Publié le 3 Juillet 2009

Nuits a deux battants / Poésie / Editions Page Ailée


Je suis né ici

 

Je suis né ici
avalant mes mots
martyrisés
comme un apatride


ma vie
seule intermédiaire
entre mon âme et mon corps
proie de l’horde familière
mon cœur vomit du sang

je suis un homme en deux battants
longitude de l’espoir expatrié
autrement, l’ile de mon enfance
cette ile que je porte comme
la blessure sur mon visage

 


 

Tu te ballades

en métamorphose
d’adverbes démesurés
sur mes vers en fluides
granulées
 
je suis tes pas
en gloussement d’encre
au repos
 
le vol de cheveux
en regards d’aveugles
 
regarde
 
le soleil est derrière nous
plongeons dans l’infini
exotique amour

 



Né à Port-au-Prince, Haïti, le 2 février 1982, Fortestson FENELON dit ‘’Lokandya’’ est journaliste culturel, comédien, metteur en scène, diseur, dessinateur… Il étudie la communication sociale et l’art dramatique (au Petit Conservatoire). Il a étudié  l’histoire de l’art et a suivi des cours de français à l’Institut Français d’Haïti (IFH). Très jeune, il a collaboré à plusieurs associations culturelles de son pays. Il a collaboré à la section culturelle du journal Le Nouvelliste.  Il dirige la section culturelle de Signal FM.

Certains de ses textes sont souvent dits au «Cabaret des étudiants  du Petit Conservatoire» aux «Vendredis littéraires de l’Université Caraïbes» et à «Vibrations» une activité qu’organise PROD’ARTS. Fortestson ‘Lokandya’ FENELON  écrit en français et en créole. « NUITS A DEUX BATTANTS » est son premier livre de poème. 


 

 

Lire la suite

Rédigé par Parole en Archipel

Repost0

Publié le 25 Juin 2009

Texte de Victor Hugo, ''A qui la faute ?'' extrait de L'Année Terrible, VIII, 1872.- À son retour d’exil en 1871, V. Hugo est témoin du siège de Paris et de la Commune, ce gouvernement révolutionnaire imposé par le peuple parisien. Mais les forces de l’ordre le répriment violemment... Un an après, paraît le recueil «L’Année terrible» qui relate cet épisode sanglant. Dans cette pièce d’une soixantaine d’alexandrins, le poète évoque l’incendie de la bibliothèque du Louvre par des Communards, le 24 Mai 1871. Le poème est composé d’un dialogue à deux voix entre l’incendiaire et une sorte de juge visionnaire qui s’indigne contre ce crime. Mais l’accusation se transforme en un hymne fervent au livre. Thélyson Orélien, rédacteur de Parole en Archipel a le plaisir de transcrire ce texte sur le site en ce 25 juin 2009, 138 ans, jour pour jour, de la date qu'il a été écrit (25 juin 1871). Nous le partageons avec vous autres. Texte qui après tant d'année, retrouve encore sa place dans notre soit-disant époque moderne... Le style de l'éloge enthousiaste porte ainsi un violent plaidoyer en faveur du livre tandis que le dialogue donne une grande force dramatique au texte. 


(écrit le 25 juin 1871)


 

Tu viens d'incendier la Bibliothèque ?


- Oui, j'ai mis le feu là.

- Mais, c'est un crime inouï !
Crime commis par toi contre toi-même, infâme !
Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme !
C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler !
Ce que ta rage impie et folle ose brûler,
C'est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage !
Le livre, hostile au maître, est à ton avantage.
Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.
Une bibliothèque est un acte de foi
Des générations ténébreuses encore
Qui rendent dans la nuit témoignage à l'aurore.
Quoi ! dans ce vénérable amas des vérités,
Dans ces chefs d'œuvre pleins de foudre et de clartés,
Dans ce tombeau des temps devenu répertoire,
Dans les siècles, dans l'homme antique, dans l'histoire


