s'astreint à la nécessité impérieuse de choisir. De choisir entre Garcia Lorca et Franco, entre Hitler et Thaelman, entre la Paix et la Guerre, entre la Démocratie Socialiste et le Fascisme. Sa prétendue liberté s'achève dans ce qu'on pourrait appeler le complexe de Ponce Pilate, qui couvre tous les artifices de la lâcheté, du rénégat. Le poète est à la fois témoin et acteur du drame historique. Il y est enrôlé avec sa pleine responsabilité. Et particulièrement dans notre temps, son art doit être une arme de première ligne au service de son peuple.

Je sais que beaucoup s'indigneront de ce qu'une telle mission soit assignée au poète. Parce que, pour eux, le poète appartient aux sphères transcendantes de l'instinct et, tandis que se joue le destin des hommes dans une formidable convulsion historique, il peut, retiré dans la propriété privée de sa solitude spirituelle, continuer à donner à la poésie le sens d'une chansonnette qui se balance entre les pôles traditionnels de l'érotisme et du rêve.

La nécessité humaine est la loi morale de l'esprit. L'une des choses qui me paraissent les plus admirables dans l'oeuvre de Lénine, c'est que l'auteur du Matérialisme et du Criticisme empirique, cet esprit encyclopédique, ce géant de la pensée, écrivit un pamphlet réclamant de l'eau bouillie pour le thé des ouvriers des tissages de Schulusselburg. Et Mayakovsky obéissait à la vraie mission révolutionnaire du poète lorsqu'il mettait son art au service de la lutte contre le typhus.

L'art du poète d'aujourd'hui doit être une arme semblable à un tract, un pamphlet ou un placard. Si au contenu de classe du poème nous pouvons allier la beauté de la forme, si nous savons apprendre les leçons de Mayakovsky, nous pourrons créer une grande poésie humaine et révolutionnaire digne des valeurs de l'esprit que nous avons la volonté de défendre. (1) 
                                                                                                                     Jacques Roumain
                                                    (1) Texte paru dans les Cahiers d'Haïti, novembre 1944.


Courtoisie : Parole en Archipel 

                                                                        Jacques Roumain remporte un nouveau Prix

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Publié le 5 Août 2009





<< Ma bouche sera la bouche des malheurs
qui n'ont point de bouche.
Ma voix, la liberté de celles
qui s'affaissent au cachot du désespoir... >> 
            Aimé Césaire







A mon amie de l'hexagone, Céline L.

Le jour de ma victoire, c'est la tienne aussi...

Effondrement


Telle une tour qui s'effondre
dans un autre ordre hybride
l'on ne retrouve plus de porte
porte malheur nature morte
Baie munie de fermeture
et trou de sortie ne suffit
au dos de petites caricatures
au dos d'érosion des symboles
graphiques
monte en chœur
ce qui n'est pas si sûr
la chose la plus disgraciée
Rien de difforme rien monstrueux
écœurant même dégoûtant
Affreux
se mêlent à des accents religieux
On a envie de verser un peu d'eau
comme on a envie de lamenter

De chanter
une chansonnette mélancolique
de dire non au non beau
cœur épanoui par quelques folles
fantaisies
Il est plus beau de danser
Mi-saint mi-normal
Bourgeonnent des pensées morales
Séquestré ou Kidnappé
il faut voler et disparaître
Ces êtres-là qui nous font sourire
Etres intérieurs qui font autant
souffrir
ils le feront Aujourd'hui
Demain
Deux mains dans mes poches
soudées comme hier

Les bourreaux ont enchaîné l'espoir
ils ont ficelé ligoté menotté
mille fois blessé quelque part le monde
Abusant de leur pouvoir
à travers une rue moribonde
pour faire de l'épate
à une surprise partie
que personne ne rate
Aux pièges des malfras
nous sommes pris
Ces alliés du mal sont partout
semant perte et douleur triste
Extrême véhémence n'a pas d'âge
Elle nage comme de gros nuages
comme un paquebot qui a peur de couler 
It's cool
La Terre Mère roule.


