Publié le 29 Mai 2012

berrouet-oriol2.jpgDéfaillance, dérangement, désagrément, désarroi, éblouissement, embarras… On dispose d’une ample récolte de synonymes pour exprimer la notion de ‘’malaise’’. À la suite des textes publiés ces trois derniers mois, sur différents sites et journaux, par de jeunes poètes haïtiens et qui illustrent l'actuel malaise dans la littérature, voici que paraît aujourd’hui, sur le site Potomitan, la ''Lettre ouverte à un poète que j’apprécie : Georges Castera'' 1. Cette nouvelle lettre ouverte porte la signature du poète Anivince Jean-Baptiste et elle est d’abord parue sur le site Haïti News 2000. Le document que publie aujourd’hui Potomitan m’a été aimablement acheminé, hier, par le jeune poète Claude Sainnécharles.


Dans le champ littéraire haïtien, cette nouvelle interpellation publique des écrivains ‘’aînés’’ par les jeunes poètes mérite une attention critique et elle intervient en écho à la nécessaire et rigoureuse appréciation de la gestion autocratique et préjudiciable de l’extraordinaire activité dénommée ‘’Étonnants voyageurs – Haïti’’ déjà mise en cause publiquement. Au jour d’aujourd’hui, les responsables de ‘’Étonnants voyageurs – Haïti’’ n’ont pas consenti à répondre avec hauteur de vues et de manière responsable aux jeunes poètes haïtiens sur certaines questions de fond qu’ils ont courageusement soulevées. Pour ma part, j’avais mis certains textes des jeunes poètes en perspective en publiant le 6 mars 2012 ‘’Malaise dans la littérature...’’ 2. Je relevais, entre autres, le fait que les poètes et éditeurs James Pubien et Jean François T. Toussaint, des Éditions Bas de page, dans une « Lettre ouverte au festival Étonnants voyageurs Haïti (La pesanteur contre l’oubli) » et diffusée sur Internet, avaient valablement contesté l’erratique gestion « haïtienne » de l’événement en mettant l’accent sur les pratiques sélectives de cooptation à l’oeuvre dans une certaine République de la complaisance littéraire...

 

Pour mieux mesurer les dits et non-dits de la ''Lettre ouverte à un poète que j’apprécie : Georges Castera'', il me semble nécessaire aujourd’hui de relire les textes qui l’ont précédé, notamment : ’’Contre l'impertinence casterienne et trouillotienne’’ 3 de Claude Sainnécharles daté du 3 mars 2012, ainsi que ‘’Pour en finir avec cette dérogation littéraire en Haïti’’ 4 de Anderson Dovilas daté du 2 avril 2012. Qu’est-ce à dire ?

 

Première remarque : par-delà un probable conflit intergénérationnel, il me semble utile de soumettre à la réflexion des jeunes poètes haïtiens qu’il importe au plus haut point d’éviter de ‘’personnaliser’’ le propos : il leur incombe de s’en tenir au seul débat d’idées sans pour autant évacuer le fait que les idées et pratiques contestées sont portées par des écrivains ‘’aînés’’ connus dans le champ littéraire haïtien.

 

Deuxième remarque : j’assume que toute prise de parole publique doit impérativement s’effectuer avec hauteur de vues. Il faut impérativement s’en tenir aux questions de fond et les jeunes poètes haïtiens ont intérêt à clarifier leur position et leurs attentes par rapport aux ‘’aînés’’ dans un débat public que je souhaite rigoureux et respectueux des personnes. Ainsi se pose aujourd’hui l’incontournable question de la quasi-captation, de la ‘’nationalisation’’ du champ littéraire haïtien et de son capital symbolique par un petit groupe d’écrivains gravitant autour du ‘’pouvoir’’ autocratique que s’efforce d’ordonnancer ‘’Étonnants voyageurs – Haïti’’. Le débat, à instituer de toute urgence sur cette problématique, ne saurait être évacué ni par les écrivains ‘’aînés’’ qui ont choisi de se taire ni par les prosélytes de ‘’Étonnants voyageurs – Haïti’’ qui, semble-t-il, vivent le fait littéraire comme marchepied d’une soi-disant ‘’ascension sociale’’ à l’haïtienne… Or la volonté de ‘’nationalisation’’ et de territorialisation du champ littéraire haïtien, qui est une posture néo-duvaliériste et noiriste, va à l’encontre de la configuration contemporaine de la production fictionnelle haïtienne : notre littérature est transnationale depuis une quarantaine d’années, elle s’est bellement écrite sur les terres fertiles de l’exil durant la sanglante dictature des Duvalier père et fils –et il va bien falloir en tirer les conséquences au plan théorique et dans l’abord même du fait littéraire.


D’autre part, le débat public d’idées, dans une certaine sous-culture haïtienne contemporaine dyslexique et anémiée, est encore perçu comme une ‘’attaque personnelle’’ ou le désir quelque part pervers de ‘’prendre la place de untel’’ dans les rapports d’étalement du capital symbolique. Nenni ! En l’absence d’espaces publics de débats dans l’Haïti d’aujourd’hui, en l’absence de revues culturelles de haut niveau, universitaires ou pas, j’assume que les écrivains ‘’aînés’’ ainsi que les jeunes poètes haïtiens doivent inventer des lieux et des supports d’échanges et de dialogue pour que leurs idées, leurs pratiques et leurs ‘’thèses’’ puissent être confrontées, appréciées et référencées.

