Publié le 28 Août 2011

 

10132_269686480229_777130229_9157765_7246651_n-copie-1.jpgLa question qui prélude à toutes les autres et qui n’est pas si facile à répondre est qui dirige le pays dans lequel nous vivons tous ? Haïti semble aujourd’hui plus qu’avant le 14 Mai en situation d’anarchie totale ou tout le monde s’improvise chef, ou chaque citoyen pense avec force et sans recul posséder plus d’autorité que son prochain, être d’un métier ou d’une classe différente de l’autre, pour remettre sans cesse en avant la question est-ce que finalement un lion ne serait-il pas supérieur a un éléphant ? Nous n’obtiendrons jamais réponse. Einstein dit qu’un problème sans solution est un problème mal posé.

La situation d’Haïti est encore plus complexe parce que nous ne savons pas qui pose mal le problème, et qui devrait le poser. Nous sommes tous coupables. Durant ces derniers mois, le président a tenté d’atteindre la racine de la faille, l’éducation obligatoire et gratuite pour tous, inspiré d’un article de la constitution de 1987 dépassée mais gardée par lui-même en éliminant l’amendement constitutionnel déclaré par le parlement en 2011. Qui bloque le pays ou plutôt qui cherche à le faire avancer ?

Dans la population les opinions sont mitigées, le dixième de la masse populaire ayant installé l’homme rose à la présidence sont assurés qu’il s’agit du parlement puisque le président désigne des premiers ministres et qu’on les rejette parce qu’ils ont oublié que l’amendement constitutionnel des parlementaires avait été rejeté par l’exécutif et que ce dernier avait promis qu’il allait se battre contre tous les rats de la politique qui sont sur la scène depuis vingt-cinq ans. Nous assistons à une guerre fratricide. 

Pire, le pays ne se sent même pas bloqué, les haïtiens se sentent dans une continuité qui dure à n’en plus finir et que leurs récents votes a deux tours ont été oubliés. Le spectacle est ennuyeux, on ne pourrait même plus parler de théâtre puisque les mêmes acteurs continuent ce même jeu à somme nulle comme l’a titré un valeureux éditorialiste. Si nos leaders ne nous éclairent pas comme l’aurait espéré Platon, qui nous sortira de l’intense black-out dans lequel berce la capitale et le reste du pays sujet aux viols et aux kidnappings sous les tentes. L’exécutif ne fait rien, quand nous disons exécutif nous ne parlons sûrement pas de la présidence puisqu’elle n’a aucun pouvoir, le gouvernement démissionnaire qui gère les affaires courantes est intouchable puisqu’ils ne devraient pas être à leur place. Le problème c’est nous semble t il encore qui avons mal voté. 

Il y a une solution ! C’est que nous plaçons des gens compétents au dessus de nous. Mais cela tout le monde le sait mais nous refusons de le faire parce qu’émotionnellement chacun de nous ne décide pas de se considérer dans une logique patriotique égal au cireur de chaussures pas économiquement mais au moins environnementalement. Quand une majorité de la population est absente du processus politique ce sont les anciens qui demeurent ou les nouveaux corrupteurs qui s’immiscent. Ce pays ne se développera pas dans aucune autre voie que la politique pure parce que c’est la que complotent la mafia et qu’il faudra la faire disparaître. 

La ratification du gouvernement ne changera rien à la cause de la présidence puisqu’elle a déjà son propre avion garé dans notre aéroport désastreux et qu’elle voyage pour refaire l’image d’Haïti à l’étranger prenant l’international pour des dupes et des complices au marketing. Aujourd’hui le rôle de la présidence est de prendre en charge le gouvernement actuel mais elle préfère s’abstenir puisqu’elle avait fait des promesses trop clairement irréalisables comme l’éducation obligatoire et gratuite au début du mois de septembre. Mais aujourd’hui les parents se plaignent du coût élevé de l’éducation, les prêtres et pasteurs se plaignent de la destruction de leurs églises et de l’immoralité de leurs fidèles, les parlementaires se plaignent des campagnes antiparlementaire en s’abstenant de voter pour ou contre le changement, une population absente a son propre développement, qu’est-ce qui reste après tout, le repli doctrinaire, les même actes passées, S.O.S leadership ! J’ai décidé d’être un jeune politicien.

Nous ne savons pas encore qui dira non au bluff, de celui qui a annoncé avoir eu dix-huit sénateurs dans son camp et une majorité de députés pour les prochains débats, à ceux qui ont décidé de retourner d’Afrique du sud pour traiter d’éducation, aux perdants électoraux qui n’ont jamais démontré leur capacité de meneur de jeu. Aucune majorité au sein du parlement, aucune majorité parmi l’exécutif, aucune majorité au sein de la population qui s’exprimera peut-être dans les urnes en fin d’année, d’élections qui se dérouleront, osons le croire avec un conseil électoral en fuite, dont trois membres devraient être de façon permanente nommés par l’exécutif.

Certains disent qu’un homme ne peut pas changer une nation. Mais pour débloquer ce pays il ne faudrait qu’un homme impartial capable d’unir les deux camps jouant les enfants indisciplinés, un homme compétent nommé par la majorité politique c'est-à-dire celle du peuple, et qui n’a pas les mains liées pour donner répit aux actes passées et garantir les deux camps qu’il ne s’agit uniquement que de leurs actes présents. La stratégie n’est pas un mot négatif, il s’agit simplement de braver sa peur interne pour aller négocier avec les mains cachées derrière les pierres. Il y a-t-il une carence de nègres ici ? 

Fabian Charles

 

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Rédigé par Parole en Archipel

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Publié le 26 Juillet 2011

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Poèmes déshabillés suivi de Fragments de voix

Par Thélyson Orélien

Format : Roman (134x204)

Nombre de pages : 76

Disponibilité : En stock

 ISBN : 9782812159077

 Préface de Arnaud Delcorte 

Format de l'ouvrage Prix Quantité
Livre Papier 
12,50 €
Livre PDF 
4,90 €

 

 

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Résumé

Thélyson Orélien nous offre la nudité du verbe. Avec une douceur de ton et de forme, il nous emmène à travers les pleins et les vides du corps qu'il prétend magique. Dans un pays qui ne finit pas de vivre au rythme des séismes, des cyclones et des dictateurs, il reste encore une place pour l'humanité et l'amour ; la vie ne sera jamais éradiquée. A partir de là, l'auteur nous entraîne dans un voyage immobile mais (in)augural vers la lumière. Et c'est à travers ses poèmes que Thélyson Orélien nous exprime du plus profond de lui-même ce désir d'être, ce désir de vie auquel aspirent les hommes au-delà de la violence.