<< Le révolté, au sens étymologique, fait volte-face. Il marchait sous le fouet du maître. Le voilà qui fait face. Il oppose ce qui est préférable à ce qui ne l'est pas. Toute valeur n'entraîne pas la révolte, mais tout mouvement de révolte invoque tacitement une   valeur. >>                                                                               
                                                                                                                              Albert Camus

                                                                                                                                            
Texte et Dessin : Thélyson ORÉLIEN

 

Extrait de : La Terre Mère

Paru dans, LE PERSIL

Revue Littéraire Avant-gardiste de la Suisse Romande

Université de Lausanne – Eté 2008  

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Rédigé par Parole en Archipel

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Publié le 4 Août 2009

Au fin fond champ
verdoyant
d'ombre en ramure
les fleurs s'éclosent 


Mitan de tourments
de vies en lambeaux
poids tristes
et sanglots

plus profond que les mers


Des larmes
inonde les paupières
évoquent l'ivresse


J'entrevois
âmes meurtries calcinées
dans un miroir cassé
d'un lendemain sans fin


Extrait de : Le soleil darde ses premiers rayons
Page Culture Radio Signal FM . 

Thélyson Orélien
_______________________________________________________



J'entendis des cris
des voix
cent voix
voir ces voies sans voix
cent voies enlacées
qui au fond de moi
telle une fumée
dessinent la faim des vipères

Extrait de : Ancre des dattes (Collectif, Poésie/Nouvelle) 

Les Editions Page Ailée. Port-au-Prince Haïti

Thélyson Orélien. 

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Publié le 1 Août 2009

Le Nouvelliste

   F o n d é    e n    1 8 9 8


 

L'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) a dévoilé, mercredi, la liste des dix romans finalistes de la 8e édition du Prix des cinq continents de la Francophonie. « La Couleur de l'Aube », de la romancière haïtienne Yanick Lahens, selon un communiqué de l'OIF, a été sélectionné par les quatre comités de lecture, notamment, l'Association Entrez Lire de Belgique, l'Association des écrivains du Sénégal, l'Association du Prix du jeune écrivain francophone et le Collectif des écrivains de Lanaudière de Québec. Quatre-vingt treize auteurs, ressortissants de 29 pays et publiés par 60 éditeurs de 12 pays, étaient en lice pour cette nouvelle édition. Le jury, présidé par la Québécoise Lise Bissonnette, choisira le lauréat le 28 septembre 2009 parmi les dix romans finalistes et le prix sera remis le 24 octobre à Beyrouth, dans le cadre du salon international du livre.

 

Née en Haïti le 22 décembre 1953, Yanick Lahens part très jeune pour la France où elle fait ses études secondaires. En France elle fait également des études supérieures en lettres. À son retour en Haïti, elle a enseigné à l'École Normale Supérieure (l'Université d'État) jusqu'en 1995. Yanick Lahens est l'auteur de nombreux articles, en particulier sur Faulkner et Marie Chauvet, et d'un livre d'essais critiques, L'exil entre l'ancrage et la fuite: l'écrivain haïtien. Elle anime une émission culturelle « Entre Nous » à Radio Haïti Inter avec Jan J. Dominique. Elle est membre fondatrice de l'Association des écrivains haïtiens, et contribue régulièrement aux revues culturelles haïtiennes et antillaises telles que Chemins critiques, Cultura et Boutures. Entre 1996 et 1997, elle fait partie du cabinet du Ministre de la Culture (Raoul Peck) avec Louis-Philippe Dalembert. En 1998, elle dirige le projet de la « Route de l'esclavage » sous la présidence de Laënnec Hurbon qui annonce une réflexion et des actions intellectuelles, culturelles et artistiques autour de la problématique de l'esclavage dans toute l'île.