 

Enfin j’estime qu’il ne suffit pas de cibler, d’interpeller ou de contester les idées et pratiques autocratiques à l’oeuvre aujourd’hui dans le champ littéraire haïtien : dans les deux langues officielles d’Haïti, les jeunes écrivains doivent produire une oeuvre littéraire forte, qui se tienne debout dans la durée et qui innove sur les registres qu’ils auront choisis.

 

C’est à cette condition première que leur parole publique sera mieux entendue, mieux comprise et acceptée, c’est ainsi qu’ils s’adresseront d’égal à égal à leurs ‘’aînés’’. Produire des oeuvres fortes, de haute exigence esthétique et éthique, s’arc-bouter à la langue en faisant dégorger la langue, offrir l’hospitalité de leur lecture aux oeuvres des ‘’aînés’’ tout en leur proposant des oeuvres de qualité dans les deux langues haïtiennes : tel est aussi ce chemin de traverse à emprunter pour disqualifier publiquement la vaine volonté de ‘’nationalisation’’ et de territorialisation du champ littéraire haïtien.

 

 

Robert Berrouët-Oriol

Linguiste-terminologue

Montréal, le 28 mai 2012

__________________________________________________________

1 Potomitan : http://haitinews2000.net/lettre-ouverte-a-un-poete-que-japprecie-georges-castera/

2 Potomitan : http://www.potomitan.info/ayiti/berrouet-oriol/malaise.php; voir aussi : Le Matin : http://lematinhaiti.com/contenu.php?idtexte=29591

3 Potomitan : http://www.potomitan.info/ayiti/sainnecharles.php

4 Potomitan : http://www.potomitan.info/ayiti/dovilas.php

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Rédigé par Parole en Archipel par Thélyson Orélien

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Publié le 28 Mai 2012

tn-copie-1L’œuvre est comme un fleuve qui s’agrandit sur son passage, d’où vient que sa forme ramasse les bordures de son chemin.


Je n’ai jamais su écrire une page sans compter des croquis, ni écrire une phrase sans revenir sur des ratures. Parfois j’invente les tournures grammaticales les moins banales en essayant de rapprocher le poème de moi, de ma façon de voir les choses, et de m’éviter s’il le faut. Mais une chose est sûre, j’ai toujours su comment oser. Oser c’est créer, et la poésie naît de ce mouvement, de cette guerre contre soi-même, d’un dédoublement de soi, d’un jeu du je...

 

Dans son livre Mûr à crever, Franketienne dit : « Je ne m’inquiète point de savoir ce que j’écris. Tout simplement j’écris. Parce qu’il le faut. ». Ici le désir d’écrire parce qu’il le faut, est l’acte même d’oser, de créer. Parce que les éléments créatifs sont autour de nous, et nous le saurons à partir du moment où l’on commencera à s’en servir.  D’où le fait que le créateur est celui qui ose, et qui s’invente. Et c’est ce que fait le poète Jean-Mino Paul. Prendre la plume afin d’ajouter sa voix dans celle de la ligue littéraire haïtienne.


« L’angélus enfante

L’aurore dans mes yeux

La nuit s’en va

Mes rêves partent. »


Aussi simple qu’apparaissent ces vers, il nous montre une présence culturelle dans l’utilisation de la langue. L’angélus, ce mot calqué en créole en haïtien en : « alanjelis », est un mot très cher à la paysannerie haïtienne, qui crée une distance culturelle entre le jour et la nuit. Le soleil pour les vivants, la lune pour le besoin.

Plus loin :


« Ma vie voyage

Comme une étoile en fuite

Dans le gris de l’espace »


L’étoile qui s’enfuit dans le gris de l’espace, n’est autre qu’une annonce de mort dans l’imaginaire collectif de l’Haïtien. On le voit, on recherche son point d’arrêt, et cette zone sera en deuil dans les jours à venir. On écrit pour trouver les autres, pour parler d’un autre dans son monde, parce que l’histoire des hommes va plus loin que celle de la vie et de la mort.


Et dans certains passages l’écriture nous arrive avec le souffle d’un jeune écrivant une maxime.

 

«Aimer

Est un ennui

Une affliction

Une blessure

Aimer

Est une joie

Un bonheur

Une grande aventure » 


La parole poétique n’est pas une parole étrange et voilée, elle découle du vécu quotidien, tout en l’écartant pour devenir une parole étrange par la forme. En ce sens, le poète doit travailler son style jusqu'à trouver une conscience poétique.

 

Anderson Dovilas

23 Mai 2012     

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Rédigé par Parole en Archipel par Thélyson Orélien

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Publié le 17 Mai 2012

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Carlos Fuentes in Aix en Provence in 2011. Photograph: Ulf Andersen/Getty Images


Dans le Métro de Montréal je vous invite à faire ce voyage avec moi. Le temps a pour devoir de nous échapper et pour tout repère chronologique on retourne au temps de la signature de «Château rouge» le tout dernier album d'Adb Al Malik, rapeur-poète-slameur français que j’aime beaucoup et que j’écoutais quelques minutes plutôt. Comme lui je dirais : ’’Ramons tous à la même cadence !’’ – Ensemble sur la ligne verte, départ : Terminus Honoré-Beaugrand - Est de Montréal. La route s’annonce un peu plus longue que d'habitude avec deux correspondances – Lionel-Groulx et Snowdon – mais ne vous inquiétez pas, surtout vous êtes avec moi, votre fidèle ami en lecture qui a en main Terra Nostra, le plus grand des romans de Carlos Fuentes, une richesse immense empruntée de la Grande Bibliothèque Nationale du Québec, lors d’une semaine consacrée aux écrivains hispano-américains. Il est toujours bon de lire quelque chose de neuf, un souffle nouveau pour un peu plus de piment, enfin de la vraie diversité. Par ailleurs je dois renouveler le prêt, parce que cette ancienne parution des Éditions Gallimard datant de 1979 me paraît tellement volumineuse, en tout 829 pages bien remplies en petits caractères, et le temps me fait la guerre. Je n'en ai pas assez pour trop lire, mais je me fais ce pari. J'aime ça. Je m'adonne toujours à ce plaisir, cette joie, la joie de lire. Le livre est mon ami, il m'arrive souvent de dormir et de me réveiller avec un livre.