Biographie de Thélyson Orélien

196595 1925004129120 1362648657 2273778 4744284 nPoète d'expression créole et française, Thélyson Orélien étudie au département des Sciences Économiques et Politiques de la Faculté de Arts et des Sciences de l'Université de Montréal. Il se définit lui-même comme auteur-indépendant. Né un 23 Mai après la dictature des Duvalier en Haiti, il commença dans la chanson pour ensuite s'adonner à l'écriture poétique. Thélyson Orélien a publié en collectif aux Editions de l'Hèbe « Les couleurs de ma terre » qui lui a valu le Prix Interrégional Jeunes Auteurs PIJA. Finaliste du Prix Arthur Rimbaud de la Fondation Emile Blémond pour « L'ombre qui colle à mes pas » . Certains de ses textes sont parus dans plusieurs revues et anthologies, dont « La Nouvelle anthologie de la jeune poésie d'aujourd'hui » de la Maison de Poésie de Paris, dans « Le Persil » journal littéraire avant-gardiste de la Suisse romande, dans « DiptYque », revue belge, dans le collectif « Ancre des dattes » aux Editions Page Ailée et dans l'Anthologie « Poètes pour Haïti » paru chez l'Harmattan.­

Informations sur l'ouvrage


Collection Collection Tremplin
Langue Français
Par thème Poésie
Auteur Thélyson Orélien
Livre Papier 
Nombre de pages 76
ISBN 9782812159077
Livre PDF 
Nombre de pages 76
ISBN 9782812159077

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Rédigé par Parole en Archipel

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Publié le 25 Juillet 2011


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Il faudrait lire ces poèmes les yeux mi-clos pour que les images qu' ils nous livrent ne puissent s' évader de nos paupières, mais au contraire, descendent au plus profond de nous-mêmes.

" Dans l' étoffe,
tous nos gestes froissés sont devenus des signes.
Ton sourire même est intérieur,
Peut-être enfin libre de m' atteindre."

Il faudrait les lire à voix basse ou mieux que quelqu' un ( un ou une complice ) les lise pour nous à voix basse comme nous parviendrait une mélodie qui nous envelopperait afin de ne plus l' oublier.

" Rien
de notre silence
n' atteint cette guitare
qui de très loin se tait. "

On croit pour excuser notre paresse que les poètes ont tout dit, alors que leur miracle est qu' ils ont toujours quelque chose à dire, car dire est leur raison d' être, leur façon de refaire le monde à partir de l' instant qu' ils sont seuls capables de saisir.

" Nous nous souvenons 
de l' émotion d'un quartz,
de l' éclat d' un mica. "

Mais si ...

" Chacun
a dans son coeur
un cercle de lumière
et sa part de sable
à l' ombre des enfants
qui nous rejoignent 
en baisers doux. "

il faut laisser le désir monter et jaillir en vagues irrésistibles, précédé par ces
" sentinelles " du silence, sans qui rien n' est possible.

Voilà pourquoi, je ne me lasse pas d' écouter ces poèmes et de les découvrir à chaque fois comme si je ne les avais jamais lus.

ANDRE VINAS
Ecrivain
Mas Catherine. Argelès-sur-Mer.France. Juillet 2011.

 

 


Repère: Issue de deux mondes culturels, l'occitan et le catalan, Martine Biard, née à Toulouse, est une auteure française. Elle vit et travaille dans le sud de la France, entre Hautes Corbières et Petite Camargue.  Ancienne élève de khâgne, elle est devenue enseignante après une spécialisation en histoire moderne et en poétique contemporaine. Ancienne formatrice en communication, elle poursuit aujourd'hui une activité de conférencière. Son livre Le Bestiaire charnel a obtenu la Reconnaissance Littéraire francophone au XVIIIe Concours international 2010. Son écriture s'exprime dans plusieurs genres : poétiqueromanesquehistorique et spirituel. Elle est notamment l'auteur d'un cycle romanesque, d'un recueil et d'une anthologie personnelle de poésie (1977-2007), et de témoignages spirituels.



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Les Sentinelles du désir.                                                                                                                    

 Martine Biard. Mars 2011.                                                                                                              ISBN:978-2-919155-05-7                                                                                                                      Editions Grau-Mots                                                                                                                            (Le Grau-du-Roi : 04.66.51.91.97 ou gros.nathalie@free.fr)

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Publié le 12 Juillet 2011

 

Denise Bernhardt, poète, membre de la Société des Gens de Lettres, Sociétaire des Poètes Français (déléguée pour Haiti) ainsi que membre du Pen Club Français, et Yves Romel Toussaint, poète - viennent tous deux de voir paraître un recueil en commun  La face double du rêve publié chez les Éditions Le Vert Galant, préfacé par l'Écrivain Josaphat Robert-Large et illustré par Michel Bénard : Un dialogue épistolaire entre une Française et un Haïtien sous la forme de poèmes lyrico-sociaux.

 

 

( format 14 x 21 cm - 78 pages )

 

 



Extrait de la préface de Josaphat-Robert Large

 



Les échos de la correspondance

 


Les échos de la correspondance nous parviennent pas petits nombres de sons, de paroles, de cris, en provenance de deux points de la planète. De deux contiageant dans une voie où nents, pour être plus précis. Ils arrivent, s’échappant des poèmes de deux poètes, avec pour but de faire exploser un feu d’artifice d’échos de thèmes, pour le plaisir des passionnés de la poésie. Ils arrivent, porteurs de fragments de deux cultures, en s’engs’expriment deux voix, sur le terrain d’écriture de la langue française.


L’échange avait au prime abord posé deux conditions : que les épistoliers soient francophones avant tout, et poètes ensuite. Ces conditions remplies, les échos de la correspondance se sont éparpillés à partir des textes remplissant la double face d’un rêve fait en commun. Textes écrits en français, comme on parle cette langue dans son berceau de la Métropole, et aussi, comme on l’utilise en Haïti : cette île où le créole demeure incrusté dans les fibres de la culture du peuple, au point que fort souvent, des bribes de phrases créolisées font inopinément irruption, dans le courant d’une conversation que mène un Haïtien avec d’autres francophones.