Dans le passé, leçon qu'épelle l'avenir,
Dans ce qui commença pour ne jamais finir,
Dans le divin monceau  des Eshyles terribles,
Dans Homères, des Jobs, debout sur l' horizon,
Dans Molière, Voltaire, et Kant, dans la raison,
Tu jettes, misérable, une torche enflammée !
De tout l'esprit humain tu fais de la fumée !
As-tu donc oublié que ton libérateur,
C'est le livre ? Le livre est là sur la hauteur ;
Il luit parce qu'il brille et qu'il les illumine.
Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine ;
Il parle, plus d'esclave, et plus de paria.
Ouvre un livre, Platon, Milton, Beccaria ;
Lis ces prophètes, Dante, ou Shakespeare, ou Corneille ;
L'âme immense qu'ils ont en eux, en toi s'éveille ;
Ébloui, tu te sens le même homme qu'eux tous ;
Tu deviens en lisant grave, pensif et doux ;
Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croître,
Ils t'enseignent ainsi que l'aube éclaire un cloître ;
A mesure qu'il plonge en ton cœur plus avant,
Leur chaud rayon t'apaise et te fait plus vivant ;


Ton âme interrogée est prête à leur répondre ;
Tu te reconnais bon, puis meilleur ; tu sens fondre,
Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs,
Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs !
Car la science en l'homme arrive la première.
Puis vient la liberté. Toute cette lumière,
C'est à toi, comprends donc, et c'est toi qui l'éteins !
Les buts rêvés par toi sont par le livre atteints !
Le livre en ta pensée entre, il défait en elle
Les liens que l'erreur à la vérité mêle,
Car toute conscience est un nœud gordien.
Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.
Ta haine, il la guérit ; ta démence, il le l'ôte.
Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !
Le livre est ta richesse à toi ! c'est le savoir,
Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,
Le progrès, la raison dissipant tout délire.
Et tu détruis cela toi !

- Je ne sais pas lire.


Victor Hugo -
L'Année Terrible, VIII, 1872.

À titre informatif : ''L'Année terrible'', est un recueil de poèmes de Victor Hugo publié en 1872. Il retrace l'année 1870 durant laquelle la France souffrit parallèlement d'une guerre contre la Prusse (ancienne Allemagne) et d'une guerre civile à Paris.-

Lire la suite

Rédigé par Parole en Archipel

Repost0

Publié le 24 Juin 2009

'' Le papier qui porte encoche 

  du néant
  le porte sans retour
  comme une chanson très triste
  à son déclin ''

                            Georges Castera 


                                          '' Les eaux transporte nos rêves
                                             des éticelles en fuite
                                             Je tourne le temps
                                             et m'entretiens avec le soleil  ''
                                  

                                                                                                                                                                                                                                                       Thélyson Orélien

 

S’est tenu du 30 avril au 1er mai 2009, dans la cité de l’indépendance un événement majeur dans le monde littéraire en Haïti. Les éditions Page ailée de concert avec Expertise communication ont procédé au lancement officiel de « L'Ancre des dattes ». Un collectif de jeunes auteurs Gonaïviens. Ils sont douze (12) jeunes, de tout âge mais très jeune, plein de talents, plus que déterminés à étayer la littérature haïtienne. Ce livre de deux cent douze (212) pages réunit les textes d’expressions créole et française (poésies et nouvelles) de douze jeunes des deux sexes passionnés de la littérature.

 

Photo soireeLors de cette soirée organisée le 1er mai (jour de la fête de l’agriculture et du travail), le public était ravi de découvrir l’issue de vingt (20) ateliers de formation animés respectivement, de janvier à mars, par les écrivains Georges Castera, Jean Euphèle Milcé, Faubert Bolivar, Makenzy Orcel, Bonel Auguste, Frankétienne, Kettly Mars, Lionel Trouillot, Emmelie Prophète Milcé … Sur un total de soixante-dix jeunes, fidèles à leur plume, douze ont reçu fièrement l’authentification des écrivains ayant offert gratuitement leurs efforts à la formation de ces jeunes zélés de l’écriture littéraire.

Collectif« Ce collectif de jeunes auteurs Gonaïviens accompagnés de leurs amis – plus ou moins modèles, est une provocation assumée » soutient l’auteur de l’Alphabet des nuits. « Au point de douter de la capacité de l’espace physique de la ville à accueillir les 1er janvier à venir : le président et le kidnappeur en cavale, le poète et le missionnaire, la jeune mariée sous dix mètres carrés de voilage et le jeune prostitué spécialiste de casque bleu dépressif. Bref, de l’archevêque à la pute » écrit Jean Euphèle Milcé en guise de préface.