 

Ce n'est pas à moi de vous dire si je suis un bon lecteur ou pas. Mes livres je les fini toujours et j'aime ça les dévorer. Déjà, je suis à la page 511 et bientôt la 512ème . Vous y êtes ? Nous y sommes ! Et nous sommes ici plusieurs mois avant le départ de Carlos Fuentes cette semaine, soit le mardi 15 mai 2012. Il fut selon moi, l'un des plus grands écrivains hispanophones de tous les temps, d’autres l'appellent, géant des lettres hispano-américaines du XXe siècle. Et oui ! Les grands écrivains ne sont pas forcément ceux qui ont remporté un Nobel ou ceux qui sont nobélisables comme on veut me le faire croire. Des fois cela fait que la littérature a tendance a perdre sa vraie valeur, son vrai sens par ceux qui se comportent trop souvent comme des véritables chiens enragés en quête de Prix Littéraires pour beefsteaks. La crise des distinctions.

 

La plume de Carlos Fuentes à plusieurs reprises me fait penser à celle de Jacques-Stéphen Alexis, le plus grand écrivain haïtien de tous les temps, ou à Victor-Lévy Beaulieu, qu'on considère comme le plus grand des écrivains québécois.

 

Notre voyage avec la Société de Transport de Montréal - STM, commence à partir d'Honoré-Beaugrand, pour ceux qui connaissent bien Montréal et le voyage littéraire se fait avec Terra Nostra, pour ceux qui ne connaissent pas Montréal mais au moins ont entendu parler de Carlos Fuentes. Ce voyage est très significatif pour nous, dans un sens symbolique; pour ceux qui se familiarisent plus ou moins avec l’histoire de ce Grand Écrivain Hispanophone. Il est né au Panama en 1928, fils de diplomate, il poursuivi ses études au Chili, en Argentine et aux États-Unis. Ambassadeur du Mexique en France de 1975 à 1977, il avait longuement vécu à Paris auparavant et a enseigné aux États-Unis. Millénariste, érudit avec un aspect hallucinatoire, Terra Nostra ce maître livre de Carlos Fuentes scrute pourtant le passé hanté par les fantômes de Charles Quint, Philippe II et Charles II, dit l’«Ensorcelé», facette d’un personnage unique : le Monarque Éternel de toutes les Espagnes. Don Quichotte et Don Juan retrouvent dans ce chef-d'oeuvre une jeunesse commune, tandis que Jeanne la Folle continue à traîner le corps momifié de son bien-aimé époux d’un couvent de Castille à l’autre. Autour d’eux, une foule de figures-collages nous restitue l’histoire en même temps que le mythe : chefs du soulèvement paysan des «Communos», inventeurs d’hérésies, artistes et criminels, saints et fous de la mémoire vécue ou imaginée du monde hispanique. Il y a Célestine, violée par le Souverain le jour de ses noces, qui réapparaît – les lèvres tatouées, fille d’une louve et du Malin, compagne des trois bâtards marqués du sceau de l’Usurpateur, dont l’un fera le voyage initiatique vers les volcans du Nouveau Monde, comme nous allons le faire dans cet extrait :

 

La place Tlatelolco s’emplissait de vie, d’agitation, de bruits, de musiques, de mille menues activités souriantes; certains donnaient forme à l’argile avec leurs mains, d’autres tissaient le chanvre, d’autres encore dansaient et chantaient; les orfèvres façonnaient avec art et habilité d’amusants jouets en argent : un singe qui bougeait la tête et les pieds et qui tenait dans la main une quenouille qu’il semblait filer ou une pomme qu’il avait l’air de manger; de patients artisans qui posaient et fixaient plume après plume, examinant chacune sous tous les angles pour voir si elle rendait mieux dans le sens du poil ou à contre-poil ou en biais, à l’endroit ou à l’envers, et qui avec une perfection extrême fabriquaient tout en plumes d'animal, un arbre, une rose; des enfants assis aux pieds de vieux maîtres; des femmes allaitant des nourrissons, d’autres préparant les nourritures du pays – la viande de cerf ou de daim, de lièvre, de taupe, du poisson – qu’on mangeait toujours enveloppées dans ce pain à pâte molle, rond et plat comme une omelette, au goût de fumée; des scribes, des poètes qui récitaient d’une voix forte ou tranquille des choses sur l’amitié, la vie brève, les joies de l’amour, le plaisir des fleurs; je sentis leurs voix toutes proches, j’écoutai ce matin là, mon dernier matin, leurs mots épars :

 

Mes fleurs ne cesseront…

Mon chant ne cessera…

Je l’élève…

Nous aussi nous élevons des chants nouveaux ici…

Les fleurs nouvelles sont elles aussi entre nos mains…

Grâce à elles nos amis se réjouissent…

Grâce à elles notre tristesse se dissipe…

Je réunis tes chants, j’en fais un collier d’émeraudes…

Pour t’en parer…

Sur cette terre ils sont ton unique richesse…

Mon cœur s’en ira-t-il aussi solitaire que les fleurs périssent?