 

Yves Romel Toussaint est haïtien et Denise Bernhardt française. Ils parlent la même langue. Les deux sont poètes. Mais le langage de Toussaint porte une empreinte brunie par le soleil, et c’est ce qui permet à l’îlien d’écrire des mots qui, fort souvent, veulent dire une chose dans la première langue, et une autre dans la seconde (mots rangés, p. 44, maîtresse des eaux, p. 38, Erzulie qui danse, p. 48). Les auteurs savent cependant produire des échos poétiques qui font de ce recueil « La face double du rêve » une source d’amour unique en son genre...

 

 

 


Mon poète


on âme est une aube dormante
Où glissent des baisers
Et des caresses roses,
Quand saupoudré d’or
 

Tu butines les calices
Qui s’ouvrent devant toi.
Parfois des améthystes
Embrasent ton regard effaré
Des hantises qui rodent
Aux portes de ta vie.

Vient l’heure
Où parmi les voix ensorceleuses
De femmes oubliées
Une déesse folle
Criant ton nom
Meurt de soif auprès de la fontaine.

© Denise Bernhardt

Extrait du recueil « La face double du rêve » aux éditions Le Vert-Galant

Ecrit par Denise Bernhardt & Yves Romel Toussaint… 

 


 

2_-20665443102131524D.pngDenise BERNHARDT: Née à Cannes le 24 Novembre 1942, Denise Bernhardt après des poèmes d’adolescence, ne commence à publier qu’en 1997. Plusieurs de ses recueils ont obtenu des Prix : Prix Aragon, Prix de la Fondation Blanchard, Grand Prix des Erotides, et Prix Pensieri in Versi en Italie avec Duccha pour La Vie en Marelle, parmi les plus importants. Elle est membre de la Société des Gens de Lettres, Sociétaire des Poètes Français et Déléguée pour Haiti, ainsi que membre du Pen Club Français. Elle intervient dans de nombreuses revues et journaux en France et à l’étranger.

 

 

Yves Romel TOUSSAINT, Né le 3 Août 1982 à Hinche en Haïti. Il a fait ses études secondaires au Petit Séminaire du Collège Saint-Martin-de-Porres, et au Collège Saint-Louis-du-Centre. Il est en deuxième année de Sciences Administratives à L`UNAP, de Hinche. Ses vers sont étudiés par l’animateur Jean Cajou, à Découverte Culturelle (World Vision Haïti, Plateau Central). Il est : Délégué régional pour les Arts de la Scène (Théâtre National d`Haïti) - Chargé des affaires politiques et culturelles des gouvernements scolaires en Haïti - membre de la Sté des Poètes Créolophones, présidée par Dovilas Anderson - animateur de l’émission « Culture Color » sur les ondes de RCI 98.9 FM (Radio Centre Inter Hinche).

 

 

Josaphat Robert LARGE (Préface), Né à Jérémie, Haïti, en Novembre 1942. Poète et romancier il a écrit en français, en créole et en anglais. Il est l’auteur de cinq romans et de quatre recueils de poèmes. Désormais à la retraite, il partage son temps entre Haïti et les Etats-Unis d’Amérique.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Michel Bénard (Tableau en couverture), Tout à la fois poète et peintre, Michel Bénard conjugue admirablement ces deux modes d’expression artistique et on finit par ne plus savoir qui du peintre ou du poète a composé les œuvres qu’il nous offre. Il faudrait presque dire qu’il utilise pour s’exprimer, les « mots de la peinture » et les « couleurs de la poésie », tant les deux sont étroitement imbriquées. On pourrait y ajouter la musique ! Vital Heurtebize, Président de la Société des Poètes Français.


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Publié le 9 Juillet 2011

 

58743_104786336249725_100001550778445_37629_699060-copie-2.jpg  « Je suis né aux Gonaives le 11 septembre d'une année imprécise, incertaine. Peut-être à cause de la mort du soleil, le jour de ma naissance. Ah, qui sait... » Valmy Yacinthe 


 


Quelle main faudrait-il pour prolonger ma soif


 

Quelle main faudrait-il

pour prolonger ma soif

et jusqu'où porter

le regard qui cherche

le silence

 

et la mer pour te nommer

abandonnant à la marge

ses ruisselants gestes

 

oOo 

 

Le ciel se noie dans mon verre

ton sexe interpelle le regard

cultive des promesses de cendres

dans le chant des éperviers

 

entre volupté

et désir inapaisé

de te posséser 

le regard s'attarde vertical

sur ton corps

 

oOo 

 

La cécité des miroirs 

prolonge la nuit

clame les sémaphores

 

le vent dessine son portait

sur un ruban de sable 

et la terre s'abandonne

à la vanité des fleurs

 

L'aube renaît

de ses promesses marines

 

Yacinthe Valmy

in: Ancre des Dattes, éds. Page Ailée: Port-au-Prince, 2008

 



Je me présente à vous



je me présente à vous

sans masque ni fard

toujours les cheveux crépus

les lèvres épaisses

les yeux tantôt d'un noir vif et éclatant

tantôt d'un rouge écarlate

et d'un nez digne de pouvoir humer tout le vent du monde

 

je me présente a vous

sans masque ni fard

sans bijoux ni vêtements made in Occident

je me présente a vous avec la joie et la gentilles de mon peuple


 

oOo

 

je me souviens de ce soir d'hiver

où tombait encore la neige

où quelques rares passants

s'évertuaient à regagner leur demeure

ou quelques automobiles transperçaient,

avec leur klaxon,

le paisible silence des lieux

où seul pourtant

assis, devant ma porte vitrée

 

je réclamais un peu de soleil,

venant de ma terre natale

pour réchauffer mon cœur si nostalgique...

 

Yacinthe Valmy 

New-york, décembre 2010

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Publié le 6 Juillet 2011

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wap pale de yon zèv literè, wap pale sou pale. Sa vle di ou pap refè trajektwa mo yo men wap rebobinen powèm yo nan entèpretasyon w. Pawòl yon powèt se yon konkèt. Yon konkèt fondamantal, paske san pawòl patap gen kreyasyon, san pawòl pyès egzistan patap sa li ye alekile. Mwen pale, kidonk, mwen sam ye a. Powèm nan kapab fondatè nan yon limit kote depi komansman sete li menm, epi kap toujou rete tennfas tout tan gen tan. Si tout mounn bliye sa, ebyen Anderson Dovilas ki konnen sa byen pwòp, vinn raple nou sa nan Liminasyon. « Powèm nan fè wonn tab la / Li retounen plen / Mak plim / Ribanbèl li pote a / Son diskou enfinitif / San viyèt. » Paske pwezi se nanm, powèt pa janm sispann fè eksperyans – se kosa l’ jwenn yon eksperyans enfinitif ki refè fondman nan kreyasyon an menm. Pandan lap inisye-l nan gran konkèt sa a, li kontinye ap inisye lòt kreyatè - nan yon gro mak pwèzi kreyolofòn.
 