 

Tante Resia et les dieux est un recueil de nouvelles qui couvre plusieurs époques et des événements de nature diverse. « La chambre bleue », par exemple, raconte comment une petite fille a découvert que ses parents cachaient des amis persécutés par le pouvoir. Le fond politique est très discret et le texte est écrit du point de vue de la petite fille, dont on suit le raisonnement et les déductions, ce qui donne à la nouvelle la qualité d'un récit de détective. « Le jour fêlé » décrit la peur d'une jeune femme face à la violence quotidienne. Le talent de Lahens tient à ce que, à travers une écriture d'une grande sobriété, elle parvienne à rendre les émotions de ses personnages tangibles, en particulier la peur. La nouvelle qui donne son titre au recueil raconte le voyage d'une petite fille et sa découverte d'une célébration vaudoue. Plusieurs nouvelles évoquent aussi les répressions duvaliéristes contre de jeunes engagés politiques ainsi que la vie urbaine de Port-au-Prince avec ses quartiers et ses habitants.

 

La petite corruption est un recueil composé de sept nouvelles, suivies d'un glossaire. Comme dans le premier recueil de nouvelles de Lahens, le ton des récits est varié, ainsi que les époques et le type d'émotions. « Le désastre banal » raconte les rêves et la réalité quotidienne d'une jeune fille de vingt ans, sa tentative de sortir de la pauvreté qui l'entoure, ce que peut représenter la présence de jeunes soldats américains pour une telle jeune fille. « Bain de lune » déploie une tonalité orale, rurale, océane, une poésie surnaturelle, pour parler de tragédies familiales et de méprise due à des croyances dont la conséquence est une infinie violence pour les hommes, les femmes, et l'amour. « Une histoire américaine » raconte les souvenirs d'une jeune femme haïtienne partie tenter sa chance aux États-Unis à l'époque de la ségrégation. La juxtaposition de deux univers d'oppression, en Haïti et dans le Sud des États-Unis, dans le milieu de militants à chaque fois, fait ressortir les liens qui existent, subtilement tissés, entre des hommes et des femmes de cultures et situations historiques différentes. « La petite corruption » évoque les difficultés de la jeunesse masculine à vivre, à s'adapter ou se réadapter au pays, la tentation de la drogue, et la violence qui lui est associée, souvent à l'insu des protagonistes eux-mêmes. La petite corruption est réédité aux éditions Mémoire d'encrier (2003) dans une édition revue et augmentée d'une nouvelle, « Corossol, orange, citronnelle ».

 

Le premier roman de Yanick Lahens, Dans la maison du père, est le Bildungsroman d'une jeune fille qui grandit dans les années quarante dans une famille de la grande bourgeoisie. Au carrefour de son éducation de jeune fille de bonne famille et de son apprentissage de la culture populaire par sa bonne et son oncle, l'héroïne suit péripéties des journées révolutionnaires de 1945-46. La danse est ainsi dans ce roman la synecdoque des problèmes de classe en Haïti. Yanick Lahens vit à Port-au-Prince où elle prend une part active dans l'animation culturelle et l'activité citoyenne. Son œuvre occupe une place privilégiée – à côté de celles de Marie Chauvet, Jan J. Dominique, Yanick Jean et Paulette Poujol-Oriol – dans la littérature au féminin en Haïti. Elle est membre du conseil d'administration du Conseil International d'Études Francophones (CIEF). Elle partage aujourd'hui son temps entre l'écriture, l'enseignement et ses activités de conférencière en Haïti et à l'étranger.

– Joëlle Vitiello

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Publié le 17 Juillet 2009

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Prix Arthur Rimbaud 2009


Après avoir remporté en 2007 le Prix Interrégional Jeunes Auteurs en Suisse et en Italie. Thélyson Orélien - poète, a été séléctionné parmi les postulants du Prix Arthur Rimbaud de la Maison de Poésie de la Fondation Émile Blémont (Reconnue d'utilité publique) à Paris pour son recueil de poèmes " L'ombre qui colle a mes pas".

Le Prix Arthur Rimbaud étant réservé aux jeunes poètes de dix-huit à vingt-cinq ans. voilà dix-huit ans, on remettait avec une souriante solennité ce Prix à son premier lauréat, Jean-Luc Despax qui était alors étudiant à l’Université de Toulouse. Depuis, ce jeune poète est devenu un écrivain reconnu, auteur de plusieurs recueils, d’études, d’un roman. Et d’autres lauréats des années suivantes ont, eux aussi, continué à écrire, et se sont affirmés en poésie, les débutants du XXe siècle devenant les poètes du XXIe, ceux d’aujourd’hui et de demain. Voilà qui justifierait ce Prix – s’il en était besoin.
    