Mon nom ne sera-t-il plus rien un jour?

Au moins les fleurs, au moins les chants…


Le vieillard me regarda écouter et regarder. Et lorsque enfin je tournai les yeux vers lui, en un sentiment mêlé de joie et de tristesse, il me demanda :

  

Tu comprends?


Nous sommes à la veille de l’an 2000… de l’Amérique latine, il ne reste que terre ravagées par la publicité ou par des génocides et quelques réfugiés témoins de ce que fut la culture d’un continent. La Seine bouillonne, les flagellants investissent Saint-Germain-des-Prés. Des tours de Saint-Sulpice s’élèvent les fumés de l’holocauste, tandis que sur les quais les femmes de tous âges accouchent d’enfants mâles, tous marqués du sceau de l’Usurpateur : croix de chair sur l’omoplate et six orteils à chaque pied. Dans Terra Nostra, Carlos Fuentes se penche sur la naissance, la passion, la mort et la modification de la civilisation commune à son continent. Abolissant toute chronologie connue au profit du temps réel qui contiendrait tous les temps, Terra Nostra est le livre des cercles, des spirales convergeant en un seul lieu. Et ce n’est pas un hasard si Carlos Fuentes situe le début et la fin de son récit à Paris – Paris fut pour lui ce point exact de l’équilibre moral, sexuel et intellectuel entre deux mondes qui ont fait notre malheur… l’anglo-saxon et le latin.     


Terminus !

 

Nous avons fait le voyage de Terra Nostra avec Carlos Fuentes pour lui rendre un dernier hommage, chose que je vous invite à faire davantage, peut-être que Terra Nostra sera à l'avenir «l'unique» parmi vos livres de chevet ou tout simplement l'un de vos coups de cœur. Un roman qui nous invite à une profonde quête de notre personnalité cachée. Un roman gigogne, où tout est signe, symbole et allégorie… On descend à la station de métro Université de Montréal, troisième arrêt de la ligne bleu, en direction de Saint-Michel à partir de Snowdon. Et nous allons laisser partir Carlos Fuentes dans son voyage sans terminus et sans arrêt. 

 

Merci d’avoir fait ce petit voyage-lecteur avec NOUS !

 

ADIEU CARLOS FUENTES !

 


Thélyson Orélien

blogueur, chroniqueur, poète      

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Rédigé par Parole en Archipel par Thélyson Orélien

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Publié le 17 Mai 2012

Université de tous les savoirs

LA PAROLE POÉTIQUE 

   Refexion d'Yves Bonnefoy sur la poésie

    http://img.radio.cz/pictures/spisovatele/bonnefoy_yves1x.jpg "Notre poésie est une terre verbale et j'en suis l'héritier "


Résumé


.
LA PAROLE POÉTIQUE

 

Une réflexion sur la poésie, ce quelle est, ce qu'elle devrait être. Existe-t-il une unité de l'objet de cette réflexion, unité qu'il est nécessaire de rappeler, d'indiquer ? Il est certain que sous ce nom de « poésie » se présente, à nous qui les reconnaissons sans hésiter, des oeuvres ou des actions d'apparences souvent diverses ou contradictoires. Quelle ressemblance y a-t-il entre un poème de François Villon, où un coup de dé n'a jamais aboli le hasard, entre la majesté sereine du texte de l'Odyssée ou les cris d'Antonin Artaud. Beaucoup de façons donc d'être poète, beaucoup de pensées qui ne se raccordent pas. Si cela avait été Rimbaud qui se fut donné la tache devant ses contemporains de définir la poésie, il aurait pris appuie sur la révolte, sur la dénonciation des hypocrisies et des démissions de la société, il aurait défini le poème comme une transgression des valeurs et des habitudes qui emprisonnent et appauvrissent la vie des individus. Si cela avait été Mallarmé, qui forma ce même projet, et il s'y livra d'ailleurs, il aurait au contraire porté ses yeux aussi loin que possible de la personne particulière.

 

Les formes de la poésie diffèrent vraiment à l'extrême à première vue, mais constater cela ce n'est nullement cautionner l'idée d'une pluralité de l'intuition poétique. Le langage est un monde presque infini, il passe par nombre de voix. La pensée et le sentiment peuvent cheminer vers un même centre. Il ne faut pas oublier non plus les circonstances historiques qui imposent aux poètes des priorités bien vite changeantes dans l'appréhension des urgences et l'interprétation de la société. Toutefois, il existe au sein de notre parole une expérience fondamentale enracinée si profond sous l'emploi des mots qu'elle peut assurer une spécificité authentiquement commune aux manifestations de la poésie.-



Auteur


bonnefoy yves1x  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Yves BONNEFOY

 

 

 


 

Statut


- Professeur au Collège de France.

- Poète.

- Diplômes - Licencié ès-lettres,

- Diplômé d'études supérieures de philosophie.
- Parcours - 1981 : Professeur au Collège de France.
- 1979-1981 : Professeur associé à l'Université de Province.
- 1973-1976 : Professeur associé au Centre Universitaire de Nice.
- 1969-1970 : Professeur associé au Centre universitaire de Vincennes.
- Prix Commandeur des Arts et Lettres.