Alèkile se yon tan malouk, yon tan kote anpil mounn derefize pwezi, epoutan, pwezi pap janm mouri, menm si tout mounn ta finn mouri nan tout dram. Menm si tou bagay vinn anmè kouwè fyèl nap toujou tande vwa powèt la nan tan an kap ale mennen vini. « Tande vwam / Tande syèl la / Kap fè retouch / Longè piwèt on sezon / Kap lakansyèl kòl / Bout pa bout / Nan pye on parantèz / Tande vwam / Lèl pou mwen / Tande syèl l / Kap bati yon fòmil / Tou lovyon Nan kouti latè » Avèk pawòl byen fèt, powèt la tankou yon achitèk kap konstri yon rèv ak imaj ki gen anpil fòs. Kap konstri yon pwofesi ki te gen pou-l akonpli.

Mo yo se kri nou pouse nan yon manyè pou nou ka desinen santiman nou nan tèt papye tan, pou nou ka demaske jwa nou ak lapènn nou, viktwa nou ak defèt nou. Mo Anderson Dovilas yo kanpe djanm nan lojik literè sa a. Yo ranje kò yo pou yo vin tounnen powèm ki deklame lavi. Powèm ki rakonte istwa lavi lòt yo tou « Powèm sa a pa pou mwen / Longè l' rive a se / Defen on istwa/ kap benyen sou chann mas » Powèm sa yo gen yon kote inivèsèl tou. Se powèm lanmou « Sevre wi cheri / Alfabè a santi bon / Son pèlebren k’te dim sa » powèm pou moun ki renmen DjanniLorènDaphta, Elsi elatriye. Powèm litijik « Siy delakwa /Ak yon balèn nan menl » ak powèm espiritèl « Fè silans / Gon tanbou kap pale / Pou lave / Lapriyè lèzòm / Lè tanbou pale / Zwazo reponn » Powèt la montre nou jenewozite li genyen ak anpati kè nan men, kè sansib pou tout frè-l ak sè-l ki viktim nan gwo evènman ki pa menm gen non epi ki dechalbore moun ki gen gro non, sal ta reve fè kont tout deblozay mal maske tankou goudou goudou douz janvye « M’anvi sere janvye / Lèl lap rive sou douz / Fè semèn nan sote jou / Lè lap tonbe madi / M’anvi betonnen lotòn / Anvanl dezabiyel / Dekoud sekous / Poul pa pase atè ».

Nan tout sans, yon powèt se premye atis, premye kreyatè, paske lap eksplwate yon premye resous sakre kise pawol, pwezi - pisans mo yo. Pawòl sovaj li rive aprivwaze pou transfòme tankou pawòl dous epi bèl pawòl pou tout moun ki konn valè pwezi. Pawòl ki grandi nan yon doub demach, kominikasyon kont silans. Yon demach konkirans. Mwen di konkirans paske nou anfas pawol yon powèt kap konbat tout silans kap asasinen valè nou, valè lang kreyol. Paske se sèlman pwezi, ekriti ki nan pawòl lang nou pale chak jou, ki kapab kwape move son silans la ap fè nan zorèy nou. Anderson Dovilas moutre nou sa nan Liminasyon. « Lèm kenbon kreyon / M’efase tout / Lamagarin entèlektyèl anndanm / Lèm kenbon kiyè / M’chifonnen vèb pou listwa / Se toujou yon plèzi / Poum wouze yon powèm / Lè liv mankon paj ». Powèt la pale nan ekriti lang pèp, ki se lang eritaj nou, li derefize pe. Li konbat tilititi, demagoji entèlektyalis, franko-foli ak pwezi nan lang zansèt li yo pou-l ka elimine tout silans, epi remete tout yon kilti an valè. 

Liminasyon, se yon nouvèl vwa nan pwezi jounen jodi a, ki kole pyese tout ti dram ayisyen. Se egzistans reyalite yon sosyete ki vinn tounen powèm. Soti nan Move tan pase pase nan Woulib rive nan Azoumounou pou ateri nan De pyew tout se yon pakou sosyetal ant sa ki ale ak sa ki vini, ant sa ki moute ak sa ki desann, ant sa ki vid ak sa ki plen. Powèt la fè limit jwenn ak sin, reyalite jwenn ak fiksyon. Nan enspirasyon powetik li, li derefize enpòtans gramè, ki souvan vinn pou jouke la kreyasyon. Yon pwodiksyon sans ak siyifikasyon. Sèl sa ki ka fèl kwè epi konfòte lektè a nan gran vwayaj powetik sa a, ke li kòmase ak sajès epi respè pou moun kap li « Lonè…» kote li eskprime rayisans li kont tout literati konfòmis « Powèm pa fèt / Pou korije / Enspirasyon an / Tou gramè » Yon rekèy ki kòmase ak yon manifestasyon volonte. Yon rekèy tout koulè lakansyè-l, se yon vwayaj ki antre nan karaktè esansyèl pwezi a ki dwe yon pawòl ki sanble ak sa moun pa janm repete, pa janm tande epi pa janm pale. Poul pa gen sèlman yon sèl ton, men plizyè rit ki egzije varyasyon ki pa janm fini. « Lè solèy la fin sekwe kòl / Mal  tabli yon projektè andanm / Pou ramase bri pye w / Sezon ap kalonnen / Se pa fòt mwen sim kagou nan non w / Men se konsa lwazim defile / Lè wap pase lwenm nan yon foto »

Liminasyon se yon sipriz, yon ti sous dlo kap koule epi jayi nan mitan vant yon dezè savann dezole, pou tout moun ki swaf bon pwezi kreyòl. Anderson Dovilasap chache yon transfòmasyon ak sa ki pi sal, poul ka re-banou li nan yon eta ki pi pwòp. Tankou Pierre Riverdy gran powèt frankofòn te di-l : Powèt la kapab moun ki plis melanje, nan tout moun ki egziste sou la tè, nan tout labou pwès lavi a, pou-l ka transfòme-l tankou yon bagay ki gen plis valè. Rekèy la òganize tèt li avèk sa nou ka rele yon konparezon, san konparezon, ki chak fwa, mete nou dirèkteman an kontak ak yon reyalite. « M’pason vigil / Bò on nway sigarèt / Powèm nan tonbe / Fas ba anba / On graj fresko / Pou glase potrel’ / Si gen powèm pou fè siwo / Gen graj pou sigarèt / Si gen vigil pou lafimen / Gen plezi pou powèt »