Avec la complicité de Fred Brutus (Expertise communication), M. Milcé et Orcel ont, d’une passion incommensurable  pour la ville des Gonaïves, réunis les textes publiés dans le collectif où l’amour, l’angoisse, la blessure, la révolte se fraternisent. « les eaux transportent nos rêves – des étincelles en fuite (Thelyson Orélien) », « je suis né – crépuscule du hasard (Samuel Dauphin) », « lannwit volè somèy nou (Yvens Rumbold)… Il se dégage aussi un souffle émotionnel, une complaisance profonde, des jeunes qui croient simplement à une survie ou une meilleure cognation.

Après la ville des Gonaïves, Fred Brutus et son équipe mettra le cap sur Petit Goave pour une prochaine expérience. Le collectif est invité le vendredi 8 mai sur le panel des vendredis littéraires de l’Université Caraïbes. Une vente-signature est prévue très bientôt à Port-au-Prince. Pour répéter le dicton, les jeunes sont l’avenir d’une nation, voici un projet qui pose les balises d’un décollage assuré et assumé. Bravo, Frèd, Milcé, Orcèl et Vika.

 

Par : Fortestson ‘Lokandya’ Fénelon
           Diane Lovely Betsaida Henry

 


 

Cette Anthologie est surtout une rencontre de générations et des regroupements de Grandes Voix de la Littérature contemporaine Haïtienne. Des écrivains tels que : Georges Castera, Bonel Auguste, Gary Augustin, Emmelie  Prophète, Jean-Euphèle Milcé, Makenzy Orcel, Frankétienne, Raoul Altidor, Kettly Mars, Thélyson Orélien, et un collectif de jeunes écrivains haitiens.

 

Titre: Ancre des Dattes
Auteur : De Collectif (Sous la direction de : Jean Euphèle Milcé et Makenzy Orcel)
Catégorie : Anthologie
Genre: Poésie / Nouvelle /
 ISBN : 9789993578604 

Éditeur : Éditions Page Ailée / 212 Pages 

Port-au-Prince: Collectif (Éditions page Ailée). Première édition in-8 °, WRPS, 211 p., Illus, b/w photos. Nouvelle Broché 9789993578604. Une collection de poésie et de prose par des écrivains contemporains d'Haïti. Chez l'ONU Français et Créole haïtien chez des Nations Unies. Recueil de poésie en créole et en français. (ID d'article: 153587)

Prix : 31,80 $ 


P.S. Pour commader envoyez un e-mail à : paroleenarchipel@ymail.com  


Lire la suite

Rédigé par Parole en Archipel

Repost0

Publié le 20 Février 2009




Haïti douce femme



Haïti
douce femme
toi qui coud
les déboirs de l'humanité
avec tes cheveux

Reste belle...
             
*****

Thélyson ORELIEN

Lire la suite

Rédigé par Parole en Archipel

Repost0

Publié le 25 Août 2008

 

 

  • LE BÉBÉ EST NÉ

  • Nom choisi : Parole en Archipel
  • CatégorieLittérature
  • Description : Parole en Îles-Monde, pour déclasser toutes aires géographiques. Parce qu'on a tendance à tout vouloir répertorier et dans l'idée d'Îles-Monde, on ne sait plus à quoi s'attendre. Îles-Monde, pour déclasser les aires géographiques et regrouper les sensibilités, entrer en confluence sur le vaste territoire mondial, faire remonter le Sud vers le Nord et faire descendre le Nord vers le Sud !
  • Créé le : 25/08/2008

  • UNE PAROLE AVANT TOUTES CHOSES : La poésie serait parole d'espoir, malgré tout. De tous les avatars que nous traversons durant notre passage terrestre, que restera-t-il sinon cette parole mille fois enroulée et déroulée, et quelques gestes qui nourriront les légendes? Nous avons acquis un petit morceau de technologie. Nous l'avons utilisé et nous l'utiliserons pour recueillir et assembler quelques fragments de vie et de voix, pour une mosaïque essentielle et vitale de diffusion du poétique du monde.