- 1995 : Prix de la Fondation Cino-del-Duca.
- 1993 : Grand Prix National de poésie.
- 1987 : Grand Prix de la Société des gens de lettres ;
- Grand Prix Florence Gould de l'Académie des Beaux-Arts ;
- Bourse Goncourt de la poésie.
- 1981 : Grand prix de poésie.
- 1978 : Prix Montaigne.
- 1973 : Lauréat de l'Académie française.
- 1971 : Prix des critiques.

 

 YvesBonnefoyPoemes.jpg

 

Sources :

Canal U - Vidéothèque Numérique de l'Enseignement Supérieur 

 UTLS - Université de Tous les Savoirs

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Rédigé par Parole en Archipel par Thélyson Orélien

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Publié le 17 Mai 2012

les-Iles.jpgIl fallait bien attendre  un soir de lune pleine, pour évoquer la poésie que contient : « Les Iles en Accent Aigu » recréent par un poète de 26 ans. De sa Caraïbe natale il a emprunté la chaleur, l’intensité de la vie, et son livre vibre. Comme un chant d’amour, musique première de l’humanité. Mais prenons garde à la définition qu’en donne l’auteur dans son exergue :


« Je ne t’aime pas pour t’aimer

Mais pour  m’aimer en toi » 

 

Sommes - nous en présence d’une œuvre narcissique? Non, car dans le miroir d’eau où le poète se penche, c’est bien le sourire d’un visage féminin qui se dessine. Anderson Dovilas nous retrace son voyage en pays d’amour, avec tant de force et d’imagination qu’il le place d’emblée parmi les récits les plus prenants du genre.


Il mêle avec art la violence à la douceur, les eaux dormantes aux tempêtes des corps et des âmes. Dans chaque poème il libère les formes et la matière pour les recomposer dans un univers d’idéale beauté. La sensualité naît sous sa plume, et l’érotisme nous emporte dans un océan de plaisir :

 

«  Nos souffles

Emphases d’extases

Bercent la rivière prise au piège

Dans nos draps fétiches  d’orgasmes »

 

Cependant Anderson Dovilas, replace ses textes sous un éclairage métaphysique :

 

« Parce qu’aimer c’est vivre l’amour de l’autre

Comme un exemplaire de soi  »

 

Amour-miroir, amour gémellaire, désir d’identification et d’union absolue, sont peut-être les aspirations essentielles et souterraines du poète. Les ardeurs de la passion, la jouissance, le plaisir, malgré leur intensité, ne sont que des états sublimés, qui appartiennent malgré tout au domaine de l’éphémère. L’extase ne dure qu’un moment, nous le savons ! Désespérément nous cherchons à prolonger cet instant.

 

De cette quête douloureuse surgissent des météores, des fusions d’étoiles, des comètes striant l’espace de glaces brûlantes :

 

«  Je viendrai corps et âme

Dans le cosmos averti

De l’envie d’être un être

Obèse de galaxies. » 

 

Mais les riches heures d’Anderson Dovilas recèlent également toute la douceur du monde. Ainsi les mots qu’il adresse à son petit frère Stanley :

 

«  Il est aussi vrai qu’il y a des jours

Où il ne fait jamais jour

Et des nuits qui ne se ferment jamais

Il faut dormir petit frère …. »

 

Le poète est un tendre….de ce livre il faut retenir la beauté, œuvre d’un enchanteur au lyrisme parfois biblique :

 

«  Nul vin n’est comparable

A celui de tes lèvres

Dans la communion

De nos étreintes. » 

 

La beauté épousant les folies de la passion, une écriture riche, originale,  teintée parfois de surréalisme, servie par un talent qui ne cesse de s’affirmer font d’Anderson Dovilas un auteur d’avant-garde, marqué par le souffle de l’ange.

 

                                       

                                                      Denise Bernhardt 

                                                     Montmorency le 6 Février 2012

 

 

Poète aux îles multiples --- Avec Les îles en accent aigu, Anderson Dovilas nous propose par la magie de ses images, la musicalité de ses vers, une complicité avec le perpétuel dédoublement des îles qui l'habitent et qu'il habite à son tour comme par réciprocité. Le caractère insulaire de ce recueil n'échappera pas au lecteur, poésie où chacun est une île et chaque île une autre, poésie où les îles crèvent d'amour sans accent, sans acte de sang qui circonflexe le quotidien du poète, à aiguiser à bras ouverts des phrases en liquéfaction.---

 

Fred Edson Lafortune,

auteur de «En nulle autre» - Le chasseur abstrait éditeur



 

Fiche :

 

  • Titre : Les îles en accent aigu 
  • Auteur : Anderson Dovilas
  • Broché: 130 pages
  • Editeur : Le chasseur abstrait éditeur (15 novembre 2009)
  • Collection : LETTRES TERRES
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 978-2355540714

 

Lien : Pour Achetez le livre

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Rédigé par Parole en Archipel par Thélyson Orélien

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Publié le 15 Mai 2012

 

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Parole en Archipel, sera de présentation au Féstival International BlogWord & New Media Expo 2012 à New York les 5, 6, et 7 Juin 2012 par le biais de ses hébergeurs, avait-on appris. Les Fondateurs d'Overblog, (la plate-forme qui nous héberge chez elle), en préparation pour la conférence BlogWorld de New York, nous ont écrit dans le but de réaliser une étude qui a durée quelques minutes afin de mieux comprendre les bonnes pratiques et les bons outils qui mènent au succès (audience, influence) de Parole en Archipel, arrivant à date (de 2008 à 2012) avec la mention de l'un des blogs les plus influents sur Internet en Europe et en Amérique... Parole en Archipel est animé par Thélyson Orélien, (Directeur de la publication et de la conception), Fabian Charles (Directeur de la rédaction), Anderson Dovilas (Conseiller éditorial), Emmanuel Vilsaint-Veguy et Fortestson 'Lokandya' Fenelon. Nous profitons de l'occasion pour remercier : visiteurs, amis, auteurs et lecteurs.