Ak mwayen mo yo, tankou yon pent taka itilize koulè oubyen yon mizisyen taka itilize son ak nòt, pwezi an kreyòl Anderson Dorvilas la itilize senbòl ak imaj, epi li vle yon espektak lide. Se yon kalite ki egal ak lespri. Nan pwezi sa a, ekspresyon reyalite vin bagay prensipal ki pentire ak imaj, ki enfòme lektè a, ki fè-l patisipe nan kreyasyon powetik la tou, egal ego ak otè a. An definitif, nou kapap di Liminasyon se yon pwezi ki gen anpil modènite, ke mwen salye espesyalman. Yon nouvo kado pou literati kreyolofòn jounen jodi a.

 

 

Thélyson Orélien
Monreyal, Fevriye 2011


Extrait:
Lorèn…

 
Lorèn gon emisyon
Nan pwent tetel’
 Pòs radyo a nan menm
Lè map fiksel’
M’ branchel’ sou bouch mwen
San repòtaj
Pou zanmim kap koutem’
Nan powèm sa a
Pa mandem ki frekans
Mwen se sèl oditè

  
"Liminasyon" d'Anderson Dovilas
Péface de Thélyson Orélien

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Publié le 17 Juin 2011


Dany Laferrière rejoint les écrivains haïtiens: Jacques Stephen Alexis, René Depestre, Jacques Roumain.

Windsor Klébert Laferrière, dit Dany Laferrière Écrivain canadien d'origine haïtienne (Port-au-Prince 1953).

Fils d'opposants au régime de François Duvalier (son père, maire de Port-au-Prince puis sous-secrétaire d'État au commerce et à l'industrie, était alors contraint à l'exil), Dany Laferrière grandit à l'écart de la capitale haïtienne, à Petit-Goâve, chez sa grand-mère (1957-1964). Celle-ci, qui marque son enfance de manière indélébile, lui inspirera le récit l'Odeur du café en 1991. Après des études secondaires à Port-au-Prince, il devient chroniqueur culturel à l'hebdomadaire Petit Samedi soir et à Radio Haïti, mais quitte précipitamment le territoire à la suite de l'assassinat d'un ami journaliste par les « tontons macoutes », sbires du dictateur Jean-Claude Duvalier (1976). Il relatera cette fuite angoissée en 2000 dans le Cri des oiseaux fous.

   Refugié à Montréal, il travaille dans différentes usines jusqu'à la parution de son premier livre, Comment faire l'amour avec un Nègre sans se fatiguer (1985, film de Jacques W. Benoit en 1989). Renouvelant ses lieux de résidence (Miami, New York, Montréal), il entame dès lors ce qu'il considère être son « autobiographie américaine » : la rédaction de dix romans à dominante biographique qui, dans son esprit, forment un livre unique explorant les questions de l'exil, de l'identité, de la pauvreté et de la violence (le Goût des jeunes filles, 1992, film de John L'Ecuyer en 2004 ; Cette grenade dans la main du jeune Nègre est-elle une arme ou un fruit ?, 1993 ; Pays sans chapeau, 1996 ; la Chair du maître, 1997 ; le Charme des après-midi sans fin, id.).

   Son œuvre composite et abondante (Vers le sud, 2006, film de Laurent Cantet avec Charlotte Rampling, id. ; Je suis un écrivain japonais, 2008), traduite en plusieurs langues et récompensée par de nombreux prix (l'Énigme du retour, 2009, prix Médicis), est l'expression d'un auteur sans frontières, nourri par l'Amérique au sens large et dont l'écriture entremêle librement sensualité et gravité. Également scénariste, il a par ailleurs réalisé Comment conquérir l'Amérique en une nuit (2004). : Larousse.fr


 
Marie NDiaye

Écrivaine française  (Pithiviers 1967).

Sous le signe de la précocité

Née d'une mère française et d'un père sénégalais, Marie NDiaye grandit dans une HLM de la banlieue parisienne avec son frère aîné (l'historien Pap NDiaye [la Condition noire, 2008], de deux ans son aîné) et sa mère, professeur de Sciences naturelles – son père étant retourné vivre au Sénégal, peu après sa naissance. Cet environnement familial, rare pour l'époque, fait inconsciemment de cette fillette très sociable une enfant différente, « décalée ». Peu entourée de livres, la petite fille se passionne cependant rapidement pour la lecture et, dès l'âge de 12 ans, se voue à l'écriture : « J'espérais qu'elle me sauve de la vie réelle et ordinaire qui me semblait terrifiante. Qu'elle fasse de moi quelqu'un de spécial, d'unique même. J'avais l'impression, enfant, d'être invisible. J'espérais, sans que cela soit conscient, que l'écriture me rendrait visible et me protégerait en même temps. »

   Marie NDiaye se passionne pour Marcel Proust et Henry James, mais aussi pour Joyce Carol Oates dont le roman Eux (1969) la bouleverse. Elle écrit abondamment et jette dans les mêmes proportions, jusqu'à juger un de ses romans « montrable ». Elle n'a que 17 ans, prépare son baccalauréat et se dit qu'« il faut [qu'elle soit] déjà écrivain pour ne pas être obligée de faire quoi que ce soit d'autre ». Elle envoie alors un manuscrit à trois éditeurs ; Jérôme Lindon, des Éditions de Minuit, le premier lui fait signer un contrat, dès la sortie du lycée. Quant au riche avenir sort en 1985 et Marie NDiaye, forte de l'idée romantique « de n'être qu'un poète », abandonne rapidement ses études de linguistique.

   L'écrivain Jean-Yves Cendrey, bouleversé par ce premier roman racontant les souffrances d'un lycéen vivant une histoire d'amour impossible, écrit à son auteur. Ils se rencontrent alors et ne se quittent plus, partageant désormais leur vie, leur regard critique et parfois leur plume (Puzzle, 2007). Pendant ses études, Marie NDiaye avait obtenu une bourse pour étudier à la Villa Médicis, à Rome ; depuis, le couple ne cesse de déménager de Paris à la Rochelle, de la Normandie au Bordelais ou encore à Berlin.