    Thélyson Orélien, 

    Créateur aussi responsable de la publication et de la conception


 

Nulle loi

Nul devoir ne m’oblige à me battre

Ni conseils de notables

Ni clameurs de la foule

 

Seul le puisant appel

D’une joie solitaire

M’a conduit dans le tumulte des nuages

 

Thélyson Orélien

Mon chant (Inédit)

 


 

Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir.

 

Aimé Césaire

Cahier d’un retour au pays natal, Présence Africaine



 

Le génie, dans toutes sa hauteur, n’est rien d’autre que le mariage de l’intellect, clé de voûte de la réussite, intérieure et extérieur.

                                                

Malcolm de Chazal

Comment devenir génie, Editions Vizavi


 


       

Et pourquoi m’avoir décanté l’air

Pourquoi m’avoir emmailloté les membres

Pourquoi avoir de front heurté mon enfance

Pourquoi depuis toujours

 Sans cesse m’accabler
Et me priver du droit de m’afficher moi-même

                          

Léon-Gontran Damas

Black-Label, Gallimard

 

 


 

À ce monde, à de nombreux égards littéralement terrifiant,

osons offrir des alternatives utopiques.

                                                       

René Dépestre

Rage de vivre, Seghers

 

 


 

Le poème, paroles à dire à l’origine, a dû s’adjoindre le chant pour répondre à telle ou telle fin propitiatoire, thérapeutique, laudatrice, exorcisante ou simplement amoureuse, et y trouver sa fin, sa consumation par consommation.

                                                                

Mohammed Dib                                     

Retrouver le chemin de la voix, Inédit

 


 

Il fait épouvantablement triste.

Désespérément triste.

À la lueur d’une chandelle moribonde,

j’écris encore mes cris et mes silences.

 J’écris, donc j’existe.

                                               

Frankétienne

Anthologie Secrète, Mémoire d’encrier


 


 

La mémoire est un archipel,

nous y sommes alors des îles que les vents inspirés mènent à dérader

        

Edouard Glissant

Une nouvelle région du monde, Gallimard

 


 

D’un élégant mulâtre…

L’homme portait un costume et un cravate gris clair qu’il avait dus,

sans aucun doute possible, acheter dans un grand magasin de Paris.

                                         

Gilbert Gratiant

 L’Archet du Colonel, Stock                                

 



mon île est un ghetto       
si ce n'est le séga 
hérité du voyage
et qui fut la prière
cachée dans nos entrailles 
notre nique à la mort
dans les ronces à dompter
la Compagnie des indes
nous ayant baptisés
de solitude drue
si ce n'est le séga 

 

Edouard Maunick

Inédit

 



D'une minuscule pirogue à balancier
achetée dans une île lointaine
que le rêve seul habite
mais où des cabanes la mer

 

Jean-Joseph Rabearivelo

Presque-songes / Sari-Nofy, Sépia / Tsipika 

 



Un mot,
île,
rien qu'un mot!
île à la face lyrique
Nous chanterons dix mille ans,
nous chanterons cent mille ans,
le poème de la Race:
un seul titre: Liberté !

 

Jacques Rabemananjara                                        

Antsa, Présence Africaine

 

 



Ecoute ma voix singulière qui chante dans l'ombe 
Ce chant constellé de l'éclatement des comètes chantantes
Je te chante ce chant d'ombre d'une voix nouvelle
Avec la vieille voix de la jeunesse des mondes.

 

Léopold Sédar Senghor

Chants d'Ombre, Editions du Seuil.

 



Je vous donne ma demeure
lieu de Dieu Pièce unique
à fleur d'eau le ciel devant
les lambris a chair rose.

Tchicaya U Tam'Si

Donation, Inédit

 



Nous irons au rendez-vous

  des cinq continents

    avec nos chants et danses, 

      avec nos cœurs brûlant d'amitié,     

      de bonté, de paix,

             avec l'authenticité de notre culture.

                                                 

                                                 E. Prudencio                                                      

                                                  Dahomey


 

Parole En Archipel restera toujours à l'écoute des voix et de vies du Monde.

Pour le partage du vrai, du beau, avec de l'amitié...  

Lire la suite

Rédigé par Thélyson Orélien

Repost0