Bon vent Parole en Archipel !



 Extrait de la Lettre de nos hébergeurs


 

                                                                                                    Lundi 14 mai 2012, 18h13

 


LE SECRET DES MEILLEURS BLOGUEURS/INFLUENCEURS SUR LE NET

 

 

À Thélyson Orélien, blogueur

pour le compte de Parole en Archipel http://www.paroleenarchipel.com/

 

 

 

Cher blogueur,



Nous réalisons une étude auprès des personnes les plus influentes sur Internet en Europe et aux Etats-Unis, dont vous faites partie. Il s'agit de mieux comprendre les bonnes pratiques et les bons outils qui mènent au succès (audience, influence).


Nous comptons sur vous : Répondre à cette étude (...) vous prendra (...) minutes.

Nous vous ferons parvenir les résultats en avant-première, et nous présenterons pour la première fois les conclusions lors de la conférence BlogWorld à New York le 6 juin.

 

 

 

Julien, Fred et Gilles, 
fondateurs d'OverBlog


BlogWorld-2012NY-2013LV-Deck-preview-e133485508828-copie-2

 

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Rédigé par Parole en Archipel par Thélyson Orélien

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Publié le 14 Mai 2012

Très beau souffle avec qui Parole en Archipel a fait l'heureuse connaissance.


http://www.imaginairedunord.uqam.ca/images/estellecambe.jpgEstelle Cambe a étudié à l’Université de La Sorbonne-Nouvelle où elle a fait une maîtrise sur René Char et la peinture avant d’enseigner les langues et la littérature. Nomade et poétesse dans l’âme, elle a vécu en France, voyagé en Angleterre et en Espagne pour en rapporter principalement les humeurs de ces nations et leurs façons, et pour frotter et limer sa cervelle contre celle d’autrui. En 2011, elle a soutenu une thèse de doctorat à l’Université du Québec à Montréal sur la Postérité de Louis Riel ou l’émergence d’une littérature de l’Ouest canadien dans la francophonie nord-américaine. Elle a publié plusieurs textes, notamment des articles dans des revues universitaires françaises et donné des conférences au Manitoba et au Québec. Tout en poursuivant ses recherches postdoctorales en anthropologie sur l’identité des Métis, elle s’intéresse de près au bouillonnement littéraire montréalais et contribue à la vie culturelle. 

 


 

Transe et mirage

 

mot à mot

je libère les syllabes

un mouvement incessant

me pousse à onduler des ailes

 

aurore

 

à l’ombre d’un pavé

je compte les lézards

qui nous séparent

je les devine qui s’affolent

 

agitation

 

tes yeux incendiés par le vent

ont percé mon aquarium

je suis un poisson volant

 

obsession

 

cent fois j’attrape ton visage

cent fois je reviens à ta personne

ne désire s’éterniser dans

la transe d’un mirage 

 

miroir

 

ta beauté en silence

retient mon mouvement

j’entends palpiter sous la pierre

un désir d’évasion

 

soeurs

 

je parle pour mes soeurs

mes soeurs de tempête

mes soeurs de joie

mes soeurs insoumises

mes soeurs sans frères

qui grandissent dans les rues

comme des ronces sauvages

 

 

entre les mots se cachent d’autres mots

brisés affamés suspendus à ton souffle

 

Estelle Cambe.-

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Rédigé par Parole en Archipel par Thélyson Orélien

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Publié le 9 Mai 2012

http://u.jimdo.com/www27/o/sab82ff30b53993fb/img/i34e71ddb49c9a8c8/1336341795/std/fran%C3%A7ois-hollande-le-nouveau-pr%C3%A9sident-de-la-r%C3%A9publique-fran%C3%A7aise.jpg

Les Français, en ce 6 mai, viennent de choisir le changement en me portant à la présidence de la République. J'en sais les exigences et à ce titre j'adresse un salut républicain à celui qui a dirigé la France pendant cinq ans. J'exprime ma profonde gratitude à toutes celles et à tous ceux qui ont par leur suffrage rendu cette victoire possible. Beaucoup attendaient ce moment depuis de longues années. Le changement que je vous propose doit être à la hauteur de la France, et il commence maintenant. Aux électeurs qui n'ont pas accordé leurs suffrages à ma candidature, qu'ils sachent bien que je respecte leurs convictions et que je serai le président de tous. Ce soir, il n'y a pas deux France qui se font face : il n'y a qu'une seule France réunie dans le même destin. Chacun sera traité dans la République à égalité de droit et de devoir. Aucun enfant de la République ne sera laissé de côté. Trop de rupture ont séparé nos concitoyens."

François Hollande.