De la virtuosité linguistique à l'étrangeté

Marie NDiaye n'appartient à aucun groupe littéraire, et ne revendique aucune filiation, si ce n'est peut-être avec Franz Kafka, pour son goût de l'étrangeté qui s'insinue dans ses ouvrages. Son œuvre qu'elle qualifie « de jeunesse » est cependant empreinte de l'influence de Proust et de James : de longues phrases travaillées à l'envi, parfaites de classicisme. Ce style devient paroxystique dans Comédie classique (1986), roman composé d'une seule longue phrase qui se déroule en 124 pages. Aujourd'hui, Marie NDiaye a délaissé ces exercices de style, ces phrases difficiles et élitistes dont elle pense ne plus avoir besoin : « Je craignais beaucoup la banalité. Aujourd'hui, je me sens capable d'écrire de manière plus simple. »

   C'est avec son troisième roman, la Femme changée en bûche (1989), que l'étrangeté entre dans son œuvre. Dans son univers réaliste peuplé de gens ordinaires avec des vies ordinaires, dans des lieux ordinaires, font irruption des sorcières (la Sorcière, 1996 ; prix Unesco / Françoise Gallimard), du vampirisme, de l'irréalité : « J'ai toujours voulu écrire une littérature qui se situe à la fois dans la trivialité de la vie et dans un au-delà, une dimension qui transcende cette trivialité de chaque jour. » Pour elle, la littérature « peut transformer des histoires navrantes et tristes en récits tristes encore mais sublimés ».

   Depuis En famille (1990), dont l'héroïne recherche un hypothétique secret qui expliquerait le rejet qu'elle subit de la part de sa famille malgré son désir de s'y fondre, Marie NDiaye a trouvé la juste mesure de son œuvre. Au fil des pages, l'inquiétude, le malaise se font ressentir ; ses histoires semblent fondre la réalité davantage dans l'univers du rêve que dans celui du fantastique. La cruauté reste cependant au cœur de l'œuvre, poussant toujours les limites du supportable, à travers les thématiques de l'exclusion, de l'oppression, de l'humiliation et de l'étrangeté qui se veut monstrueuse, dérangeante. Elle tend à moins de sophistication de l'écriture, laquelle devient de livre en livre plus dépouillée, précise mais toujours élégante – et à la fin du recours systématique à l'étrangeté… qui laisse peu à peu sa place à l'« étrangéité », ce sentiment qu'ont les êtres d'être différents, décalés, seuls.

   Son roman Rosie Carpe, qui raconte l'errance d'une femme en quête d'un improbable bonheur, reçoit en 2001 le prix Femina. En 2009, Marie NDiaye connaît la consécration en obtenant le prix Goncourt pour Trois Femmes puissantes – triple portrait de Norah, Fanta et Khady Demba ayant en commun de s'élever contre les humiliations et la violence des jours. Également dramaturge (les Serpents, 2004), elle est par ailleurs la première femme de lettres à être jouée de son vivant à la Comédie-Française (Papa doit manger, 2003). Elle a aussi écrit pour la jeunesse (la Diablesse et son enfant, 2000 ; les Paradis de Prunelle, 2003 ; le Souhait, 2005) et a collaboré à un scénario sur l'Afrique avec la cinéaste Claire Denis (White Material, 2009).

   Les romans de Marie NDiaye, où la recherche de l'autre et la quête identitaire tiennent une place prépondérante, sont marqués par un sens aigu du dérisoire. On a parfois tenté, au nom de son origine paternelle, de la rattacher au mouvement de la négritude, mais elle a toujours refusé toute appartenance aux littératures négro-africaines. : Larousse.fr


 
     Mais heureusement, avec Dany Laferrière (prix Médicis 2009) et Marie NDiaye (prix Goncourt 2009) notre chère langue française prospérera. Non loin des écrivains, on pourra également apercevoir l’indigné Stéphane Hessel, Steve Jobs, le père d’Apple, David Cameron, le premier ministre britannique et Dilma Rousseff, la présidente brésilienne. Des mets caloriques pour un événement international, donc. Après quoi un peu de sport s’impose. Ça tombe bien, le tennis est à l’honneur cette année, avec l’apparition du joueur Rafael Nadal et des sœurs Serena et Venus WilliamEt comme tout gala très chic, le Petit Larousse Illustré a sa liste noire.  D’ailleurs, après quelques hésitations, Dominique Strauss-Kahn s’est finalement fait recaler.

     Pas moins de 3000 mots. L’édition 2012 du dictionnaire a pris du poids, c'est le cas de le dire: car entre la «chorba» (soupe servie le soir pendant le ramadan), le «gravlax» (spécialité scandinave à base de saumon cru mariné avec de l'aneth, du sel et du poivre) et la «caïpirinha», (cocktail brésilien à base d'eau de vie, de canne à sucre et de citron vert), le Larousse illustré n’aura bientôt plus, à ce rythme-là, de «Petit» que le nom. Mais il fallait bien un banquet pour accueillir les soixante célébrités intronisées cette année. Loin d’une plaisante «cousinade» (réunion de famille à laquelle sont conviés tous les cousins, quel que soit leur degré de parenté) de «papy-boomers» (membres de la génération des baby-boomeurs qui ont atteint l'âge de la retraite), l’événement devait être à la hauteur de ses convives.  Outre les sangsues dont on ne parvient pas à se défaire et les vipères médisantes, on  y croisera des «crocodiles». Le mot s’enrichit d’un nouveau sens, désignant désormais «une personne dure et impitoyable».

      Mais il y aura aussi des personnalités sympathiques. Henri Dès (pourquoi avoir attendu que son heure de gloire soit passée?), Nana Mouskouri (même question) et les Chedid père et fils assureront les intermèdes musicaux, tandis que Charlotte Gainsbourg et Leonardo Di Caprio donneront au Larousse des allures de tapis rouge. Cette présence américaine s’accompagne des inévitables anglicismes, «microblog», «ordiphone», «DivX » et autre «Smartphone».