Par le grand nombre des manuscrits qu’il a suscités en presque vingt ans, par la qualité des lauréats qui est manifeste dans le recueil anthologique publié chaque année, par la diversité des poèmes, des genres, des formes, des styles, le Prix Arthur Rimbaud est un extraordinaire témoignage de la poésie vivante et sans cesse renouvelée.

L’émergence de la poésie, c’est l’émergence incessante de la vie, de la jeunesse. Elle ne peut être comparée qu’à l’éternelle résurrection de la nature chaque printemps.  Comme la nature, la poésie ne meurt jamais, malgré, parfois, les apparences, les pauvretés, les ridicules de pseudo-poètes bouffis de suffisance. Mais voilà que les pousse vers leur hiver un nouveau printemps, celui de jeunes poètes inconnus, de nouvelles voix qui nous rassurent : la poésie reprend ses droits. 

La Maison de Poésie poursuit ainsi l’œuvre de son Fondateur, Émile Blémont, qui aida tant de jeunes poètes à rencontrer leurs premiers lecteurs, et par exemple ces deux inconnus d’alors, Paul Verlaine et Arthur Rimbaud qu’il fit asseoir au Coin de table  du peintre Fantin-Latour en 1872. Ces deux jeunes gens à l’œuvre encore bien modeste furent plus tard reconnus comme deux écrivains majeurs de notre poésie. L’anthologie Rimbaud 009 . Un volume de 112 p, édité par la Maison de Poésie, 20 €. Parution : septembre 2009. Une fois encore, on trouvera dans ce recueil des poèmes qui nous apportrons toute la sensibilité d’une époque -la nôtre, une époque difficile – mais y en eut-il jamais de facile pour ceux qui ont vingt ans ?

Thélyson ORÉLIEN : est poète, chroniqueur. Né aux Gonaives, en Haiti. Lauréat de plusieurs concours d'écriture. Il remporte en 2007 le Prix Interrégional Jeunes Auteurs en Italie pour : Les couleurs de ma terre, édité en collectif par les Editions de l'Hebe en Suisse. Thélyson Orélien fréquente differents clubs culturels et d'ateliers d'écriture qui font résonner créole et francais. Il travail sur ses oeuvres de poète, et a un livre à paraitre.-


La jeune poésie d’aujourd’hui.
 
Parmi les jeunes poètes sélectionés

-    Chloé Amar. Paroxysmes   
-    Delphine Bourgeois. La Lettre écrite par Elise 
-    Johanna Brault. Parce que la lumière était belle
-    Benjamin Buysschaert. Agapornis
-    Thélyson Orélien. L’Ombre qui colle à mes pas 
 -    Maxime Cachart. Vers luisants
-    Matthieu Conzales. Angels’ Favela
-    Larissa Corriveau. L’exil des possibles
-    Clément Cottin. Synesthétique d’Elle 
-    Pauline Desachy. Collections particulières   
-    Veronica Drangoi. Absurdité confuse 
-    Lucas Faugère. Awe/some   
-    Charline Guégout. L’Itinéraire des étoiles
-    Gilbert Goizin-Gauter. Clartés du lampadaire
-    Loïc Laveissière. Souffles   
-    Élodie Le Bars. Vue sur vers
-    Arthur Letertre. Le Rire du condamné  
-    Quentin Métayer. Vertiges de la mue
-    Johanna Mondésir. Éclore
-    Damien Pottier. Prolégomènes   
-    Julien Rollan. Entrevues  
-    Audrey Schlauberger. Les Mots roses
-    Anaïs  Soyer-Leroy. Broderies d’encre   
-    Fanny Sutter. Morceaux de vie

L’anthologie Rimbaud 009

Un volume de 112 p, édité par la Maison de Poésie, 20 €

Parution : septembre 2009

Source : Maison de Poesie de Paris

Fondation Émile Blémont - Reconnue d'utilité publique

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Rédigé par Parole en Archipel

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