31 ans après François Mitterrand, la Gauche Française revient au pouvoir en France, après une campagne électorale agitée entre les deux partis. L’électorat français a élu le dimanche 06 mai 2012 l'homme politique de gauche François Hollande pour diriger le pays. Après une longue carrière politique, mais sans n’avoir jamais exercé aucune fonction gouvernementale, Hollande est maintenant inscrit dans la liste des présidents français, élu à sa première candidature. Maniant un langage sérieux, précis,  parfois humoristique, il a su mener un très bon débat, et particulièrement dirigé contre Sarkozy durant la campagne électorale. D’ailleurs on se rappelle qu’il ne voulait pas prononcer le nom de Sarkozy sur France 2 dans l’émission Des Paroles et des actes en disant : « Parce que moi, je veux parler d’avenir, le passé ne m’intéresse plus.». Sûr de lui,  il prédisait la défaite de Sarkozy et de son clan tout en annonçant une autre présidence comme il l’a si bien précisé dans le débat « … Je suis ici pour préparer une autre présidence. ». De ce fait s’il est des sujets où il apparaît mature et rigoureux, sur d’autres il ne donne pas de réponse précise et flotte. Tandis que le président sortant maîtrisait très bien ces paramètres, et n’a pourtant pas mis l’accent sur ces points, lesquels sont très déterminants et très pertinents aujourd’hui. Tel a été le cas de Mirelande Manigat lors des élections 2010 qui se laissait gifler par sa propre main. Les erreurs de l’un contribuent toujours à la hauteur de l’autre de toute  manière.


Demandant à être jugé sur deux points au terme de son mandant : «  La justice et la jeunesse », François Hollande, semble t-il, va se lancer dans une bataille sans beaucoup de munitions. Parce qu’il est arrivé au pouvoir dans une Europe en pleine crise. Et conscient de ce grand défi, il s'est montré prudent en déclarant : « Je mesure l'honneur qui m'est fait et la tâche qui m'attend » dans son premier discours de président élu. Toutefois, la politique n’est pas une discipline hasardeuse, où l’on rentre pour s’excuser, ni non plus une science exacte dans laquelle les mêmes causes produisent les mêmes effets. Le nouveau président doit donc tâcher de construire son leadership jusqu'à se faire des amis ou des alliés. Ne tenant pas compte des votes blancs, et malgré la contribution des  candidats du premier tour ayant appelé à voter Hollande, 51% n’est pas un chiffre majoritaire. Que les Français s’affirment, car il a déjà des rendez-vous très sensibles et très proches sur le plan international, tels que : « des sommets internationaux (…) également à l'agenda : le G8 à Camp David (Etats-Unis) les 18 et 19 mai, un sommet de l'Otan les 20 et 21 mai à Chicago, le G20 au Mexique les 18 et 19 juin. »    

 

Anderson Dovilas 

Mai 2012

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Rédigé par Parole en Archipel par Thélyson Orélien

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Publié le 8 Mai 2012

http://www.ledevoir.com/images_galerie/d_102968_83768/image.jpg

© Les Indignés devant la Tour de la Bourse à Montréal, Place Victoria, photo Thélyson Orélien

  

Toutefois, en toute finalité, la prospective sociale doit aller beaucoup plus loin que l’on croyait. Car les hommes à longues cravates ne souffrent pas seulement de la manière que se fixe le temps, ses fluctuations, ses fixations, ses variabilités, ses instabilités, ou de la myopie, ils souffrent aussi d’une crise du culte de l’élite. Aussi si nous entendons saisir le contrôle du changement, nous devons révolutionner la façon de formuler nos objectifs sociaux.

 

L’afflux de la nouveauté dépouille de leur valeur les principales institutions - que ça soit l’État, l’Université, l’Entreprise, l’Armée, l’Église. L’accélération entraîne un renouvellement plus rapide des buts, elle rend les institutions plus éphémères. De leur côté, la diversité ou la fragmentation conduisent à leur foisonnement incessant. Pris au milieu de ces convulsions et de la multiplicité des choix, nous titubons de crise en crise, il nous arrive même d'être fatigués de l’avenir, dans la poursuite de fins désordonnées, contradictoires ou incompatibles.


Cela ressort avec évidence frappante des tentatives pathétiques pour imposer le changement à nos Cités. En l’espace de quelques mois nous avons été des témoins, parfois des victimes d’une succession cauchemardesque d’évènements ici et ailleurs, frôlant la catastrophe, passant du rire aux larmes, de l'émotion à la colère, de la révolte à l'incompréhension voire la peur. Crises économiques, Catastrophes naturelles, Crises politiques, Comédies démocratiques, Crises des indignés, que ça soit Printemps Arables dans le monde arable ou Printemps Érables dans le monde québécois – manifestations et longues périodes de Grève d’Étudiants et de Professeurs contre une Hausse des frais de scolarité,  ponctuées de drames parfois insoutenables. La liste est loin d’être complète.


Dans les institutions étatiques, qui sont toutes par milliers à travers les nations  avec des technologies avancées, les politiciens foncent l’extincteur à la main d’un foyer à l’autre, sans le moindre semblant d’un plan ou d’une ligne politique cohérente pour l’avenir des villes. Dans une réflexion entre moi et Fabian Charles, le poète et futur sociologue de Sorbonne me sort cette conclusion : «Mon cher Thélyson... Nous faisons face à un monde où la politique ne peut plus rien faire». Mais cela ne veut pas dire que personne ne s’occupe de rien, de la planification. Bien au contraire, dans ce bouillonnement social, les plans, sous-plans et contre-plans nous inondent de tout parts.