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 Repères : Larousse.fr

 Source : link Fanny Espargillière

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Publié le 2 Juin 2011

À 33 ans, James Noël  a déjà publié 8 livres, édités chez différents éditeurs, essentiellement Vents d'Ailleurs, Bruno Doucey... Il est publié dans des anthologies chez Seghers. Ces textes sont lus par de nombreuses voix, Pierre Brisson et plus récemment Arthur H, mis en musique par Wooly Saint louis Jean, Robinson Auguste. Son tout dernier "Kana sutra" paraitra dans quelques jours aux Éditions Vents d'Ailleurs, ce parcours a valu à l'homme d'être le Futur Pensionnaire à la très convoitée Villa Médicis * (Académie de France à Rome). Nous avons sélectionné une de ces chroniques, publiée dans le journal Médiapart, pour marquer ce qui pourrait sembler une heureuse coïncidence.


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© Photo prise par Aude Perron en Nouvelle Calédonie  

J’aurais aimé vous parler de vaudou et aussi de ma soirée chez Micheline, une bénévole des hautes sphères du festival America. J’aurais aimé vous parler de la Négritude, un mouvement littéraire et politique  créé après la deuxième guerre mondiale par les intellectuels noirs  Léopold S. Senghor, Aimé Césaire, Léon Gontran Damas, Birago Diop, René Depestre pour ne citer que les plus connus. La Négritude, une Pensée en mouvement, avec des branches, des ramifications multiples, type Césairien, Senghorien. Damassien. J’aurais aimé vous parler de tout cela,  quand soudain est survenue une question qui a chamboulé tous mes plans, rendant ma chronique caduque. Anachronique, presque...

Enfin, ce n'était pas une question, plutôt quelque-chose del’ordre de la confidence. Dans le cadre du festival America ayant eu lieu à Vincennes entre le 23 et 26 septembre, j'ai eu l'occasion d’animer entre choses, un atelier d'écriture poétique pendant deux heures. À la fin de l'atelier, un participant a voulu me causer en aparté. Sa situation était des plus préoccupantes. Il voulait changer de métier. Rien n’est plus préoccupant que de vouloir changer de métier. Mais, dans ce cas précis, l’intéressé savait ce qu’il voulait faire, mais la finalité de ses motivations me paraissait suspecte. "Je compte abandonner mon métier,  m’a-t-il dit “pour pouvoir gagner ma vie en écrivant de la poésie". Il m’a demandé mon avis en précisant que j’ai de l’expérience en tant qu’auteur et que mon conseil pourrait l’aider. Comment répondre à une question si délicate sans décevoir ? C’est une question qui fait appel à mon éthique et moi je voulais lui parler d’esthétique...

Dessin de Pascale Monnin
© Dessin de Pascale Monnin

À l'expression ‘gagner sa vie’, j’avoue ne pas savoir trop quoi répondre. Personnellement, je ne gagne pas du tout « ma vie »  en écrivant de la poésie. L’ironie du sort, en parlant de la vie, c’est que je  n'arrive toujours pas à la perdre. C’est au moins quelque chose de gagné, ou plutôt de pas complètement perdu.

Comment gagner sa vie en écrivant de la poésie? J'ai répondu à X que la poésie peut être tout dans une vie, mais qu’elle ne permet pas de faire bouillir la marmite. Si la poésie s’opère en soi par combustion, le reste importe peu. Moi, je pense que ce n’est pas grave de griller sa vie pour sauver sa peau de poète.

J'ai pris l'exemple de Rutebeuf, Carles Brouard (poète haitien), de Rimbaud, d’Artaud et bien d’autres suicidés de la société qui ont construit une œuvre inoxydable dans la crasse. La liste est longue. Mais, je me suis rendu compte que j'ai parlé, peut-être  trop vite. "X" serait-il un révolutionnaire qui va tourner une fois pour toutes la page d’infortune de tous les poètes maudits ? À tort peut-être, je n’ai pas su prêter plus d’attention aux  préoccupations de X pour bien cerner, mieux discerner la formule magique. Il doit avoir un peu de raison et de bon sens pour voir d’emblée briller sa vie plus loin que l’horizon. Qui a dit qu’un poète doit mourir pauvre ?

J’ai raté ma chance en laissant partir mon interlocuteur sans lui accorder plus de temps pour conjuguer ses peurs et ses envies de poète qui voudrait avancer vers les filles, les poches pleines de poèmes et de frics.

Comment peut-on gagner sa vie en écrivant de la poésie? Je suis assis très inquiet sur la place derrière la mairie. Les fantasmes et les préoccupations de "X" me travaillaient comme un ténia. Sur la place, je voyais passer des enfants  suivis d’un couple d'adultes s’accordant à l’unisson pour conduire une poussette. Qu'est-ce qu'il y a d'enfants à Vincennes et parmi eux combien de comptables, de médecins, d'ingénieurs, d’interprètes, de libraires, d’architectes, de policiers, de gangsters ou de poètes futurs ?

Plus loin sur la place, je voyais passer une jeune femme sur de longues jambes, elle tenait d’une main un épagneul en laisse, et dans l'autre main, un  livre en très mauvais état “Les Fleurs du mal”. La jeune femme portait des lunettes noires, son épagneul la devançait de quelques mètres et elle tirait affectueusement la laisse pour rappeler l’animal à l’ordre. La jeune femme n’était pas belle pour un sou, mais elle avait du chien, avec son Baudelaire tout froissé dans sa main gauche.

Il y avait une telle gratuité chez cette femme et l’animal qui tournait autour d’elle, qu’ils étaient tous les deux comme dans un film muet réveillant chez le téléspectateur tous les silences demeurés enfouis depuis longtemps. Entre les deux, tout un pont de douceur. Une romance sans parole. Cette image volatile, saisie en un instant, a parfumé toute mon âme de poésie. Je quittais la place d’un bond pour écrire à X et lui dire que, peu importe où il se trouve, je suis devenu en un instant dans le sillage de ces deux complices unis dans leur bulle qui se dilue au loin dans l’air, le poète éphémère le plus riche du 21ème siècle.

James Noël 


 Le dernier " Kana sutra " de James Noël, chez Vent d'Ailleurs


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James Noël revêt ainsi ses multiples identités de poète, d’écrivain, d’homme, d’Haïtien, d’arbre, d’oiseau, de livre, celui qui, entre arrachement et enchantement préfère le déhanchement de l’âme. (On croit alors voir son stylo rouler des reins à la cadence de ses vers !) C’est aussi celui qui trouve le moyen d’opérer le lifting du cœur coincé entre deux failles : l’écran du temps et l’espace  du clavier. Mr James a le chant triste mais Dr Noël est le chirurgien des sourires ! L’ouvrage est préfacé par Ananda Devi, auteure du roman Le Sari vert.