En l’espace de quelques mois, un mouvement de résistance sans leader avec des gens de sexes et de tendances politiques différentes a été mis sur pied dans les grandes villes du monde. La seule chose qu’ils ont en commun c’est qu’ils se réclament d’un 99% qui ne tolère plus la cupidité et la corruption du 1%. Pour beaucoup, il s'agirait d'un nouveau mai 68, ou encore d'une révolution à l'image de celles qui se sont produites dans les pays arabes. Le tout avec de la musique, en train de s'embrasser en organisant des campings.

Du romantisme révolutionnaire? 

  

Certes, il y a des abus de part et d'autre, seulement comment tous ces indignés comptent-ils faire sans la FMI, sans les organisations internationales qu'il prétendent échouer, sans les grands patrons, pour s'en sortir de la crise ? Je n'en veux pas aux riches pour leur richesse, ce n'est pas ce qui m'indigne le plus. Mon indignation est beaucoup plus humaine, beaucoup plus empathique, plus altruiste. Mon indignation, mon ras-le-bol, c'est cette indifférence meurtrière, les gaspillages du Nord face aux pénuries du Sud. Ça m'énerve ! Le problème ce ne sont pas les riches, le problème c'est le gaspillage. On oubli les vrais pauvres de cette planète. J'ai honte de le vivre, de le dire. Car notre Monde est un ballon qui ne tourne pas rond.


Nous connaissons des pays avec les vrais déshérités du sort, où l'indignation est non médiatique. Et contraire à ces pays qu'on n'arrête jamais d'appauvrir, de sucer jusqu'à la moelle tout au long de l'histoire, nous nous sommes retrouvés dans des lieux-dits où les prévisions sont énormes, les programmes débordent de toutes parts : prévisions de nouvelles autoroutes, de nouvelles routes, de nouvelles centrales, de nouvelles écoles, de nouveaux hôpitaux, de nouveaux logements, de nouveaux centres psychiatriques, de programmes d’assistance sociale qui s’accumulent, les bien-êtres sociaux qui se renforcent les uns les autres. Sans prétendre que tous sont sensés aller bien. Si ces prévisions et programmes sont tous rattachés de manière globale à une meilleure image de notre ami, L’Être Humain, pourquoi se plaint-il autant, pourquoi est-il à tel point indigné ? 


 

Thélyson Orélien

Université de Montréal, 07-05-2012 

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Rédigé par Parole en Archipel par Thélyson Orélien

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Publié le 7 Mai 2012

 

http://www.edkiro.fr/img/10004226-001/image/DELIRE_DE_CERISES_une.jpgNous avons le plaisir de vous annoncer la prochaine publication du Roman de l'écrivain franco-suisse Anick Roschi, intitulé ''Délire de cerises'' publié aux Éditions Kirographaires.-


SYNOPSIS :

 

Revenu Mondial Minimum


J’ai fait un rêve“ nous dit Martin. Le rêve d’un monde plus solidaire, exempt de misère, où l’homme serait – comme lui a prédit sa vieille mère Alberta – plus grand, plus beau. Investi par ce précieux héritage, Martin projette d’instaurer, dare-dare, un revenu mondial minimum pour tous. Pour accomplir un dessein aussi ambitieux, il s’en va solliciter ses amis les bêtes, les fleurs, les poètes, philosophes, économistes, artistes, saltimbanques et autres baladins.

Devant le miroir de sa salle de bain, un morse chamanique lui fait part de ses peurs. Dans une rame du métro parisien, une tulipe engourdie lui conte l’âge d’or de Harlem. À deux pas de la gare du nord, Edouar, grand patriote de la terre, lui déclame Cervantès dans sa chambre de bonne. Sur une feuille d’arbre, Lulu, un ravissant perroquet poicephalus lui raconte les enfants soldats de Monrovia. Au quartier latin, Dédé, Chevalier des Arts et des Lettres, l’invite à conspuer Deal Street avec son téléphone rouge. Sur le macadam, les voltiges du cirque lilliput Alexandar lui font tourner la tête…

Les délires sont des lieux imaginaires où les utopies peuvent s’engouffrer et parfois s’installer. L’auteur déambule, non sans ironie, entre réalité et fiction pour interroger nos utopies passées et implorer celles du futur. Il dédie ce livre à Svoboda et à toutes les libertés gardiennes de nos rêves.

Cette première édition dédicacée par l'auteur et numérotée, vous est spécialement réservée. Sa sortie est prévue au mois d'octobre 2012 mais vous pouvez d'ores et déjà l'acquérir en cliquant ici  pour bénéficier, en plus de la dédicace de l'auteur, du paraphe de l'imprimeur réservé aux 30 premières commandes.


http://a4.idata.over-blog.com/213x250/2/19/02/39/anickroschi.jpgAnick Roschi, né à St-Julien-en-Genevois en Haute-Savoie, est un écrivain d’origine franco-suisse. Après avoir travaillé longtemps comme animateur dans le secteur associatif, il se consacre maintenant à l’écriture. En 2007, il publie un premier recueil de poésie ''Le voyage des ombres'' 
aux Éditions Du Cygne et participe au printemps 2010, avec de nombreux auteurs des Caraïbes et du monde francophone, à l’ouvrage caritatif ''Pour Haïti'' édité par les éditions Desnel. Avec ''Délire de cerises'', satire sociale originale et totalement décalée. Anick Roschi signe son deuxième livre.

 

 

 

Parole en Archipel.-

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Rédigé par Parole en Archipel par Thélyson Orélien

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