 

Une lecture du "Kana sûtra" sera donnée le dimanche12 juin dans le cadre du Festival Étonnants voyageurs  link L'Esclale - Quai Duguay-Trouin

 


La villa Médicis  est un palais situé sur le mont Pincio à Rome. Elle héberge depuis 1803 l'Académie de France à Rome. Avant James Noël, un autre haïtien a déjà eu cette haute distinction, l'écrivain Louis Philippe Dalembert(Quelques pensionnaires célèbres de Villa Médicis : Victor Baltard, Charles Garnier, Berlioz, Bizet, Gounod ou Debussy, Carpeaux, et David d'Angers, Marie Ndiaye, et cætera.)

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Rédigé par Parole en Archipel

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Publié le 31 Mai 2011

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Samuel F. Dauphin est poète-écrivain et à la fois chroniqueur culturelle. Il a participé dans le collectif « Ancre dattes » sous la direction de Jean-Euphèle Milcé et Makenzy Orcel paru en 2009 aux éditions page ailée.

 

 

 

 

 

 

 

 



Les trois poèmes anonymes


 

 

je pleurs ton corps

en prose mouvante

et m’accroche aux plafonds

de tes doigts

 

dans le sommeil

des chiens

nos rêves rêvent d’être midi

 

la lessive

 se fait femme

au profil d’un jeu.

 

              ***

                                                 Pour Schélomi Lacoste

 

S’étalant sur fond de béton

mort brodée

par la fuite du silence

la terre se coiffe

d’une danse piégée

entre mémoires et solitudes

les maisons se faufilent en fraude

contre-corps

et le sang errant

 

              ***


nuit bicéphale

enracinée jusqu’aux vides couplés nuits

de guêpes gantées de tessons

nuits sclérosées siestes fêlées

dans la trêve des lunes

sans disciple

nuits-cigarettes de la foule nuit

nuisant ses essaims

dans le poème

nuit-faim d’ici ou d’ailleurs

nuits-regards de tourbillons nuit

qui se cherchait dans le noir

nuit au rêve d’ossement

aux pieds de vitres

aux barbes d’usures

nuits cannibales



                        Samuel  F. Dauphin, poète

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Publié le 30 Mai 2011

« Il n’y a pas un distinguo entre Alexis communiste et Alexis révolutionnaire »

 

 

 

Japhet Glaude *, écrivain© Japhet Glaude

 


Repère: Poète, Japhet Glaude est né le 16 septembre 1971 à "Aux Sources", un village situé au bord de la mer, non loin des Gonaïves. Il est professeur de philosophie et de littérature. Il collabore aux revues littéraires "L'horizon magazine", "L'espoir" et JEUNE HAITI, dont il est le rédacteur en chef.



Entretiens avec Japhet Glaude

Quatre réponses recueillis par Samuel  F. Dauphin


Samuel F. Dauphin

Japhet Glaude, vous êtes écrivain-poète mais également enseignant de littérature haïtienne, littérature française et de philosophie dans certains établissements scolaires de la ville…Aujourd’hui la ville des Gonaïves rend un hommage à l’écrivain antillais, Jacques Stéphen Alexis. Pourriez-vous nous parler brièvement du parcours de ce dernier ?  

 

Japhet Glaude

Alexis, en tant qu’écrivain et homme d’action politique, a eu une vie brève, mais combien pleine. Il a pris une part active à la révolution de 1946 qui provoque le départ d’Elit Lescot. Par la suite, à Paris, il a achevé ses études médicales ; simultanément, il s’est consacré à la publication des œuvres littéraires. Après son retour  à la terre natale, il s’occupa de la politique et fonda le PEP (Parti de l’Entente Populaire) d’inspiration Marxiste – Léniniste. En 1961, dans des circonstances obscures, il est porté disparu après avoir été arrêté et lynché dans le Nord-ouest d’Haïti par les tontons macoutes.

 

Samuel F. Dauphin

L’auteur de « Compère Générale Soleil » est né ici, aux Gonaïves. Aujourd‘hui, quelle est la place deJacques S. Alexis  pour les Haïtiens et plus précisément pour vous, les Gonaïviens ?  

 

Japhet Glaude

Jacques S. Alexis, dans le domaine littéraire et social, reste et demeure l’enfant terrible de la modernité que nous recherchons. En effet, nous avons appris de lui à connaître les contradictions internes de notre société et la claire conscience à propos du préjugé de couleurs qui était un signe évident du clivage social en Haïti. Par son analyse de la société, il nous a laissé  « Compère Général Soleil » (1955), les « Arbres Musiciens » (1957), « l’Espace d’un Cillement » (1959), qui apportent du sang neuf à la lutte haïtienne.

 

Samuel F. Dauphin

Le 20 décembre 1945 André Breton est arrivé en Haïti, un an après l’arrivée d’Aimé Césaire. Breton, apôtre du surréalisme français, a donné une conférence dans les locaux de Rex Théâtre. Pour les jeunes intellectuels de l’île. Face au pouvoir arbitraire du président Elit Lescot…Qu’est-ce qu’à apporter  la fréquentation d’André Breton à ces jeunes intellectuelles d’alors ?

 

Japhet Glaude

Avant l’arrivée de Breton en Haïti, La Ruche, (journal des jeunes révolutionnaires)  était déjà  constituée. Toutefois, André Breton, lors de sa conférence tenue au Rex-Théâtre a mis l’accent  sur le surréalisme comme une arme de l’esprit contre l’ignorance, la misère économique et l’aliénation. Les jeunes intellectuels  en ont profite  énormément  pour réclamer le départ de Lescot, qui s’est révélé un fantoche au pouvoir.

 

Samuel F. Dauphin

Alexis était un révolutionnaire mais également un communiste. Pourriez-vous nous en parler ?

 

Japhet Glaude

Il n’y a pas un distinguo entre Alexis communiste et Alexis révolutionnaire. Pour avoir été communiste, il a su adopter la théorie de Karl Max à son pays et en ce sens  il a eu l’immense  talent de passer à la loupe les maux de la société haïtienne pour en venir à une révolutionnaire dans son double aspect : le culturel et le social.

 



Ces propos ont été recueillis par Samuel F. Dauphin ce 22 avril 2011 à l’occasion de la 50ème anniversaire de la mort de Jacques Stephen Alexis.

 

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